2007-05-21

La santé, c'est aussi une question d'économie

La santé, c'est souvent une question d'équilibre ; et l'équilibre, c'est souvent une question économique. Certes, pour la plupart d’entre nous, la santé ne devrait pas donner lieu à un marché. Mais se nourrir, non plus ! On a coutume de dire que « la santé n’a pas de prix » et qu’il est injuste d’exclure de la santé sur la base des prix. Pourtant, cette expression populaire ne veut pas dire que la santé est gratuite et par conséquent sans valeur. Au contraire, elle signifie que l’on serait prêt à donner tout pour conserver sa santé le plus longtemps possible. A l’extrême, l’excentrique milliardaire serait prêt à payer une somme infinie pour conquérir l’immortalité. Alors, il ne devrait pas être choquant de devoir payer une somme positive et raisonnable pour simplement entretenir sa santé.

Le fait est que la santé a un coût et qu’il existe en ce domaine aussi une offre et une demande. Par ailleurs, chaque individu est doté d’un capital "santé". Il existe enfin des comportements à risques qui contribuent à altérer plus ou moins rapidement ce capital. Ainsi, la santé est en partie une affaire privée, relevant de la responsabilité individuelle. Il y a aussi des gens qui auront le cancer, et d’autres pas ; des gens seront contaminés et d’autres pas. De ce point de vue, les individus ne sont donc pas totalement responsables de leur capital "santé". Il y a le facteur génétique d’une part, et il y a le comportement des autres qui peut nuire à ma santé (externalités négatives). Ainsi, la santé est pour une autre partie une affaire publique. Dans la pratique, il est difficile de déterminer le poids respectif de ces deux dimensions. Cette dualité implique de faire coexister un marché de la santé étroitement articulé à des institutions publiques ou privées d'assurance, de mutualisation et de solidarité. Il y a donc la place pour une économie de la santé et une politique de la santé, à condition là encore que la politique de santé en vigueur ne se fasse pas au détriment de l’économie de la santé (effet d'éviction).

Dans une société constituée par des individus libres, une offre de soins se constituera spontanément à partir du moment où une demande s’exprimera. Même si l’on se refuse à employer le terme, il y a bien là un marché de la santé, comme il y a un marché de la beauté ; et les lois de l’offre et de la demande s’y appliquent avec toute leur force et toute leur rigueur. D’ailleurs, en ce domaine crucial, il vaut mieux ne pas nier ce fait et bien comprendre le fonctionnement du marché si l’on veut maîtriser un jour les problèmes de santé en France.

Lorsque l’on refuse le marché, la seule alternative est la planification. Le système français, comme le système anglais, est justement basé sur le principe du plan ! Dans un tel système, les prévisions sont de plus en plus déconnectées des réalités, compte tenu du fait que l’indicateur des prix a été supprimé (le fameux blocage des prix). Sachant que les prix sont une information, bloquer les prix revient à détruire de l’information ; il en résulte que les dépenses de santé ne sont jamais concordantes avec les prévisions du plan. Du coup, l’Etat renforce le plan avec de nouveaux contrôles et de nouvelles réglementations. A chaque « grain de sable », les planistes sont tentés de davantage planifier. Le plan appelle le plan et les dépenses avec ! Le cercle vicieux s’installe durablement puisque le supposé remède reproduit le mal.

Rappelons que les prix sont un indicateur essentiel pour évaluer la valeur d’un objet ou d'un service sur le marché. Si vraiment, la santé est une priorité importante pour chacun de nous, il faut y mettre le prix. La santé gratuite pour tous, cela n’existe pas : soit elle est payée directement par le malade ; soit elle est prise en charge par l’Etat ou un organisme public lequel se refinancera par des prélèvements qui pèseront sur l'activité économique.
Il convient de rendre sa place légitime à l’économie de la santé afin que les mécanismes économiques y jouent à nouveau leur rôle premier : se faire rencontrer l’offre et la demande dans un processus incessant de tâtonnements et d’ajustements.


Dans ce domaine aussi, l’articulation entre « économie de la santé » et « politique de santé » peut devenir problématique si on ne se donne pas une vision claire et juste des phénomènes économiques que l’on prétend encadrer.

16 commentaires:

all a dit…

Par ailleurs, chaque individu est doté d’un capital "santé"

définitivement non ; certains naissent en bonne santé, d'autres mal fichus. La santé, composante naturelle, ne peut être définie comme un capital, puisque rattachée à la personne de manière ontologique. Elle ne peut pas être cédée ou acquise entre individus de façon artificielle. Il n'existe pas de droit à la santé équivalent aux droit naturel comme le droit de propriété, puisque la caractéristique "bonne santé" n'est pas partagée par toute l'humanité, à moins de constituer et transformer l'espèce humaine sur cette base restrictive, par sélection artificielle ou par sélection naturelle sur la base d'un quelconque darwinisme social : Dans cette hypothèse par exemple Stephen Hawking et sa maladie de Charcot n'auraient pu exister.
Il ya un droit aux soins, c'est le devoir de toute société humaine avancée de protéger les plus faibles. L'accès aux soins pour tous est une invention récente dans l'histoire de la civilisation ; dans l'Europe chrétienne, les soins aux malades nécessiteux ont longtemps été prodigués sans contrepartie financière par les religieux, sur le socle de la foi et du message christique essentiel qui lui est rattaché, la Caritas.
Notre système de soins aujourd'hui est basé sur l'assurance, à cette différence que cette assurance devrait être normalement un pari sur le risque "maladie" ; le cout des soins devrait être couvert par le cout du risque, comme les actuaires calculent le prix d'une assurance automobile. Ce n'est bien sûr pas le cas, un assureur peut se permettre de pénaliser le conducteur à risque, un système public de couverture maladie ne peut pas l'exiger : la personne en mauvaise santé n'est pas considérée comme responsable de son état (il y aurait matière à discuter bien sur sur la responsabilisation des individus).
Je ne suis pas économiste, car j'appartiens au milieu médical, il me semble cependant que si les règles de gestion et de comptabilité s'appliquent à l 'assurance maladie, d'autres règles concernant l'économie de marché se prêtent mal au principe d'équité dans les soins.

Caccomo a dit…

Monsieur,
Lorsque l' Etat laisse fonctionner correctement l'économie, nous bénéficions tous de la prospérité..et ainsi un standard de vie se diffuse à l'ensemble de sorte que nous avons tous plus ou moins de quoi nous nourrir, nous vêtir, nous loger. Dans la santé, il y a des éléments qui sont liés à notre mode de consommation et à nos comportements. Pas tout, je vous l'accorde.
Mais en évacuant la responsabilité, en confiant notre santé à la planification, on arrive au pire. Toutes les expériences l'ont prouvé.
Si on admet qu'il existe un droit aux soins, comment peut-on accepter que la nourriture elle-même soit une marchandie ? Elle est une marchandise car elle est le fruit du travail des hommes.

infos a dit…

D'accord avec JLC.
La pseudo-gratuité des prestations ne sert en vérité que le pouvoir politique qui a intérêt à se faire passer pour justicier-bienfaiteur universel afin d'être réélu.

Car en réalité chaque fois que l'on prive ou limite le choix rationnel de l'acteur économique, on augmente l'irresponsabilité individuelle..., et c'est en définitive la personne elle-même ainsi que l'ensemble de la société qui en pâtit.

Seuls devraient être mutualisés les risques que l'on établit comme ressortissant de causes forcées (génétiques ou circonstancielles), donc indépendantes de la volonté de la personne.

Le bien-être - et en particulier la santé individuelle et collective - est proportionnelle à la responsabilisation de chacun.
En diminuant la responsabilité de la personne, vous la mettez en danger. En augmentant sa responsabilité, vous l'incitez à entretenir sa santé et vous soulagez son entourage.

Fondamentalement qui plus que moi peut être responsable de ma vitalité ?

all a dit…

Oui j'entends bien ; mais dans le cas de la nourriture : on connait la population d'un pays et les contraintes alimentaires de chaque individu. L'économie tendant vers la satisfaction des besoins humains l'offre sera créee pour y répondre, en qualité et quantité, et le prix de la marchandise « aliment » se formera. En ce domaine la planification est inutile et dangereuse, le plus sur chemin vers la disette.
Mais dans la santé on est dans la sphère de l'imprédictible, l'offre de bien et de services de soins satisfait une demande qu'on peut analyser pour le passé et le présent, mais difficile à cerner pour l'avenir. Certaines personnes ne consultent jamais ou presque, consomment peu de marchandise « santé »; d'autres ont des pathologies lourdes de l'enfance à la mort. On ne sait pas à l'avance si un enfant va naitre en bonne santé, moi-même aujourd'hui bien portant pouvant demain avoir un AVC et finir mes jours à baver dans le lit d'un centre de cure.

Imaginons une grande pandémie avec un variant humain de la grippe aviaire - mortalité 50%.
La logique économique voudrait que l'on consacre uniquement de l'argent à la recherche et à l'élaboration d'un nouveau médicament. Les soins et la prévention pourraient être considérés comme inutiles puisque le taux de létalité est invariable. Alors, comment définir une politique de santé publique et une offre thérapeutique sans, dans cette hypothèse, une intervention massive de l'état ?

Caccomo a dit…

Cher All,
Les arguments que vous exposez sont très justes, mais ils ne disent pas en quoi l'Etat peut mieux faire, notamment face à l'imprévisibilité.
Le marché est un processus de découverte. A avoir trop voulu planifier la recherche et l'innovation, la France a manqué les grands rdv technologiques et n'a pas vu arriver les révolutions qui ont porté la croissance économique.
Comment planifier, de surcroit dans le cadre d'un Etat central, dans un domaine où l'aléa est si grand.
Dans tous les secteurs (auto, informatique, tourisme), aucune entreprise ne peut dire ce que sera la demande dans 5 ou 6 ans. Et pourtant, les entreprises doivent être au rdv.
Ce n'est pas spécifique à la santé.
Mon père a cotisé toute sa vie. A la retraite, il fut frappé d'une maladie du cerveau qui l'a tué à petit feu.
Pourtant, l'hôpital public ne voulait pas prendre en charge son cas. Mon frère et mes soeurs devions assumer le coût du traitement dans un établissement spécialisé. Est-ce cela la solidarité ? Dans ce cas, j'aurai préféré voir toutes les cotisations qu'a payé mon père placées sur un fond qui nous aurait permis d'assumer le choc !

Laure Allibert a dit…

Je voudrais discuter une de vos affirmations (plus exactement, la contester, ça ne vous étonnera pas de moi, je suis la libertarienne contestataire)...

Vous semblez déduire du fait que "les individus ne sont donc pas totalement responsables de leur capital santé" qu'il y a une "place pour une politique de la santé" ainsi que pour des institutions publiques de santé.

Cela me semble un non-sequitur. Le paysan n'est pas responsable du temps qu'il fera demain, et il ne peut rien contre un orage qui va anéantir ses récoltes. Faut-il par conséquent une politique agricole ? Un soutien de l'Etat qui viendra à son secours en cas de pépin ?

Non. C'est uniquement une question d'assurance. L'assurance est faite pour nous sécuriser face aux aléas. De la même façon, les aléas de santé contre lesquels nous ne pouvons rien peuvent être pris en charge par l'assurance. L'Etat ne fait pas autre chose qu'usurper cette mission, et il fait ça beaucoup plus mal qu'un vrai assureur. Il n'est pas davantage de la mission de l'Etat de s'occuper de santé que d'approvisionnement alimentaire ou d'habillement.

Si par "politique de la santé" vous entendez la prévention ou la prophylaxie, on n'a pas besoin non plus, de nos jours où l'information circule si vite et si bien, d'un état pour faire ça. Un ordre des médecins ou des pharmaciens suffit (ou d'autres types d'associations, voire les assureurs-santé qui, au premier chef, sont préoccupés de limiter les dépenses).

"Le comportement des autres peut nuire à ma santé (externalités négatives)", certes, mais cela ne justifie pas davantage une intervention étatique au-delà de règles évidentes qui expriment les droits de chacun à ne pas subir d'agression (les autres peuvent aussi me nuire par leur comportement au volant d'une voiture, c'est pour cela qu'il y a un code de la route, pas besoin de "politique de la route").

Peut-on à la fois justifier l'existence d'une politique de la santé et reprocher à l'Etat de faire du planisme ?
Et quel serait le contenu d'une politique de santé qui serait légitime ?

Que la santé soit une affaire publique ne signifie pas que l'Etat ait à y intervenir. L'Etat est un très mauvais assureur, comme il est un très mauvais médecin, banquier, entrepreneur, enseignant, etc.

Il se trouve que l'Etat a aujourd'hui une politique de la santé, mais ça ne veut pas dire qu'une telle politique soit nécessaire, ni qu'il soit nécessaire que ce soit l'Etat qui s'en charge, de même que l'Etat n'intervient plus dans le "commerce des grains", comme il le faisait au XVIIIe siècle.

Que l'Etat se limite à sa fonction de monopole de la force, qu'il remplit déjà très mal... ça nous fera une santé, comme on dit !

Caccomo a dit…

Dans le fond, Laure, je suis assez d'accord avec vous sur le principe. Mais compte-tenu de la situation de la France, tellement collectivisée et assistée (où chacun se demande s'il peut se faire rembourser, où l'on prend des congés maladies comme on prend un bus...), il faut accepter une transition dans laquelle une politique de santé plus efficace trouve sa place en vue de rendre pleinement sa place à l'économie de la santé.

all a dit…

@Laure, je dis qu'il n'y a pas de capital santé appartenant aux individus.
L'assurance est un pari ; des gens ont commencé en Angleterre par parier sur les chances qu'avaient les navires de ne pas sombrer. En encaissant une mise qui couvrait la valeur du bateau et de la cargaison (tout ou partie) ils ont permis aux compagnies maritimes de transférer les risques inhérents à leur commerce vers des joueurs, les aidant à développer leur activité économique. Pour définir le montant de la prime ce n'est qu'une question de probabilité, plus l'assureur dispose d'informations plus le calcul est précis.
Si le propriétaire d'une villa habite près d'un cours d'eau et connait 4 années de suite une inondation, plus personne ne voudra assurer son habitation, ou alors pour un prix qui dépasse l'estimation de ses meubles. Au bout du 10e accident de voiture, le courtier automobile va envoyer balader son assuré, il lui faudra trouver une officine glauque pour se couvrir au tiers avec une prime hyperbolique... Et après ? Tant pis pour eux ! Le premier n'avait pas à construire dans une zone inondable et le second paye ou prend le train, ils sont responsables. À eux d'analyser le rapport cout/bénéfice.
Quelle assurance maladie privée va régler le traitement de votre enfant leucémique, la chimio onéreuse de votre cancer, vos opérations chirurgicales ? Chacune évaluera le pari et son montant. Dans les contrats, à mon avis, il faudra bien lire les clauses "enfant leucémique", "cancer", et "opérations chirurgicales multiples". La norme, à mon sens, est que vous n'êtes pas responsable de votre état de santé. Et si vous êtes né malingre, maladif, mal portant, vos soins doivent être remboursés et vous devez payer les cotisations sans une grille tarifaire incluant les risques individuels. L'assurance maladie est une entreprise collective ou l'état a son rôle à jouer (et peut mieux faire)
Vous les libertariens, si on vous écoutez, on légaliserait le commerce d'enfants et le commerce d'organe, l'esclavage des personnes incarcérées j'en passe et des meilleures :D

Je vous attends un jour toute blanche au fond d'un lit tout blanc à l'hôpital , des tuyaux qui entrent et sortent de par le corps, à ne plus pouvoir manger ni respirer ni pisser ni vous laver sans aide. À l'entrée ou à la sortie de l'établissement, je ne vous demanderai quelle est votre évaluation de vie et j'engagerai le cout thérapeutique sans aucune idée précise du bénéfice.

[merci à M. Caccomo d'héberger la discussion]

Citoyen libre a dit…

Bonjour,

Ce message pour vous informer de la toute nouvelle existence du RESEAU CITOYENS LIBRES.

Le réseau Citoyens libres regroupe des internautes, des sites et des blogs qui se reconnaissent dans cette Déclaration et souhaitent apporter leur contribution à l'avènement d'une véritable démocratie.

http://dialogue-citoyen.blogspot.com/search/label/98%20RESEAU%20CITOYENS%20LIBRES
http://groups.google.fr/group/reseaucitoyenslibres?hl=fr

Bien cordialement

Laissez faire a dit…

@ All,

A vrai dire, effectivement le marche ne sera pas toujours capable de satisfaire TOUS les besoins. Merci nous le savions deja, des gens de moins de 20 ans meurent tous les jours de leucemie ou autres sans personnes ne puisse rien y faire. Par ailleurs les cas que vous citez actuellement sont-ils mieux traites ici qu'ailleurs?
Si vous aviez habite au canada ou au US - contrairement aux myths propages - vous sauriez que le cancer y est infiment mieux traite pour reprendre vos exemples.
Enfin bon, allons a l'essentiel, croyez vous que notre systeme qui nous coute plus cher que l'education, la police, l'armee, etc avec toutes les derives et les imbecilites imaginable (comme les lois interdisant de dire du mal de la secu par exemple) et qui ne rembourse plus les lunettes, ou les soins dentaires est d'une moindre aide pour ceux que vous voulez proteger.

De plus les assurances vies existent,et peut etre e le saviez vous pas mais en Afrique du Sud se sont crees des assureurs privees specialises dans....



les malades du Sida.

Laure Allibert a dit…

"Quelle assurance maladie privée va régler le traitement de votre enfant leucémique, la chimio onéreuse de votre cancer, vos opérations chirurgicales ?"

Elles le font déjà très bien, et mieux que la sinistre SS. Vous semblez ignorer complètement le domaine de l'assurance santé. Voyez par exemple IHI (compagnie danoise) qui rembourse tout, avec un plafond de 1,5 millions d'euros par an.

L'assurance n'est sûrement pas un pari, c'est une découverte (récente) à la fois mathématique et contractuelle qui diminue notre ignorance en prenant d'avance en charge des risques possibles. Evidemment le décervelage de la sinistre SS franchouillarde est passé par là. Il y en a même qui disent que le secteur de la santé est non rentable, et que pour cette raison il doit être public !

Laure Allibert a dit…

"L'assurance maladie est une entreprise collective" : n'importe quoi !

Et l'alimentation (qui est aussi, sinon plus, importante que la santé), ça doit aussi géré collectivement, avec des fonctionnaires et des soviets ?

Il y a moyen de vous faire parvenir un aller-simple pour la Corée du Nord, ou bien vous avez encore des neurones en état de marche ?

Liberta a dit…

Cher All,

Je comprends votre position mais il y a quelques points qui me paraissent mériter un éclairage différent. Un éclairage qui iraient plutôt dans le sens de JL Caccomo et de Laure Allibert, pour ne rien vous cacher.

En préambule, je ne suis pas insensible à toute la charge émotionnelle de la réponse de 9:40 AM, même si sur la fin c'est un peu trop pour moi quand même.

Certes la maladie est quelque chose de terrible et peut être ressentie profondément "injuste" (même si seuls les humains et leurs institutions peuvent être vraiment "injustes" en fait) toutefois avant de traiter les libertariens de cyniques il faut quand même se rendre compte que les premiers à en vivre sont les médecins et les infirmiers. Et pour eux, il s'agit d'une activité rentable, d'une activité à plus value car le salaire tiré de leur activité leur permet de couvrir (plus ou moins selon les cas) leur frais et ceux de leur famille et les efforts nécessaires à engager pour poursuivre cette activité et plus encore. Le marché de la santé existe déjà en fait. N'est pas médecin qui veut et tous les médecins doivent exercer là où on veut bien d'eux. Le marché est toutefois faussé et loin d'être libre, on y reviendra.

Je signale aussi meme si j'ai bien noté le trait humoristique que les libertariens considèrent que tout marché LEGITIME (ie qui respecte le droit naturel de la personne humaine) doit être libre. Cela exclut le marché des esclaves, les élections et autres marchés reposant sur la coercition.
Concernant le droit de garde des enfants et les organes, c'est une autre histoire mais à partir du moment où il n'y a aucune coercition...

Je pense aussi qu'il y a parfois une perception incomplète des mécanismes de l'assurance. J'ai écrit unmot là dessus. C'est le commentaire n°16 sur l'article suivant dans l'excellent blog "ne cede malis".
http://jesrad.wordpress.com/2007/05/16/avec-guy-moquet-vous-avez-un-ami-dans-limmobilisme/

Je rajouterai en l'occurence plusieurs choses.

1) Evidemment une personne très malade n'est pas rentable pour un assureur. Il manquerait plus que ça! Le cas contraire voudrait dire que l'assureur se fait une marge énorme car pour une personne malade combien de gens en relativement bonne santé. C'est pareil pour une voiture, pour une maison. L'assureur ne raisonne pas sinistre par sinistre, pas par occurence et non occurence (excusez le jargon) mais sur un portefeuille de contrats entier et il applique une mutualisation des risques dans l'espace (beaucoup) et dans le temps (pas mal). S'il fait une mauvaise année (beaucoup de sinistres) il remonte ses prix et/ou change sa sélection des risques l'année d'après. Il fait aussi des efforts de prévention auprès de ses clients profitant de l'expérience des sinistres passés (particulièrement valable dans la construction et l'industrie). Quand en revanche, l'assurance a connu quelques bonnes années, de nouveaux entrants arrivent (pas de barrière à l'entrée) et une guerre des prix commence, au bénéfice du client.
Tout cela pour dire qu'il faut éviter la "pensée à rebours" en préjugeant de la rentabilité de l'activité d'assurance en partant du pire des cas possibles, celui où le sinistre s'est matérialisé. A ce compte là, tous les assureurs dans tous les domaines devraient mettre la clé sous la porte.

2) Il se trouve en plus, contrairement à ce que l'on pense, que l'assurance santé prévoyance est, en temps normal, une des plus stables qui soient en terme de "sinistralité", de morbidité et de mortalité. Les 600-700 mille enfants qui sont nés en 2006 présentent des caractéristiques et des espérances de santé très similaires tout au long de leur vie que ceux nés en 2005,2004,2003, etc. Les maladies rares et moins rares apparaissent avec une fréquence relativement bien connue maintenant. Cela ne pose donc aucun problème pour un assureur. Et hors temps normal, que se passse-t-il? Et bien les assureurs et réassureurs privés sont, à ma connaissance, les seuls à y penser sérieusement. Les réassureurs notamment se préparent financièrement et techiquement à une éventuelle aggravation de l'épidémie de grippe aviaire et d'autres risques de pointe sur la mortalité et morbidité dans le monde (sauf guerre souvent et accident nucléaire dans certains cas). Normal, s'ils y pensent pas c'est leur argent à eux qui part en fumée...
A côté de ces risques, les catastrophes naturelles (comme les ouragans dans le golfe du Mexique) sont incroyablement plus difficiles à gérer, sources de bien plus grandes incertitudes et source de dommages et de coûts spectaculaires (60 milliards de dollars au moins je crois me rappeller pour la série de 2005). Et pourtant les assureurs couvrent et paient toujours. Le marché de l'assurance tient le choc bien qu'entravé par la réglementation américaine (entre autres). C'est eux aussi qui ont payé pour les 30 milliards liés aux attaques du World Trade Center. Donc l'incertitude c'est leur métier et le vivant, le biologique n'est pas la plus grande source d'incertitude.

3) L'assureur (surtout privé et donc sans clientèle captive) a intérêt à indemniser vite et bien. Ca fait partie de sa pub, de son marketing.

4) Enfin pourquoi l'assurance santé coûte cher ? Parceque les "sinistres" coûtent cher. Pourquoi coûtent ils cher? Parceque la santé coûte cher au delà même de ce que pensaient les assureurs il y a quelques années. La mauvaise estimation de l'inflation des coûts des soins médicaux a été totalement prise à leur charge des assureurs et non des assurés d'ailleurs. Aux US ca leur a couté des milliards.
Et pourquoi ne pas l'attribuer au fait que la santé n'est pas un marché libre? Qu'il y a un protectionnisme des médecins vis a vis de leur confrères étrangers, qu'il y a des monopoles (conseil de l'ordre) et des numerus clausus (= pénurie sciemment organisée), que les hopitaux sont notoirement mal gérés mais que c'est un sujet politiquement sensible et que l'Etat interfère tous les jours sur ce maelstrom.
De plus, les clients/usagers ont été habitués à l'idée que "la santé c'est gratuit", résultat : quand un médicament est déremboursé, ils ne l'achètent plus. Et quand ce médicament agissait quand même, ils finissent par se faire soigner à l'hopital (beaucoup plus cher). C'est arrivé en Italie sur les veinotoniques (circulation sanguine). 6 mois après les hopitaux là bas étaient blindés pour soigner les varices de plein de gens.Mais politiquement il est plus "payant" de frapper les labos pharmaceutiques que de s'atteler à une réforme de l'hopital. Comme quoi la politique c'est aussi un marché (illégitime toujours) avec ses "entrepreneurs" qui exploitent tel ou tel "filon" et des "clients" qui "achètent" tel ou tel discours.
Il paraît qu'en Allemagne, ils (les responsables officiels de la santé) envisagent de prendre des mesures similaires sur des médicaments contre l'hypertension (source, constatée au moins statistiquement, d'accidents vasculaires cardiaques et cérébraux). Achtung!
On imagine aisément qu'un assureur privé qui verrait son propre intérêt et qui rembourse les deux cas (prévention médicamenteuse ou soins d'urgence suivie de salle de soins intensifs et réanimation) opterait pour la meilleure solution. On voit ici d'ailleurs que le prix est aussi indicateur du dommage corporel subi. Et que tout le monde a intérêt à réduire les deux.

5) Et pour finir dans beaucoup de domaines le comportement des gens, leur responsabilité (sauf en cas de comportement manifestement criminel) n'est pas retenu contre eux par leurs assureurs. Les familles de gens qui se suicident ont très souvent le capital prévoyance prévu par l'assurance du suicidé (pas le lendemain de la signature du contrat non plus quand même). De même pour les gens atteints de maladies infectieuses qu'ils auraient pu éviter. De la même manière l'assurance de responsabilité civile couvre justement les dommages que l'on pourrait causer aux tiers y compris par négligence voire plus... En résumé le champs de l'aléa, des risques couvert par les assureurs privés est beaucoup plus large qu'on ne l'imagine souvent.

Voilà pourquoi je ne vois pas de raisons pour lesquelles l'assurance privée (mutualiste et non mutualiste) et donc un pan entier de l'économie de marché dans le domaine de la santé ferait moins bien que l'assurance forcée étatique (c'est plus vraiment de l'assurance d'ailleurs) dans le domaine de la santé.

Daniel T a dit…

Trés bonne idée la mise en perspective de la planification comme unique alternative au marché.

'La santé n'est pas une marchandise'
'La culture n'est pas une marchandise' est extrement percutant surtout qu'il est sans réponse sauf un discours nuancé sur les mérites du libéralisme..

Voici donc une piste de réponse (mais ça ne sonne pas encore bien.. il va falloir travailler..)

'La santé n'est pas une planification'
'La santé n'est pas un plan quiquennal'
'La santé n'est une bureaucratie planificatrice'

all a dit…

Sélection adverse ou aléa moral ?
Econoclaste

Liberta a dit…

(attention commentaire long! J'en suis désolé mais je ne saurais faire mieux sur ces questions intéressantes mais délicates)

Normalement avec tout ce qui a été dit, vous devriez arriver à traiter cette question vous même.

En tout cas, merci de nous avoir soumis l'article des "éconoclastes". Je ne les ai lu qu'une fois, en tombant par hasard là dessus:

http://econo.free.fr/salin2.htm

C'est drôle mais un peu faible sur le fond. Nul doute que P. Salin - le vrai - aurait broyé leurs objections éculées en trois phrases.

Bon je ne résiste pas à faire part de ce que l'article "antiséléction ou aléa moral" m'inspire. J'avoue ne pas avoir tout compris ni avoir toujours vu comment leurs idées s'enchaînent, ils font des fois des bonds de géant entre quelques arguments et demandent à leurs lecteurs beaucoup d'efforts d'interpretation.

Mes commentaires :

- Pour parler de la "franchise Sarkozy", il n'y a pas besoin d'aller dans toutes ces considérations. Le premier tort de la "franchise Sarkozy" est d'essayer de faire adopter des concepts économiques et des idées de justice à une organisation qui n'a pas de fondement économique et qui est injuste (l'assurance maladie obligatoire) tout en refusant de changer radicalement cet édifice. Donc bof. Quand le commandant du bateau ne sait pas dans quel port accoster, nul vent ne peut lui être favorable.
C'est une réponse typiquement étatique de "subjuguer le mal au moyen des armes du mal" (comme disait Herbert Spencer) en combattant des déséquilibres/injustices issus de décisions aveugles venues d'en haut en prônant comme solution d'autres décisions aveugles venues d'en haut. On peut classer le service minimum dans les transports "publics" dans cette même catégorie et quasiment pareil les exonérations fiscales pour l'accession-à-la-propriété-machin-bidule-pour-la-France-de-propriétaires-de-la-France mais je m'égare.

- je note toutefois que leur conclusion est assez proche d'un des points déjà soulevé ici: avec des "responsables" officiels/politiques de la santé qui décident d'en haut, qui prennent des décisions graves sans en payer le (juste) prix, les consommateurs de services de santé risque d'être mal traités soit directement soit indirectement via les obstacles supplémentaires mis sur la route des assureurs et des professionnels de la santé. On sent que les "éconoclastes" se réveillent et commencent à flairer la solution mais s'arrêtent là, net. Dommage.

- Fondamentalement, cette question et ces deux concepts sont un faux problème et de fausses solutions en terme de morale politique et de justice. L'assuré devrait être libre de s'assurer ou pas (auto-assurance) chez qui il souhaite ou de fonder sa propre mutuelle et l'assureur devrait être libre d'assurer ou pas. Certes il peut y avoir des remarques rothbardiennes valides quant à ce qui exécutoire ou pas dans un contrat mais il est moral et juste de faire le choix conscient de contracter ou de ne pas le faire. Après on met les mots qu'on veut dessus, rien d'autre ne saurait être aussi juste que cela. Et probablement rien ne serait aussi efficace. Les raisons utilitaristes arrivent...

- Sur l'antisélection, revenons aux bases. L'antisélection est un "phénomène" simple (en tout cas avant que des économistes ne s'en emparent) observé dans l'assurance depuis des lustres. Ce n'est que l'éventualité pour l'assureur d'avoir pris dans son portefeuille de contrats plus d'aléa(s) que (cet assureur a) prévu. C'est sa responsabilité d'éviter cela sinon c'est à lui de payer. A contrario, un assureur trop frileux se prive de nouveaux marchés. Encore une fois le risque est le métier des assureurs. La vraie question est: est-ce que ce risque est assurable? Et en fait à quelques exceptions près (cf mon commentaire dans l'article de Jesrad), tout risque est assurable, c'est notamment le cas de la santé.

En posant cette question autrement, l'antisélection signifie quoi ? que l'assuré qui se sent lésé en cotisant trop pour ses prestations change de crèmerie ou décide même de s'auto-assurer car le marché de l'assurance ne lui dit rien de bon, c'est son droit le plus strict et sa rationalité de consommateur averti que de faire cela. Aux assureurs de prouver leur valeur ajoutée! Et il y a en a une (pour les risques assurables), c'est la mutualisation des risques qui fait décroitre fortement la volatilité de l'impact financier d'un (éventuel) coup dur sans affecter les performances produites en général. Il y a une valeur ajoutée dans l'absolu, indifféremment de la richesse de l'assuré (modulo le risque de ruine mais qui n'est pas si déterminant). Même les riches ont intérêt à faire assurer leur voiture ou leur santé. Dans un monde de l'assurance concurrentiel, acheter un service d'assurance peut être un investissement rentable par rapport au coût d'opportunité de ne pas s'assurer. Même les grandes entreprises (riches pourtant) le font car parfois un projet raté peut affecter tout le reste de la structure (interruption d'exploitation, goulot d'étranglement, perte de temps, de données...). Certaines s'auto-assurent aussi quand elles estiment mieux connaître leur risque que leur assureur mais c'est positif ca maintient la pression. Pas de rente de situation pour l'assureur! C'est une sorte de négociation permanente. Dans certaines branches de l'assurance, les assureurs le disent eux même, leur premier concurrent c'est l'auto-assurance (assurance-crédit/contrepartie notamment).
L'assurance obligatoire (quasiment un oxymore) n'est pas une solution, ne peut pas être une solution, ce ne peut être qu'une masse de problèmes.

- de façon plus générale et pour traiter les deux concepts en même temps, la sélection des risques et la prévention font partie du métier de l'assureur et faire jouer la concurrence, voter avec ses pieds fait partie des possibilités (et des droits) de l'assuré pour obtenir le juste prix de sa cotisation. Je ne vois pas où est le problème.
Le développement d'éconoclaste (si peu iconoclaste en fait) néglige plusieurs choses:

1) les gens ne sont certes pas égaux en terme de santé mais ils ne le savent que très rarement a priori, sinon on commence à sortir du cadre de l'aléa. Le vrai grand facteur de morbidité est l'âge. Une donnée fichtrement objective et devant laquelle nous sommes "égaux" en tout cas indifférenciés. Perso, je n'arrive pas à faire passer les années moins vite pour moi que pour mon voisin de pallier. Ce qu'on appelle le "mauvais risque" est en général ce que l'on détermine a posteriori : "ahhh ca c'était du mauvais risque"... Sinon l'assurance serait un métier vraiment trop facile.

2) les gens ne sont pas égaux dans le domaine de la santé, mais ils ne le sont dans à peu près aucun domaine. Certains ont plus d'accidents de voiture que d'autres. Certains endroits montrent des niveaux de criminalité plus élevés que d'autres. Certains secteurs économiques présentent plus d'accidents du travail graves que d'autres, etc.

3) quant à l'"aléa moral", à la "surconsommation", je ne vois rien de nouveau. Finalement les gens qui surconsomment structurellement (par opposition aux gens de bonne foi qui peuvent être "sursoignés" ponctuellement) peuvent être assimilés à des "fraudeurs" qui tels les types qui mettent le feu à l'entrepôt quand la conjoncture va mal pour eux, déclarent subir un sinistre (une pathologie) là où il n'y en a pas, ou qui "chargent la barque" sur un problème donné. Dans ce cas, l'assureur peut envoyer un expert comme pour un incendie et dire qu'il ne paye pas. Point. Voire qu'il intente des poursuites pour se faire rembourser les frais de contrôle (experts, ordinateurs, épluchages des relevés, intérêts...). Au consommateur de payer. C'est facile pour un assureur de voir qui exagère, qui déclare 10 fois plus de frais de santé que sa maladie exige... Ils peuvent faire pareil avec les médecins qui ont la main lourde d'autant que si on fait régner plus de liberté chez les professsionnels de la santé... cf 5) plus bas. Donc l'"aléa moral" est un grand mot pour décrire des choses qui existent aussi depuis des lustres et qui font partie de l'assurance. Aux assurances de maintenir ces pertes à des niveaux acceptables pour leur rentabilité et pour les autres assurés. Ca s'apparente à la "démarque inconnue"**, cf, ce qui n'empêche pourtant les entreprises de distribution, petites et grandes, de tourner. L'arnaque à l'assurance existera toujours mais ce serait dommage de se priver d'une si belle industrie rien que pour cela.
La Sécu fait déjà cela par certains côtés mais elle n'est pas vraiment responsabilisée car sa faillite est toujours reportée à demain.

4) L'assureur gagne probablement plus à faire de la prévention qu'à exclure le (désormais fameux et parfois introuvable) "mauvais risque". Et si la prévention ne marche pas, il individualisera le cas mais seulement dans la limite de ce qui techniquement possible (bonne remarque de gizmo, premier commentaire après leur article). Ca ne vaut pas le coup et ca ferait une mauvaise pub que d'exclure d'une couverture telle ou telle maladie orpheline ou tel comportement extrème (suicide pour l'assurance prévoyance). En revanche attaquer frontalement le cancer du poumon, pathologie très grave, relativement fréquente* et évitable en partie, qui s'en plaindrait tant que les droits des gens sont respectés ?

5) Enfin, cet article ne répond pas vraiment sur le fond du problème qui nous occupe ici: le coût de la santé. Je soutiens que le paragraphe 4) de mon commentaire précédent est la question principale à se poser en l'occurrence et que se concentrer sur l'assurance ne permet pas de résoudre tout le problème. On peut penser en revanche que tout mettre sous le tapis de l'assurance obligatoire étatique ne fait qu'aggraver les choses.

Tout cela pour dire encore une fois que je ne vois pas du tout en quoi l'assurance privée aurait plus de mal à gérer la santé que le monopole étatique obligatoire, qui n'est plus une assurance pour les raisons évoquées ci-dessus. Je continue de penser qu'il n'y a pas à se faire de noeud au cerveau comme ils sont en train de le faire : la liberté d'assurer qui on veut ou pas et de s'assurer chez qui que ce soit ou pas conjuguée à la liberté d'exercer la médecine, de fournir des labels de qualité et de se soigner (ou pas) devraient permettre à chacun de trouver une juste satisfaction de ses besoins de santé tout en offrant - enfin -la justice pour tous.

Car au final, les intérêts mêmes différents, finissent par converger en un point quasi optimal. Les patients veulent être soignés, les médecins veulent soigner, les assureurs veulent que ca ne coûte pas trop cher en évitant de "sursoigner" et en ne négligeant pas la prévention qui permet d'éviter qu'une pathologie ne se déclare ou s'aggrave tout en satisfaisant leurs assurés. Tout le monde peut être satisfait en même temps. C'est ca la beauté de la liberté, d'intérêts divergents librement exprimés naît l'harmonie. cf le "Tao Te King" Lao Tseu et son très beau chapitre 29.
http://taoteking.free.fr/interieur.php3?chapitre=29
Mais le reste est tout aussi fabuleux.

* cf p 27 et 58-92 de ceci :
http://www.igr.fr/doc/cancer/pdf/prevention/epidemiologie.pdf

**
http://coursdevente.free.fr/bcstocks.htm
§1.3 ("démarque inconnue" qui se retrouve non seulement dans les entrepôts mais aussi dans les boutiques, magasins, librairies... et qui est pafrois évaluée à 1-2% de la valeur marchande des biens)

PS :
Cadeau : un autre avis libéral et anti-étatiste sur les premiers pas sarkoziens.
http://h16.free.fr/index.php?2007/05/31/359-derives-debiles