Un paysan savait bien autrefois, avant de recevoir des directives et des subventions de Bruxelles, que la quantité de blé qu’il pouvait ramener à la maison était liée à la quantité récoltée. De manière générale, le revenu des ménages est borné par la productivité du travail. En conséquence, les possibilités de progression du revenu global sont donc conditionnées par les possibilités de progression de la productivité. C'est donc fondamentalement sur les facteurs qui conditionnent la productivité qu'il convient d'agir si l'on veut durablement relancer le pouvoir d'achat.
Intéressons nous maintenant au revenu complet du ménage qui représente le coût total du travail du point de vue de l’employeur. Une grande partie de ce revenu est amputé à la source par les charges sociales dont le prélèvement autoritaire est destiné les différentes caisses de la sécurité sociale au nom d’un pacte social auquel les français sont très attachés. Ils sont tellement attachés qu’on ne leur donne pas le choix d’encaisser cette part de leurs revenus pour l’affecter à des caisses de leur choix.
Le revenu, que les ménages vont donc effectivement encaisser, est donc constitué par le revenu disponible. Seul le revenu disponible est susceptible d'étre utilisé pour la consommation. Pourtant, dans cette part, il faut que les ménages prévoient de conserver la partie elle-même de plus en plus grande qui fera l’objet d’un prélèvement fiscal direct (impôts nationaux et impôts locaux).
Finalement, la partie restante constitue la partie réellement disponible du revenu des ménages que l'on appelle le revenu disponible net. Encore une fois, une part du revenu disponible net doit être consacrée à l’épargne, par mesure de précaution élémentaire. La partie finalement disponible pour financer les actes de consommation quotidiens donne donc la mesure du pouvoir d’achat. N’oublions au passage que lorsque le ménage consomme, il paie sans s’en apercevoir un impôt indirect (la TVA) dont la part ampute encore le pouvoir d’achat réel.
Ces données sont élémentaires mais leur analyse est rarement faite. Puisque les partenaires sociaux ou les responsables politiques nous parlent sans cesse de la défense du pouvoir d’achat, ils doivent dire que la dérive des finances publiques (liée à l’extension sans limite de l’intervention de l’Etat) conduit à une augmentation de toutes les formes de fiscalité, soit par une création d’impôts nouveaux ou de taxes nouvelles, soit par une augmentation des impôts et taxes existantes. Ils doivent aussi prendre conscience que la dérive des comptes sociaux (liées à la multiplication des droits sociaux) conduit à une augmentation des charges sociales selon le même principe : création de nouvelles cotisations (CSG, RDS) et augmentation des cotisations existantes.
Comme on ne peut pas décréter un accroissement du revenu sans avoir au préalable un accroissement de productivité (lui-même résultat heureux mais incertain d'un effort d'investissement), l’effet cumulé de ces deux dérives est de rétrécir le revenu disponible réel. De plus, le rétrécissement du revenu disponible ne déprime pas seulement le pouvoir d’achat, il affecte aussi les capacités d’épargne des ménages, sans lesquelles on ne peut financer les investissements productifs. Or, sans investissement, aucune chance de redresser la productivité : le seul ajustement possible se fait donc au détriment du pouvoir d’achat. Et la France est coincée dans une spirale pernicieuse tandis que l’emballement des prélèvements sociaux accroît le coût total du travail et réduit l’attractivité économique du territoire.
Si le gouvernement est vraiment soucieux de défendre le pouvoir d’achat, alors il doit libérer l'économie et briser ce cercle vicieux, notamment en stoppant la dérive des comptes publics et sociaux, et donc finalement en touchant au cœur de ce qui fait le « modèle social français » : le périmètre de l’action publique d’un côté, le monopole de la sécurité sociale de l’autre côté. Là est la véritable rupture avec le passé. Sinon, nous n'aurons aucune chance de stopper la diminution inexorable du pouvoir d’achat des ménages et les français (notamment les classes moyennes) continueront de s’appauvrir.
Le revenu, que les ménages vont donc effectivement encaisser, est donc constitué par le revenu disponible. Seul le revenu disponible est susceptible d'étre utilisé pour la consommation. Pourtant, dans cette part, il faut que les ménages prévoient de conserver la partie elle-même de plus en plus grande qui fera l’objet d’un prélèvement fiscal direct (impôts nationaux et impôts locaux).
Finalement, la partie restante constitue la partie réellement disponible du revenu des ménages que l'on appelle le revenu disponible net. Encore une fois, une part du revenu disponible net doit être consacrée à l’épargne, par mesure de précaution élémentaire. La partie finalement disponible pour financer les actes de consommation quotidiens donne donc la mesure du pouvoir d’achat. N’oublions au passage que lorsque le ménage consomme, il paie sans s’en apercevoir un impôt indirect (la TVA) dont la part ampute encore le pouvoir d’achat réel.
Ces données sont élémentaires mais leur analyse est rarement faite. Puisque les partenaires sociaux ou les responsables politiques nous parlent sans cesse de la défense du pouvoir d’achat, ils doivent dire que la dérive des finances publiques (liée à l’extension sans limite de l’intervention de l’Etat) conduit à une augmentation de toutes les formes de fiscalité, soit par une création d’impôts nouveaux ou de taxes nouvelles, soit par une augmentation des impôts et taxes existantes. Ils doivent aussi prendre conscience que la dérive des comptes sociaux (liées à la multiplication des droits sociaux) conduit à une augmentation des charges sociales selon le même principe : création de nouvelles cotisations (CSG, RDS) et augmentation des cotisations existantes.
Comme on ne peut pas décréter un accroissement du revenu sans avoir au préalable un accroissement de productivité (lui-même résultat heureux mais incertain d'un effort d'investissement), l’effet cumulé de ces deux dérives est de rétrécir le revenu disponible réel. De plus, le rétrécissement du revenu disponible ne déprime pas seulement le pouvoir d’achat, il affecte aussi les capacités d’épargne des ménages, sans lesquelles on ne peut financer les investissements productifs. Or, sans investissement, aucune chance de redresser la productivité : le seul ajustement possible se fait donc au détriment du pouvoir d’achat. Et la France est coincée dans une spirale pernicieuse tandis que l’emballement des prélèvements sociaux accroît le coût total du travail et réduit l’attractivité économique du territoire.
Si le gouvernement est vraiment soucieux de défendre le pouvoir d’achat, alors il doit libérer l'économie et briser ce cercle vicieux, notamment en stoppant la dérive des comptes publics et sociaux, et donc finalement en touchant au cœur de ce qui fait le « modèle social français » : le périmètre de l’action publique d’un côté, le monopole de la sécurité sociale de l’autre côté. Là est la véritable rupture avec le passé. Sinon, nous n'aurons aucune chance de stopper la diminution inexorable du pouvoir d’achat des ménages et les français (notamment les classes moyennes) continueront de s’appauvrir.







