2007-03-13
Stupéfaction
Je suis rentré aujourd’hui de Syrie où j’étais invité par mes collègues de l’Université Arabo-Européenne de Damas. Pendant une semaine, j’étais à l’écart des tumultes de la campagne présidentielle, au cœur d’un orient aussi magique que complexe. Dans la république syrienne socialiste, le marché parallèle fait la loi ; alors que les slogans anti-américains soudent l’opinion publique, c’est la langue anglaise qui s’impose parmi l’élite et tout le système universitaire se calque sur le modèle américain. En tout état de cause, la Syrie fait partie de ces pays qui sont arrivés aux limites de l’économie étatisée ; ils sont demandeurs désormais de libéralisation et d’ouverture. Là est l’espérance pour l’orient.
En Syrie, je fus accueilli comme un hôte de marque et j’ai travaillé dans les meilleures conditions, conditions qu’un fonctionnaire de l’université française n’ose plus imaginer pour son propre pays.
La France fait-elle partie des pays qui s’obstinent à poursuivre le processus d’étatisation de son économie ? Pourtant là est bien l’impasse.
Cependant, j’apprends qu’Edouard Fillias a décidé, au nom du parti qu’il représente, et qui a suscité une espérance parmi certains libéraux (dont je suis) de se ranger autour de François Bayrou. Je ne sais quoi penser. Non pas que je n’apprécie pas Bayrou avec qui j’ai entretenu une correspondance puisque François Bayrou m’a fait l’honneur de réagir à mes chroniques de résistance. Mais la décision est tombée d’en haut et s'est imposée à la base.
J’ai accueilli Edouard il y a quelques jours (voir post ci-dessous) et je lui ai offert mon nouveau livre qui prend une actualité brûlante : « La troisième voie : impasse ou espérance ». Je n’ose imaginer, qu’à la lecture de mon livre, Edouard a décidé que Bayrou incarnait cette espérance. Je ne sais pas non plus si cette décision était arrêtée depuis longtemps.
Certes, François Bayrou prétend incarner cette troisième voie mais François Mitterrand prétendait incarner le changement. Pour moi, la question reste entière : est-ce réellement une espérance ou n’est-ce pas plutôt une impasse ? Ceux qui ont lu mon livre connaissent les raisons de mon doute. Le ni-ni, instauré par Mitterrand et consistant à mettre sur le même plan libéralisme et communisme (et reconduit par Jacques Chirac), c’est précisément cette impasse qui consacre et cautionne tous les blocages internes qui neutralisent la moindre tentative de réforme depuis plus de 20 ans.
Lorsque les libéraux refusent l’axe gauche/droite, c’est qu’ils ne veulent plus ni de la gauche restée fondamentalement anti-capitaliste, ni de la droite centralisatrice et étatiste.
L’alternative libérale, à peine née, est déjà enterrée faute d’avoir entrevue cette nuance fondamentale.
Lorsque les libéraux refusent l’axe gauche/droite, c’est qu’ils ne veulent plus ni de la gauche restée fondamentalement anti-capitaliste, ni de la droite centralisatrice et étatiste.
L’alternative libérale, à peine née, est déjà enterrée faute d’avoir entrevue cette nuance fondamentale.
Comments:
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Bonjour, contrairement à vous, depuis le début de la campagne je souhaitais ce rapprochement car Bayrou ce n'est pas le ni ni, son programme est intéressant même si il est incomplet et parfois incohérent pour un libéral. Il y a pour moi deux mesures libérales majeures qui justifient pleinement le soutient d'Édouard Fillias, à savoir l'inscription dans la Constitution de l'interdiction de présenter un budget en déficit de fonctionnement, et le projet de réforme des Institutions brillamment présenté par Marielle de Sarnez au Congrès d'AL ( http://www.alternative-liberale.fr/evenements/070204_Congres_National_au_Bataclan.htm?view=2 ).
Ces deux changements majeurs qui à eux seuls justifient le soutient à Bayrou on ne les aura jamais avec Sarkozy ou Royal, et si on attends d'avoir en France un parti libéral suffisamment puissant pour les imposer, allumer un cierge serai tout aussi efficace... Il faut soutenir celui qui apporte les avancées les plus significatives, c'est incontestablement Bayrou, c'est peut-être pas totalement satisfaisant mais cela permet d'avancer malgré tout.
La mise en place de législatives avec 50% des sièges à la proportionnelle permettra à Alternative Libérale de se faire peu à peu une place dans le paysage politique français, François Bayrou est le seul à nous laisser entrevoir cet espoir. Bayrou, c'est le changement, et c'est un espoir pour les libéraux, snobés par les médias, étouffés à l'UMP et absents au PS.
Ces deux changements majeurs qui à eux seuls justifient le soutient à Bayrou on ne les aura jamais avec Sarkozy ou Royal, et si on attends d'avoir en France un parti libéral suffisamment puissant pour les imposer, allumer un cierge serai tout aussi efficace... Il faut soutenir celui qui apporte les avancées les plus significatives, c'est incontestablement Bayrou, c'est peut-être pas totalement satisfaisant mais cela permet d'avancer malgré tout.
La mise en place de législatives avec 50% des sièges à la proportionnelle permettra à Alternative Libérale de se faire peu à peu une place dans le paysage politique français, François Bayrou est le seul à nous laisser entrevoir cet espoir. Bayrou, c'est le changement, et c'est un espoir pour les libéraux, snobés par les médias, étouffés à l'UMP et absents au PS.
Toutes les décisions de Bayrou ne visent qu'à lui permettre d'exister et comme le dit fort justement Simone Weill, il ne représente que lui.
Quelles idées défend-il ? Certainement pas celle du libéralisme. Et après avoir défendu que le libéralisme n'est ni de droite ni de gauche, comment faire comprendre à ceux qui ont vu AL rejoindre Bayrou que le libéralisme n'est pas étatique.
Qui obligeait AL à soutenir quoique ce soit ? Certainement pas les idées que nous avons cherché à défendre depuis le début de la campagne.
Ce n'est plus par le chemin d'AL que le libéralisme émergera en France car, à mon avis, ce ralliement vient de sceller la fin d'AL. On en reparlera.
Quelles idées défend-il ? Certainement pas celle du libéralisme. Et après avoir défendu que le libéralisme n'est ni de droite ni de gauche, comment faire comprendre à ceux qui ont vu AL rejoindre Bayrou que le libéralisme n'est pas étatique.
Qui obligeait AL à soutenir quoique ce soit ? Certainement pas les idées que nous avons cherché à défendre depuis le début de la campagne.
Ce n'est plus par le chemin d'AL que le libéralisme émergera en France car, à mon avis, ce ralliement vient de sceller la fin d'AL. On en reparlera.
Je suis également très déçu par ce ralliement à Bayrou. Stupéfait, non, car Fillias avait déjà indiqué il y a plusieurs semaines qu'au second tour, s'il ne devait pas y être, il appelerait à voter Bayrou.
Il y a des idées libérales et de manière générale quelques bonnes idées dans le programme de Bayrou, mais le personnage, à mon goût, fera pour parvenir à un consensus des compromis qui ne mèneront qu'à du surplace, voire encore plus de socialisme. N'est-ce pas lui qui a indiqué qu'il envisageait un premier ministre comme Dominique Strauss-Kahn ? Ce n'est pas l'homme qu'il faut pour prendre à bras le corps les problèmes de ce pays et prendre des décisions difficiles. Il en a d'aileurs fait la preuve en tant que ministre de l'Education Nationale.
J'avais voté Alain Madelin en 2002, ma voix cette fois ira donc au dernier candidat libéral en lice, "P2V".
Il y a des idées libérales et de manière générale quelques bonnes idées dans le programme de Bayrou, mais le personnage, à mon goût, fera pour parvenir à un consensus des compromis qui ne mèneront qu'à du surplace, voire encore plus de socialisme. N'est-ce pas lui qui a indiqué qu'il envisageait un premier ministre comme Dominique Strauss-Kahn ? Ce n'est pas l'homme qu'il faut pour prendre à bras le corps les problèmes de ce pays et prendre des décisions difficiles. Il en a d'aileurs fait la preuve en tant que ministre de l'Education Nationale.
J'avais voté Alain Madelin en 2002, ma voix cette fois ira donc au dernier candidat libéral en lice, "P2V".
Bien d'accord avec vous Jean Louis.
J'ai la facheuse impressiojnn de me retrouver militant du PR ou du parti radical valoisien soutenant Giscard en 74 et 81.
J'ai la facheuse impressiojnn de me retrouver militant du PR ou du parti radical valoisien soutenant Giscard en 74 et 81.
Au delà du choix de F. Bayrou, c'est la méthode qui est déplaisante. Depuis le début, pour des choix essentiels qui impliquent un parti, les décisions tombent d'en haut avec le catalogue des arguments (en kit internet) qu'il nous faut avaler et réciter. Je ne défends pas le libéralisme dans le XVI, je me mouille sur le terrain, jusqu'en Algérie ou en Syrie depuis au moins 15 ans.
Un minimum de légitimité s'obtient en discutant et en impliquant les adhérents et les responsables de comités locaux dans des choix aussi cruciaux.
Un minimum de légitimité s'obtient en discutant et en impliquant les adhérents et les responsables de comités locaux dans des choix aussi cruciaux.
Il n'a pas eu ses signatures et c'est pour cela qu'il fait le choix de se rallier à François Bayrou... Il n'y a rien d'honteux dans cette décision. En ce qui me concerne je voterai donc Bayrou, il est le candidat qui réduira le moins nos libertés et dans un autre domaine il est le candidat favorable à la licence globale.
Entièrement d'accord avec toi, Jean-Louis sur la forme, bien que soutenant moi-même Bayrou. AL n'est pas un parti démocratique et encore bien moins libéral que l'UDF. Au moins à l'UDF les militants sont consultés avant une prise de décision.
Patrice Vezine
Patrice Vezine
J’ai beau chercher, avec la plus grande attention, je ne vois rien de libéral dans le programme de Bayrou.
Par contre, dans son électorat potentiel, je vois des socialistes à peu prés clairvoyants (qui l’eut cru ?) qui n’ont pas confiance en leur candidate, des UMP, gaullistes de gauche (veuillez me pardonner le pléonasme), qui trouve Sarkozy trop à droite…ou des déçus de tout, et des hommes politiques, (qu’ils ont même mis en place), qui votaient pour les extrêmes, ou s’abstenaient.
Je ne fais pas parti, d’aucun de ces gens là.
Quant à Bayrou, en dehors de son programme, son manque total de charisme, ne sied absolument pas, avec ce qu’implique la plus haute fonction de l’état. Ayant la mauvaise habite, de juger les gens, sur les actes et non leurs paroles, (encore moins en période électorale), qu’avons-nous vu : Claude Allègre, (excusez du peu…) lui reprocher, d’avoir trouvé les syndicalistes enseignants, assis sur son bureau, au ministère de l’éducation nationale, quand il a pris, sa suite. Comme nous l’avons tous constaté, après avoir commencé timidement une réformette, il fit marche arrière, et stoppa net, toute initiative….
Alternative Libérale, vient de se saborder, je quitte le navire…..bon vent….
Par contre, dans son électorat potentiel, je vois des socialistes à peu prés clairvoyants (qui l’eut cru ?) qui n’ont pas confiance en leur candidate, des UMP, gaullistes de gauche (veuillez me pardonner le pléonasme), qui trouve Sarkozy trop à droite…ou des déçus de tout, et des hommes politiques, (qu’ils ont même mis en place), qui votaient pour les extrêmes, ou s’abstenaient.
Je ne fais pas parti, d’aucun de ces gens là.
Quant à Bayrou, en dehors de son programme, son manque total de charisme, ne sied absolument pas, avec ce qu’implique la plus haute fonction de l’état. Ayant la mauvaise habite, de juger les gens, sur les actes et non leurs paroles, (encore moins en période électorale), qu’avons-nous vu : Claude Allègre, (excusez du peu…) lui reprocher, d’avoir trouvé les syndicalistes enseignants, assis sur son bureau, au ministère de l’éducation nationale, quand il a pris, sa suite. Comme nous l’avons tous constaté, après avoir commencé timidement une réformette, il fit marche arrière, et stoppa net, toute initiative….
Alternative Libérale, vient de se saborder, je quitte le navire…..bon vent….
Bayrou rassemble de plus en plus de gens de droite comme de gauche. Il n'est pas étonnant qu'AL le rejoignent
La décision du comité directeur d'AL est en effet surprenante. Ce ralliement n'a pas de sens pour un parti si jeune qui prétend défendre le vrai libéralisme. Les idées libérales ne sont pas solubles dans le centrisme nouvelle vague de M.Bayrou.
Bonjour. Vous avez un blogue très intéressant. J'ai cependant trouvé comique qu'un libéral encense la Syrie pour les conditions de travail.
La Syrie est un très beau pays, mais je préfèrerais être un intellectuel en France qu'en Syrie. La liberté y est en meilleur état.
La Syrie est un très beau pays, mais je préfèrerais être un intellectuel en France qu'en Syrie. La liberté y est en meilleur état.
Pierre-Alexandre,
Il n'est pas question d'encenser la Syrie mais d'aller au-delà des images figées. J'ai fait une mission en Algérie, puis en Syrie. Ces pays officiellement socialiste ont en commun de vouloir se réformer car ils subissent tous les jours les défaillances d'un Etat impotent et corrompu. C'est une expérience intéressante qui permet d'entrevoir des ouvertures encore difficilement imaginables chez nous...
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Il n'est pas question d'encenser la Syrie mais d'aller au-delà des images figées. J'ai fait une mission en Algérie, puis en Syrie. Ces pays officiellement socialiste ont en commun de vouloir se réformer car ils subissent tous les jours les défaillances d'un Etat impotent et corrompu. C'est une expérience intéressante qui permet d'entrevoir des ouvertures encore difficilement imaginables chez nous...
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