2006-03-15
Lassitude et écoeurement

Je suis, à partir d’aujourd’hui, en chômage forcé. L’université de Perpignan est fermée sur la décision d’un président d’université (un de plus) contraint de participer à la cacophonie nationale orchestrée par des syndicats qui jouent avec la jeunesse de ce pays. Cette dernière est d’autant plus facile à manipuler qu’elle est le fruit d’un système éducatif plus tourné vers l’endoctrinement et le lavage de cerveau que l’instruction élémentaire et l’acquisition des compétences et des qualifications (dont notre économie a pourtant tant besoin).
Tout allait pourtant bien jusqu'à maintenant. Les étudiants en leur grande majorité suivaient consciencieusement les cours. Il faut préciser que les étudiants de master doivent partir en stage à la fin du mois de mars, après avoir passé les examens du second semestre. Nous entrons donc dans une période cruciale d'examen et de négociation du stage.
Tout allait pourtant bien jusqu'à maintenant. Les étudiants en leur grande majorité suivaient consciencieusement les cours. Il faut préciser que les étudiants de master doivent partir en stage à la fin du mois de mars, après avoir passé les examens du second semestre. Nous entrons donc dans une période cruciale d'examen et de négociation du stage.
Alors, une fois rentrés de vacances, les leaders des syndicats étudiants (qui ne semblent pas avoir de souci d'examen et de stage...) ont recommencé leur cirque infernal en convoquant une assemblée générale. Les militants – qui passent les journées à tracter sur le campus plutôt qu’à suivre des cours ou fréquenter les bibliothèques (c’est le contribuable qui paie leurs études) - se sont alors sentis investis d’un pouvoir surnaturel. Ils étaient devenus intouchables par le pouvoir des mains levées. Alors, ils ont investi (et pillé) les salles de cours. Je viens de visiter le campus et je suis scandalisé. Je suis choqué par les méthodes utilisées par ces meneurs, qui ont systématiquement recours à l'intimidation, la violence et à la dégradation. Pareilles méthodes ne sont jamais dénonçées par des média complaisants ou idéologiquement complices. Que l'on ne me parle pas d'objectivité de la presse ou de liberté syndicale. Celle-ci ne donne pas le droit de tout faire, de tout casser et de nuire à autrui.
Pour éviter les débordements, le président de l’université a donc pris la décision de fermer l’université jusqu’à lundi.
Depuis dix ans, j’assiste à ce rituel usant : l’année universitaire est rythmée par les vacances, les grèves et les blocages au point que, d’année en année, je ne parviens plus à boucler mes programmes. Alors, on allège les programmes. C’est d’ailleurs devenu une recommandation officielle si l’on veut offrir le diplôme de master à 80 % d’une classe d’âge dont une partie ne maîtrise pourtant pas les savoirs fondamentaux requis pour pouvoir entrer à l'université.
Pour éviter les débordements, le président de l’université a donc pris la décision de fermer l’université jusqu’à lundi.
Depuis dix ans, j’assiste à ce rituel usant : l’année universitaire est rythmée par les vacances, les grèves et les blocages au point que, d’année en année, je ne parviens plus à boucler mes programmes. Alors, on allège les programmes. C’est d’ailleurs devenu une recommandation officielle si l’on veut offrir le diplôme de master à 80 % d’une classe d’âge dont une partie ne maîtrise pourtant pas les savoirs fondamentaux requis pour pouvoir entrer à l'université.
Les étudiants grévistes (je sais qu'ils sont loin d’être représentatifs - mes étudiants me pardonneront - mais ils intimident les institutions et font le bonheur de média à la recherche de sensations) – sont de véritables intermittents du spectacle. Ils ne sont pas conscients qu’ils participent à générer la précarité qui les attend demain.
Pendant ce temps, Borloo compatit tandis que Hollande met en garde le gouvernement. The show must go on...
Comments:
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Tout cela me paraît tellement loin parfois. Je me demande toutefois si le lavage de cerveau colectiviste n'est pas une caractéristique intrinsèque des milieux universitaires (d'un point de vue très général); car on le retrouve également dans certains cours ici au Canada, dans une moindre mesure certes, mais certains profs ne cherchent même pas à déguiser leur propagande. (plus de détails ici: http://www.leblogueduql.org/2006/03/professeurs_end_1.html).
Tout cela mérite débat tellement il y a à en dire...
Cordialement.
AM
Tout cela mérite débat tellement il y a à en dire...
Cordialement.
AM
Et je reviens d'un séjour de formation à Casablanca (Maroc) où j'ai animé des séminaires pour de jeunes étudiants motivés qui ont suivi mes cours le vendredi soir (jusqu'à 22h), le samedi et le dimanche matin...
Voir aussi le précieux témoignage de Sophie sur http://www.action-liberale.org/
Merci et profites de toutes les expériences qui te permettront d'enrichir ton capital humain.
Voir aussi le précieux témoignage de Sophie sur http://www.action-liberale.org/
Merci et profites de toutes les expériences qui te permettront d'enrichir ton capital humain.
Les grévistes n'ont pas le droit de bloquer les facs avec ou sans vote à la majorité.
C'est la loi!
Voici la solution pour faire respecter nos droits:
GRENOBLE (AP) -- Le tribunal administratif de Grenoble "enjoint" aux personnes occupant les trois universités grenobloises "de mettre fin au blocage de l'accès à ces bâtiments et de libérer les lieux sans délai".
Dans son ordonnance rendue lundi soir et qui "prend effet à compter de la notification", le tribunal précise en outre qu'à défaut d'une exécution dans un délai de 72 heures, une "astreinte de 50 euros par jour de retard sera mise à la charge de toute personne poursuivant l'occupation".
Le tribunal estime que l'occupation "qui ne permet plus aux personnels enseignants et administratifs comme aux étudiants d'accéder aux locaux fait obstacle au fonctionnement régulier et continu du service public, et que par ailleurs, elle met en cause la sécurité des bâtiments qui n'est plus assurée par des personnes qualifiées".
C'est la première fois, depuis le début du mouvement anti-CPE que la justice exige la fin du blocage d'universités.
Les étudiants favorables à la poursuite du blocage des facultés devaient se réunir mardi matin sur le campus. De nombreux opposants aux blocage des universités étaient également attendus pour cette assemblée générale.
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C'est la loi!
Voici la solution pour faire respecter nos droits:
GRENOBLE (AP) -- Le tribunal administratif de Grenoble "enjoint" aux personnes occupant les trois universités grenobloises "de mettre fin au blocage de l'accès à ces bâtiments et de libérer les lieux sans délai".
Dans son ordonnance rendue lundi soir et qui "prend effet à compter de la notification", le tribunal précise en outre qu'à défaut d'une exécution dans un délai de 72 heures, une "astreinte de 50 euros par jour de retard sera mise à la charge de toute personne poursuivant l'occupation".
Le tribunal estime que l'occupation "qui ne permet plus aux personnels enseignants et administratifs comme aux étudiants d'accéder aux locaux fait obstacle au fonctionnement régulier et continu du service public, et que par ailleurs, elle met en cause la sécurité des bâtiments qui n'est plus assurée par des personnes qualifiées".
C'est la première fois, depuis le début du mouvement anti-CPE que la justice exige la fin du blocage d'universités.
Les étudiants favorables à la poursuite du blocage des facultés devaient se réunir mardi matin sur le campus. De nombreux opposants aux blocage des universités étaient également attendus pour cette assemblée générale.
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