Pour un économiste lucide et honnête, le trou de la sécu n'est pas une surprise puisqu'aucune véritable réforme de la sécurité sociale n'a jamais été entreprise au nom de la préservation d'un pacte social qui nous condamne pourtant à l'impasse. La sécurité sociale accuse aujourd'hui un déficit de 12 milliards d’euros pour 2007, ce qui constitue un de ses déficits les plus élevés depuis sa création.Depuis trente ans, le gouvernement en place constate que les dépenses sociales excèdent les recettes sociales. Il s’ingénue alors à inventer de nouvelles recettes (qui sont autant de nouveaux prélèvements sur la richesse produite comme la CSG, la RDS et demain la TVA sociale) dans le même temps qu’il tente de rationner les dépenses sans s’attaquer à la cause ultime de ce dérapage structurel. Car la multiplication des prélèvements sociaux n'a jamais stoppé ce processus de dérive alors même qu'il contribue à accélérer la dislocation du tissu économique (délocalisation, déconnection entre le coût du travail supporté par l'employeur et salaire disponible pour l'employé).
La cause de cette inflation de dépenses est pourtant connue mais elle heurte un tabou français : elle provient du mythe de la gratuité qui consiste à décréter et à multiplier des droits sociaux dans des domaines (santé, retraite) qui échapperaient à toute contrainte et toute régulation économiques. Depuis trente ans, on s’attaque donc aux effets (insuffisances de recettes, dérapage des dépenses) sans remettre en cause la logique d’un système qui conduit précisément à ces dysfonctionnements. Car les dérapages ne proviennent ni de la fraude, ni des abus ; ils sont inhérents au fonctionnement de tout système collectiviste qui conduit chacun de nous à nous comporter comme des passagers clandestins.
Imaginez que, lorsque vous consommez l’électricité, c’est votre voisin qui paie les factures car vous avez, à son insu, piraté son compteur. Ce que vous ne savez pas, c’est que votre voisin est aussi malin que vous et qu'il a fait la même chose…
Alors que le consommateur français est extrêmement rationnel et vigilant lorsqu’il consomme des biens et services marchands (parce qu’il reçoit et assume la facture de ses propres choix de consommation), il devient totalement irresponsable lorsque qu’il consomme des biens et services publics (et sociaux). Croyant avoir droit gratuitement au maximum de biens et services publics (et sociaux), il participe en fait à un véritable pillage d’une ressource rare puisque son entretien et sa préservation dépendent de l’argent public et du travail des fonctionnaires, c’est-à-dire de la manne que chaque contribuable consent à laisser à la collectivité.



3 commentaires:
Je partage totalement votre opinion (cf mon blog).
L'ampleur du déficit prévisible pour 2007 est un cinglant retour de bâton, sanctionnant l'inanité des derniers "trains de mesures" en date, notamment l'invraisemblable machinerie du "parcours coordonné de soins".
Les franchises annoncées et le "bouclier sanitaire" n'augurent hélas rien de meilleur.
Puisque les Français et leur dirigeants s'obstinent à croire que la santé est gratuite, il ne reste plus qu'à découvrir une corne d'abondance au fond du parc de l'Elysée...
« Que sera devenue la moralité de l'institution quand sa caisse sera alimentée par l'impôt ? Les abus iront toujours croissants et on en recalculera le redressement d'année en année, comme c'est l'usage jusqu'à ce que vienne le jour d'une explosion. » (Frédéric Bastiat en 1850)
Ce jour semble vraiment très proche encore un peu de patience, et la forteresse collectiviste dont même Lenine n'aurez osé rêver sera morte, et avec elle la spoliation organisée des fruits du travail.
Je me suis permis de reprendre deux de vos articles paru sur le blog d'IES.
J'espère que cela ne vous dérange pas, si cela vous dérange,je les enlève.
Mais vous avez tellement raison...
http://reformetmodernitebelgique.blogmilitant.com/
Merci,
Cyril Divoul
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