2006-08-27

La grande mascarade

Pendant la trêve estivale, je me suis résigné à faire comme le français lambda. J’ai acheté un quotidien et je suis allé me dorer sur le sable pendant que mes enfants s’adonnaient aux plaisirs de la plage. Je ne sais pas si c’était une forte exposition au soleil ou la lecture d’une prose décidément bien difficile à digérer, mais le moment de détente était plutôt gâché. La prochaine fois, je me consacrerai intégralement à mes garçons.
Tout d’abord, je tombe sur un article décrivant la condition des prisonniers dans les prisons françaises. A bien lire le journaliste, j’étais, comme des milliers de mes concitoyens en vacances, coupable de prendre du bon temps à la plage pendant qu’une « victime de la société » était en train de purger 10 ans de prison. Heureusement, rajoutait l’écrivaillon, des studios étaient aménagés dans les prisons pour pouvoir accueillir les conjoint(e)s dans des espaces plus intimes. Que demande le peuple ?
Et l’on s’étonne encore que la presse est subventionnée…
L’article suivant concernait les sans-papiers. La France est sans doute le seul pays dans le monde où des personnes en situation irrégulière se permettent de défier ouvertement un gouvernement dans la rue.
Puis, prenant mon courage à deux mains, je décide d’affronter les pages politiques. Le retour de Jospin, les magistrales leçons de Fabius (un autre revenant), Raffarin qui disserte sur une plausible candidature de Jacques Chirac en 2007 « si les conditions internationales l’imposent », la non-campagne de Ségolène, José Bové qui se dit « prêt à assumer une candidature unitaire antilibérale » et les éternelles lamentations de tous ses camarades de lutte…bref, rien de nouveau dans l’hexagonal. Même en votant au hasard, je suis assuré de voter pour un comique. Car derrière tous ces paquets de lessive différents en apparence, il y a la même poudre, le même opium du peuple qui vous promet plus d’Etat, plus de solidarité, plus de social…
La grande mascarade s’apprête à recommencer de plus belle sans qu’aucun camp ne tire les leçons de trente ans de dérive collectiviste, de démagogie misérabiliste et de déclin économique.

2006-08-19

La révélation de Günter Grass


La révélation de Günter Grass a provoqué l’émoi et la consternation dans les milieux intellectuels et politiques allemands en particulier, et dans la bonne conscience planétaire en général. Cet écrivain couronné par le prix Nobel, qui n’avait de cesse d’asséner des leçons de morale, de traquer le fascisme moderne, a donc été membre des S.S. dans sa jeunesse.

Personnellement, je ne suis guère étonné de l’apprendre. C’est plutôt la réaction qui me laisse songeur. Qu'entends-on en effet ? "Comment un homme de gauche, comment l'incarnation de la social-démocratie a-t-il pu ainsi s'égarer ?". Vraiment, vous ne voyez pas le rapport ?
Mais justement ! Après tout, est-ce si étonnant ?
Le parti allemand national-socialiste, qui a engendré le nazisme hitlérien, était d’abord un parti socialiste (Hitler prend sa carte au parti ouvrier), avec une forte composante nationaliste à la différence de l’internationale bolchevique qui a pris le pouvoir en U.R.S.S. Historiquement, tous ces courants ne sont que des variantes et des déclinaisons d’une même idéologie dont le point commun fut de fustiger le monde capitaliste et la « dictature des marchés ». Mais alors que la soi-disant "dictature des marchés" permettait à l'ouest d'augmenter le niveau de vie des masses, les peuples de l'est furent peu à peu enfermés dans un univers concentrationnaire qui promettait le paradis socialiste. Et les systèmes communistes mettaient en place les camps de travail tandis que les nazis organisaient les camps de concentration. Pourtant, pour les intellectuels engagés, l’horreur était capitaliste ! Ce que certains appellent du courage, je le nomme aveuglement.
Pendant que l’ouest s’émouvait du maccarthysme aux U.S.A., Moscou instituait les grandes purges sur fond de mascarades de procès avec la complicité éloquente de toutes nos belles âmes. Pour ces dernières, le mal ne pouvait venir que de l’économie libérale et de sa société individualiste et déclinante (et on ne peut faire une révolution prolétarienne sans casser quelques œufs…). Comment peut-on être à ce point extrêmement sensible aux inégalités qui caractérisent le monde capitaliste tout en étant totalement indifférent aux famines et déportations qui caractérisent tous les systèmes communistes ?

Alors on comprend que monsieur Grass préférait s’en prendre à Reagan puis à Georges Bush comme tout bien-pensant qui se respecte. La France cultive une pépinière de ce genre d’intellectuels (qui peuplent les comités scientifiques de ATTAC et les rédactions de notre presse nationale et locale) qui fait encore beaucoup d’émules parmi la jeunesse de ce pays. Et c’est d'ailleurs cette posture que l’on appellera le courage intellectuel, et c'est cette vision qui sera interprétée comme un engagement digne de vous conduire au prix Nobel…

Plutôt que d’être surpris par ce genre de révélation, ayons plutôt le vrai courage d’en voir la logique profonde.

2006-08-12

Le monde selon l'I.N.S.E.E.


D’après l’I.N.S.E.E., les enfants d’ouvriers et d’employés encourent plus de risques d’être victimes de l’obésité que les enfants de cadres.
Cette observation – qui mobilise un vocabulaire destiné à nous faire avaler sans discussion possible les présupposés idéologiques des experts officiels – appelle plusieurs commentaires.

Premièrement, dans les pays riches, les catégories modestes sont victimes d’obésité tandis que dans les pays pauvres, elles seront tout simplement victimes de la faim. Deuxièmement, alors que les chercheurs dans le domaine des sciences humaines n’ont quasiment pas le droit d’établir ou de tester des relations entre les problèmes qu’ils veulent étudier (délinquance, réussite scolaire, santé, chômage, création d’entreprises…etc) et l’origine ethnique des individus sous prétexte d’encourir le délit de discrimination, l’origine socioprofessionnelle ou la classe sociale restent les paramètres souverains conformément au schéma collectiviste qui imprègne la formation de nos experts.
Autrement dit, on ne sait envisager la société que comme le théâtre d’affrontements entre deux classes dont l’une est systématiquement « coupable » tandis que l’autre est fatalement « victime ».

Troisièmement, dans le cadre du « capitalisme sauvage » - dont Zola nous a laissé des descriptions épiques -, on imagine sans mal les ouvriers maigrichons, affamés par de redoutables bourgeois ventripotents. On voit mal comment leurs enfants pourraient alors être obèses. Au passage, rappelons que les sociétés pré-capitalistes étaient régulièrement la proie de famines meurtrières et que ce serait une véritable manipulation de l'histoire (mais ce ne serait pas la première) que d'attribuer au capitalisme un problème qu'il aura en fait éradiquer. A ce moment, la classe ouvrière est présentée comme étant victime du mode de production capitaliste. Aujourd’hui, elle est à nouveau « victime », mais victime cette fois-ci de la société de consommation qui l’incite à se goinfrer sans mesure pendant que le ministre de l’économie se demande encore comment relancer la consommation…Pendant ce temps, les idéologues et autres idiots utiles vont assimiler l’économie de marché au règne de la consommation.

Quatrièmement, si les classes modestes sont assimilées à des victimes (confortables statuts !), l’Etat et ses cohortes de fonctionnaires, militants de l’intérêt général et croisés du bien public, sauront les protéger d’elles-mêmes en réglementant les comportements de consommation, en faisant du social. Ainsi, les écoles publiques s’interdisent d’installer des distributeurs de sandwichs tandis que les goûters, que confectionnent les parents pour leurs petits marmots, sont soigneusement surveillés par les professeurs des écoles. Les experts de l’I.U.F.M. sont en effet chargés de les sensibiliser sur ce point.

En fin de compte, une telle grille de lecture - qui empoisonne les sciences humaines depuis le XIX siècle en faisant disparaître les êtres humains au profit d’entités abstraites et artificielles comme les « classes sociales » ou les « CSP » - correspond au schéma de pensée du matérialisme dialectique inventé par K. Marx, et dont on n'est jamais sorti par l'échec flagrant de toutes les applications des théories marxistes. Ce schéma ne reconnaît que les entités globales et réduit la société humaine à une arène dans laquelle sont vouées à s’affronter deux classes sociales nécessairement antagoniques.
Dans ce cadre d’analyse, l’individu, son libre arbitre, les « sympathies » naturelles (au sens de Smith) qui unissent les individus dans des liens familiaux, amicaux, professionnels ou sociaux, et enfin la responsabilité individuelle sont complètement évacués. Cette représentation de la société évacue purement et simplement l’homme pour nous proposer une caricature de société, un épouvantail qu’il est bien commode de rejeter en faisant la confusion entre l’objet d’analyse et sa représentation volontairement biaisée.

Et finalement si les enfants obèses étaient seulement coupables de se laisser aller à la facilité qu’autorise la liberté non assumée (qui s'apparente plus à du laxisme qu'à de la liberté) ; et si les parents étaient coupables de ne pas assumer leurs responsabilités parentales qui conduit souvent à dire « non » aux enfants (notons au passage que certaines catégories de la société française bénéficient de prime d’obésité…). Il est vrai que l’on attend aussi de l’Etat qu’il prenne en charge l’éducation de nos enfants et corrige nos faiblesses.

2006-08-02

La sécurité sociale: le noeud de tous les blocages

Le débat autour de la sécurité sociale est l’illustration d’un droit social qui a finit par détruire le droit individuel. Pour sauvegarder un système, on en arrive à priver les individus d’une partie de leur revenu (qui est ponctionnée à la source sans qu’il s’en aperçoive réellement) et on leur impose un âge de la retraite, des modalités de remboursement qui sont modifiées de manière unilatérale…etc. Cette épargne collective est en réalité une épargne forcée qui s'appuie sur la négation de la responsabilité individuelle et de la liberté de choix qui est son corollaire.
Car le comportement d’épargne est à l’origine l’expression d’une liberté, celle de disposer librement des fruits de son travail (c’est-à-dire de son revenu) en vue de se prémunir de certains risques (maladie, chômage, vieillesse).

Le comportement d’épargne vient du fait que la vie est risquée. Les gens raisonnables – rationnels, dirait l’économiste – épargnent. Nous pouvons tomber malade ou perdre un emploi. Nous allons nous trouver un jour dans l’incapacité de travailler du fait de la vieillesse. Que l’on appelle cela « précaution » ou « spéculation », l’épargne résulte d’une prise de conscience que l’avenir est partout et toujours incertain. De ce point de vue, on étudie par précaution et lorsque l’on choisit une formation, on prend un risque, on spécule pour ainsi dire en pariant sur la qualité de la formation choisie.
L’épargne a vocation, dans le même temps, à financer les investissements qui sont à l’origine des processus de production et de croissance comme nous l’avons montré dans notre exemple du pain. Car seules les richesses, qui n’ont pas été détruites dans la consommation, sont disponibles pour l’investissement. Or, c’est justement la croissance qui contribue à l’élévation du niveau de vie dont une des retombées est de réduire les risques individuels pour les rendre plus supportables.

Dans les pays en croissance, le chômage est plus faible et les maladies sont plus rares et moins meurtrières. Il vaut mieux tomber malade en France qu’en Ukraine. Pour s’en convaincre, promenez-vous en Russie, en Inde ou en Afrique. Certains rétorqueront : « alors pourquoi les anglais viennent se soigner en France ? ». Précisément parce que la santé est totalement étatisée en Angleterre et c’est précisément le seul secteur que Thatcher n’a pas osé réformer.
Les anglais paient aujourd’hui la facture d’une réforme avortée ; et les plus riches viennent se soigner en France. Mais ne raillons pas l’Angleterre. Le plan Juppé a eu pour effet d’accélérer l’étatisation de notre propre système de santé. Ce que font les anglais aujourd’hui nous donne une bonne idée de ce qui attend les français demain si nous n'arrêtons pas le processus en cours.

L’épargne reste donc un comportement rationnel, sauf si l’individu pense qu’il existe un trésor bien caché dans lequel il pourra puiser en cas de coup dur. Ce trésor mystérieux, c’est notre sécurité sociale (ou bien encore la Française des Jeux). L’invention de la sécurité sociale repose sur la croyance que l’on peut transformer un risque individuel, qui est un fait incontournable, en un risque social à travers une sorte de pathétique « pacte social ». Pour bien comprendre cette idée, rappelons les principes de base qui fondent notre système de sécurité sociale.
La sécurité sociale a été créée en 1945. Elle reposait au départ sur le principe de l'assurance. Imaginons que, suite à une maladie, le boulanger du village soit dans l’impossibilité de travailler pendant une semaine entière. Face à cette éventualité qui peut toucher tous les boulangers, ces derniers décident de créer une caisse à laquelle ils cotisent chaque semaine lorsqu’ils travaillent. En échange, la caisse versera le manque à gagner en cas de maladie d’un de ses cotisants. Cet accord se matérialise par un contrat d’assurance. Ce n’est pas un « pacte social » ; c’est tout simplement un contrat d’assurance classique entre deux parties consentantes. Le principe fonctionne sur la loi des grands nombres : tous les boulangers ne tomberont pas malade au même moment alors qu’ils auront tous cotisé. Dans ce cas, la prise en charge du risque individuel est possible sur la base du capital accumulé par les cotisants.

Dans cet exemple, il n’y a pas grand sens à faire semblant d’être malade car tant que vous n’êtes pas malade, votre capital accumulé augmente par le jeu des intérêts cumulés. Si vous trichez, vous volez votre propre argent, vous grignotez votre capital. Ce n’est pas un vol, c’est une bêtise ! Cela est très différent avec la sécurité sociale. Que vous soyez malade ou pas, votre cotisation est prélevée de force. C’est obligatoire et vous n’avez pas votre mot à dire sur l’augmentation des cotisations alors même que vous n’accumulez rien.
Ceux qui trichent avec la sécurité sociale, en faisant semblant d’être malade ou d’être chômeur (alors qu’ils travaillent dans l’économie parallèle), sont loin d’être des idiots : ils ne se volent pas eux-mêmes mais profitent de l’argent de ceux qui sont enrôlés de force dans un pacte duquel ils ne peuvent se détacher.
Si ce n’est pas un comportement idiot, c’est bien du vol. Du vol légalisé sous le doux nom de solidarité ! Mais comme c’est le système qui induit de tels comportements, ce n’est pas les individus qu’il faut punir mais le système qui doit être réformé.

Dans notre exemple de l’assurance du boulanger, on peut imaginer une multitude de caisses différentes et en concurrence, selon les risques couverts, selon les métiers concernés ou selon d’autres typologies. Si le boulanger n’est pas satisfait de son contrat ou de la gestion de sa caisse, il doit pouvoir en changer. Par contre, la sécurité sociale est un monopole. En effet, le risque individuel se mut en risque collectif à partir du moment où le principe de redistribution se substitue au principe de l’assurance. Et pour pouvoir devenir un instrument de redistribution, la sécurité sociale devait donc s’imposer comme un monopole.

Le malentendu tragique


L’économie de marché, fondée sur le double principe de la liberté individuelle et de la responsabilité individuelle, n’est en aucune manière l’agent de la régression sociale. Le libéralisme est justement une éthique et un ensemble de valeurs morales sans lesquelles la science économique et la pratique de l’économie n’ont de sens.
A toutes nos belles âmes et nos professionnels des bons sentiments, qui s’arrogent le monopole du cœur et de l’expression publique, il faudrait rappeler que Robin des bois, qu’ils récupèrent volontiers comme symbole de leur combat contre la mondialisation, s’attaquait à un roi illégitime et spoliateur – et donc à l’Etat sorti de son rôle - pour rendre les richesses ainsi pillées à leurs créateurs et seuls propriétaires légitimes, c’est-à-dire aux contribuables. Il n’y avait pas là de lutte des « puissants » en tant que riches contre les « faibles » en tant que pauvres. C’était un combat de toujours entre les spoliateurs parasites (les hommes de l’Etat qui abusent de leur pouvoir du fait de leur position de monopole) et les véritables créateurs de richesses (les hommes libres et responsables qui créent des richesses). Ce combat ne sera jamais acquis car la liberté, toujours menacée, n’est pas une situation mais bien un processus.
Il existe donc une asymétrie fondamentale entre les puissants, en tant que détenteurs du monopole de la violence légitime, et les vulnérables en qu’individus protégés par leurs seuls droits que les hommes de l’Etat ont trop vite fait de bafouer alors qu’ils sont chargés de les défendre. Il n’y a pas plus grand péril que d’être protégés par ceux qui ont le pouvoir de nous soumettre. Il n’y a pas plus grand danger que d’être dépendants de ceux qui ont le pouvoir de nous spolier. Le rôle d’une Constitution est justement de protéger l’individu du pouvoir politique, ce qu’avaient oublié les rédacteurs du projet de constitution européenne qui ont pris le risque de briser la dynamique européenne en voulant faire passer un projet confus et politisé.

Pourtant, il semble acquis aux yeux du plus grand nombre qu’il faudrait aujourd’hui moins de libéralisme ou, du moins, qu’il faudrait l’encadrer et le réguler avant qu’il ne ravage la planète et les sociétés. Mais a-t-on jamais défini le libéralisme ? Ne croyons pas que le libéralisme triomphe partout sur la planète. Les sempiternelles négociations entre Etats par délégations ministérielles interposées, dans le cadre de l’O.M.C. (qui est une instance publique se proposant de réguler le commerce mondial au nom des intérêts des Etats), montrent que c’est le mercantilisme qui triomphe aujourd’hui. Or, le mercantilisme est la négation même du libéralisme.
Les mercantilistes, parce qu’ils considèrent que l’économie est un jeu à somme nulle (ce que gagne un pays ou un individu est nécessairement perdu par un autre pays ou un autre individu) transposent dans l’économie leur vision antagoniste des rapports politiques et humains. Ce sont eux qui font des échanges une véritable « guerre économique » comme ils se servent de l’aspiration universelle à la foi et à la spiritualité pour nourrir leurs guerres de religions. Finalement, dans leur vision du monde, les relations économiques se réduisent à des luttes entre catégories nécessairement opposées.
Les arguments protectionnistes n’ont aucune validité puisqu’ils reviennent à nous infliger à nous-mêmes en temps de paix ce que nos adversaires chercheraient à nous faire subir en tant de guerre. Comment une armée peut-elle soumettre un pays ou une ville si ce n’est en décrétant le blocus et l’état de siège qui ont justement pour fonction d’étouffer l’adversaire en interdisant les échanges, préalables nécessaire à toutes activités économiques.
A leur origine, les accords du G.A.T.T. avaient pour mission de veiller à ce que tous les pays démantèlent leurs propres systèmes de protection puisque aucun ne voulait le faire s’il n’avait pas la garantie que les autres fassent de même. En transformant les accords du G.A.T.T. en O.M.C, les Etats – et notamment la France qui est à l’origine de cette conversion – ont pris le risque de faire triompher à nouveau le mercantilisme.
Et quand le mercantilisme triomphe, ce sont toutes les valeurs du libéralisme qui reculent. Alors le commerce, source de paix et de prospérité, devient, aux mains des Etats et de leurs représentants officiels, l’enjeu de chantages diplomatiques et de calculs géopolitiques qui peuvent à tout moment dégénérer en véritables conflits.