2007-05-01
Vigilance & espérance
Mes lecteurs les plus fidèles savent que je rédige depuis plus de 5 ans une chronique de résistance hebdomadaire qui est maintenant diffusée en France, au Canada, en Suisse et en Espagne sur le réseau Internet [1]. Certaines de ces chroniques furent reprises au compte-goutte dans la presse nationale (Le Figaro, Le Monde, Les Echos, Valeurs Actuelles ou l’Agefi). Mais le mur des médias reste difficile à fissurer (surtout lorsque l'on a passé son bac dans une ville de 16 000 habitants).Certes, j’admets volontiers que ma résistance n’est pas celle du maquisard qui risquait chaque jour sa vie à défier l’occupant nazi. Ce serait insulter ceux qui prennent de vrais risques. Mais le combat d’idées a ses exigences, ses sacrifices et fait aussi ses victimes. J’ai connu des placards et des trous noirs dont je me suis demandé comment j’allais sortir. C’est notamment en France une résistance de tous les jours pour éviter de tomber dans les clichés de la pensée formatée qui mine le climat intellectuel de notre pays, nous obligeant à nous réfugier dans le maquis que constitue cet espace de liberté sans précédent qu’est le réseau Internet. Car, à longueur d’ondes, nous subissons une omerta ambiante qui fige toute débat, diabolise tout contradicteur et encadre les discussions dans des formats qui nous sont imposés par la gauche la plus anti-libérale que la planète ait porté.
A force de vivre dans un tel climat, on finit par devenir grincheux et certains de mes lecteurs étaient parfois découragés ou lassés par le pessimisme qui se dégageait de mes analyses. Aujourd’hui, alors que je diffuse ma seconde chronique d’espérance, on me reproche mon angélisme, ma fougue voire mon espérance. Pourtant, je suis à un âge où j’ai encore envie d’espérer. Mon père est mort de n’avoir plus cette espérance, s’abandonnant à une maladie dont la condamnation lui est apparue comme une libération. Il ne voulait plus vivre parmi ses contemporains.
Pour ma part, j’ai envie de croire en mes contemporains. J’ai le sentiment qu’ils vont tourner le dos à l’impasse pour ouvrir une espérance [2]. Bien-sûr, croire n’est pas rêver et l’espérance n’empêche pas la vigilance. A mon sens, la France vit un moment historique. Je ne veux pas être de ceux qui se réfugient derrière le principe de précaution pour cacher leur inaction ou leur manque de courage. Je ne veux pas être de ceux qui ne savent pas choisir.
Un libéral doit savoir prendre le risque. Une entreprise est un pari. Faire confiance, c’est aussi un pari ! Les libéraux ont une méfiance naturelle du pouvoir et des hommes de pouvoir. Je le comprends volontiers. Mais la démocratie conduit le peuple à déléguer sa parcelle individuelle de pouvoir comme l'épargnant transfère sa parcelle individuelle d'épargne pour alimenter les flux de capitaux qui permettent aux entreprises d'investir. Chaque parcelle de pouvoir dont nous disposons n'est rien si elle n'est pas transférée dans les mains de celui qui nous inspirera le plus confiance.
On peut disserter à l’infini pour savoir si Sarkozy est libéral ou pas libéral ; mais c’est comme discuter du sexe des anges. D’ailleurs, on peut attendre longtemps. Déjà en leur temps, Frédéric Bastiat, puis plus tard Jacques Rueff, se désespéraient de trouver des hommes politiques vraiment libéraux parmi leurs contemporains. Et qui sera le benchmark ? Qui pourra décerner le label du « parfait libéral » alors que les intellectuels libéraux peinent à se mettre d’accord sur sa définition ? Cela me rappelle ce théoricien de la finance que j’ai bien connu mais qui était incapable d’acheter la moindre action en bourse.
Je ne crois pas à l’homme providentiel sinon que l’homme providentiel est en chacun de nous. Mais je crois aux circonstances exceptionnelles qui permettent les sursauts des peuples. Sarkozy a su créer une telle circonstance. Il a réveillé les français endormis par les médias, empoisonnés par les experts en opinion publique et autres commentateurs de la vie politique qui passent leur temps à se tromper sans aucune sanction. De même que la Dame de fer a sorti l’Angleterre de l’impasse travailliste, modernisant du même coup la gauche anglaise, Sarkozy est en mesure aujourd’hui de sortir la France de l’impasse collectiviste tout en contraignant la gauche française à se moderniser en prenant acte du score lamentable réalisé par les communistes et autres candidats anti-libéraux. C’est une chance historique à saisir. Et je ne veux pas être de ceux qui s’obstinent à la compromettre.
En acceptant de se prêter à un débat qui n'avait pas lieu d'être avec un candidat éliminé au premier tour, Ségolène Royal a dévoilé l’archaïsme de sa pensée et de son programme totalement imprégné de collectivisme d'un autre âge. Après avoir porté aux nues les anti-libéraux dont l’audience médiatique fut inversement proportionnelle aux résultats électoraux, les médias ont soutenu à bout de bras cette mascarade, trahissant leur inclinaison naturelle, qui révèle dans la foulée leur manque flagrant de déontologie et de professionnalisme.
Jamais la participation n’a été aussi forte et cette participation s’est portée sur Nicolas Sarkozy tout en laminant les votes extrêmes et farfelus. Je ne peux m’opposer à l’homme qui a suscité ce mouvement profond. Dans l’histoire d’un pays, cela ne se présente pas deux fois. Ne pas choisir entre Royal et Sarkozy, c’est faire le choix de l’abandon à un moment crucial de la vie politique française. Je ne peux certainement pas m’associer à un vote anti-Sarkozy qui conduit à développer un discours caricatural, conformément aux méthodes traditionnelles de la gauche fondées sur l’invective et la diabolisation comme l’illustre la vraie fausse affaire du débat Bayrou-Royal.
J’en appelle aux libéraux sincères mais indécis. Ne vous disqualifiez pas dans l’indécision chronique. Il y a un temps pour le débat intellectuel (qui n'a pas de fin), il y a un temps pour l’action (qui a un objectif). Pour ceux qui doutent encore de la sincérité du candidat Sarkozy et de son libéralisme, je leur demande de lire son discours de Douai du 27 mars 2006 ou de revoir le meeting de Bercy de dimanche dernier.
Je ne crois pas à l’homme providentiel sinon que l’homme providentiel est en chacun de nous. Mais je crois aux circonstances exceptionnelles qui permettent les sursauts des peuples. Sarkozy a su créer une telle circonstance. Il a réveillé les français endormis par les médias, empoisonnés par les experts en opinion publique et autres commentateurs de la vie politique qui passent leur temps à se tromper sans aucune sanction. De même que la Dame de fer a sorti l’Angleterre de l’impasse travailliste, modernisant du même coup la gauche anglaise, Sarkozy est en mesure aujourd’hui de sortir la France de l’impasse collectiviste tout en contraignant la gauche française à se moderniser en prenant acte du score lamentable réalisé par les communistes et autres candidats anti-libéraux. C’est une chance historique à saisir. Et je ne veux pas être de ceux qui s’obstinent à la compromettre.
En acceptant de se prêter à un débat qui n'avait pas lieu d'être avec un candidat éliminé au premier tour, Ségolène Royal a dévoilé l’archaïsme de sa pensée et de son programme totalement imprégné de collectivisme d'un autre âge. Après avoir porté aux nues les anti-libéraux dont l’audience médiatique fut inversement proportionnelle aux résultats électoraux, les médias ont soutenu à bout de bras cette mascarade, trahissant leur inclinaison naturelle, qui révèle dans la foulée leur manque flagrant de déontologie et de professionnalisme.
Jamais la participation n’a été aussi forte et cette participation s’est portée sur Nicolas Sarkozy tout en laminant les votes extrêmes et farfelus. Je ne peux m’opposer à l’homme qui a suscité ce mouvement profond. Dans l’histoire d’un pays, cela ne se présente pas deux fois. Ne pas choisir entre Royal et Sarkozy, c’est faire le choix de l’abandon à un moment crucial de la vie politique française. Je ne peux certainement pas m’associer à un vote anti-Sarkozy qui conduit à développer un discours caricatural, conformément aux méthodes traditionnelles de la gauche fondées sur l’invective et la diabolisation comme l’illustre la vraie fausse affaire du débat Bayrou-Royal.
J’en appelle aux libéraux sincères mais indécis. Ne vous disqualifiez pas dans l’indécision chronique. Il y a un temps pour le débat intellectuel (qui n'a pas de fin), il y a un temps pour l’action (qui a un objectif). Pour ceux qui doutent encore de la sincérité du candidat Sarkozy et de son libéralisme, je leur demande de lire son discours de Douai du 27 mars 2006 ou de revoir le meeting de Bercy de dimanche dernier.
Le moment venu, nous aurons besoin de toutes les forces libérales pour accompagner cette dynamique de renouveau politique susceptible de stopper enfin le déclin français.
[1] pour la France : http://www.action-liberale.org/ et http://www.reseau-liberte.org/journal/chroniques.php ; pour le canada : http://www.quebecoislibre.org/ ; pour la Suisse :
http://www.agefi.com/resultats_recherche.php?PHPSESSID=c80ab702f668f35aa07e93a4feefd1e1&recherche=caccomo&typesearch=1 ; pour l’Espagne : http://www.elconservador.com/num32.html
[1] pour la France : http://www.action-liberale.org/ et http://www.reseau-liberte.org/journal/chroniques.php ; pour le canada : http://www.quebecoislibre.org/ ; pour la Suisse :
http://www.agefi.com/resultats_recherche.php?PHPSESSID=c80ab702f668f35aa07e93a4feefd1e1&recherche=caccomo&typesearch=1 ; pour l’Espagne : http://www.elconservador.com/num32.html
[2] JL Caccomo [2007] La troisième voie : impasse ou espérance, Les Presses Littéraires.
Comments:
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Le discours de Douai était très bon, on peut le visionner ici : http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/discours/nicolas_sarkozy_pour_une_france_plus_juste_douai_lundi_27_mars_2006
(en cliquant sur l'icone de la caméra).
(en cliquant sur l'icone de la caméra).
Complètement d'accord avec votre post.
Cela fait plaisir de constater qu'il y a un libéral qui exprime clairement son soutien au candidat, qui même s'il n'est pas le candidat idéal pour les libéraux,est de toute évidence le plus prometteur pour effectuer les réformes nécessaires.
Je suis atterré de voir des libéraux d'AL promouvoir le vote blanc et même parfois sous entendre le vote Royal.
Cela fait plaisir de constater qu'il y a un libéral qui exprime clairement son soutien au candidat, qui même s'il n'est pas le candidat idéal pour les libéraux,est de toute évidence le plus prometteur pour effectuer les réformes nécessaires.
Je suis atterré de voir des libéraux d'AL promouvoir le vote blanc et même parfois sous entendre le vote Royal.
Tout à fait d'accord avec votre analyse que je me suis permis de faire suivre.
Espérons que les français ne laisserons pas passer une telle chance pour la France.
Espérons que les français ne laisserons pas passer une telle chance pour la France.
Bonjour,
étant toujours incertain sur mon vote (NS ou abstention, bien sûr) j'ai lu le discours de Douai, censé décider les libéraux hésitants.
Je n'y ai pas trouvé beaucoup de libéralisme et j'y ai même trouvé beaucoup d'antilibéralisme (je ne comprends pas comment on peut conseiller à un libéral de lire ce discours pour l'inciter à voter NS)
Ce discours est intéressant car il date de mars 2006. Or certains observateurs attribuent le discours violemment anti-libéral de Nicolas Sarkozy à son "rédacteur" chiraquien Hervé Guaino. Il est donc bien clair que l'anti-libéralisme de Sarkozy est plus profond qu'il n'y parait.
Désolé Denis, il n'y a aucune "promotion" du vote blanc chez AL. Quand à "sous entendre" un vote Royal c'est vraiment fantaisiste. Mais que la candidature,les propositions et les discours de Nicolas Sarkozy satisfassent de vrais libéraux, non c'est impossible.
La plupart des articles pro-sarkozy de J.L.C. ont tendance à me faire voter blanc. Votre article sur la "génération 68" est étonnamment et profondément anti-libéral (encore plus que les propos de NS).
Mais... le style, la franchise et l'énergie de NS sont séduisants. Et il y a aussi, avouons-le l'attrait de la punition de la gauche archaïque.
Je vais donc peut être voter NS... malgré vos articles et vos conseils sur le sujet.
Cher J.L.C. nous vous méprennez pas sur cette première intervention. Je trouve vos articles économiques très pertinents. Quand vous ne parlez pas de N.S. et de la "génération 68" vous êtes très bon !
étant toujours incertain sur mon vote (NS ou abstention, bien sûr) j'ai lu le discours de Douai, censé décider les libéraux hésitants.
Je n'y ai pas trouvé beaucoup de libéralisme et j'y ai même trouvé beaucoup d'antilibéralisme (je ne comprends pas comment on peut conseiller à un libéral de lire ce discours pour l'inciter à voter NS)
Ce discours est intéressant car il date de mars 2006. Or certains observateurs attribuent le discours violemment anti-libéral de Nicolas Sarkozy à son "rédacteur" chiraquien Hervé Guaino. Il est donc bien clair que l'anti-libéralisme de Sarkozy est plus profond qu'il n'y parait.
Désolé Denis, il n'y a aucune "promotion" du vote blanc chez AL. Quand à "sous entendre" un vote Royal c'est vraiment fantaisiste. Mais que la candidature,les propositions et les discours de Nicolas Sarkozy satisfassent de vrais libéraux, non c'est impossible.
La plupart des articles pro-sarkozy de J.L.C. ont tendance à me faire voter blanc. Votre article sur la "génération 68" est étonnamment et profondément anti-libéral (encore plus que les propos de NS).
Mais... le style, la franchise et l'énergie de NS sont séduisants. Et il y a aussi, avouons-le l'attrait de la punition de la gauche archaïque.
Je vais donc peut être voter NS... malgré vos articles et vos conseils sur le sujet.
Cher J.L.C. nous vous méprennez pas sur cette première intervention. Je trouve vos articles économiques très pertinents. Quand vous ne parlez pas de N.S. et de la "génération 68" vous êtes très bon !
Au 2 ieme tour, il faut etre responsable et choisir.
AMIS LIBERAUX, Votons NS.
A défaut de représenter nos idées, a l'instar de Jean Louis, espérons que la fonction fera peut etre l'homme.
Peut etre saura-t-il entendre notre voix, celle du changement.
A l'ecoute de certaines propositions telle que l'autonomie des établissements scolaires,il y a de l'espoir !
Une chose est sure : avec Mde ROYALE, aucun espoir !
Alors agissons et mobilisons ns en conséquence :
--> Dimanche aidons Nicolas SARKOZY
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AMIS LIBERAUX, Votons NS.
A défaut de représenter nos idées, a l'instar de Jean Louis, espérons que la fonction fera peut etre l'homme.
Peut etre saura-t-il entendre notre voix, celle du changement.
A l'ecoute de certaines propositions telle que l'autonomie des établissements scolaires,il y a de l'espoir !
Une chose est sure : avec Mde ROYALE, aucun espoir !
Alors agissons et mobilisons ns en conséquence :
--> Dimanche aidons Nicolas SARKOZY
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