2008-01-10
L'enseignement de l'économie au collège
Michel Rocard propose de généraliser l’enseignement de l’économie au collège. Sur le principe, j’aurais tendance à applaudir, militant moi-même à mon échelle et depuis plusieurs années pour une vulgarisation – et non une diabolisation – de la chose économique dès le plus jeune âge. D’ailleurs, les enfants ne sont pas les derniers à poser des questions sur l’argent, le travail ou l’échange, qu’ils pratiquent allègrement dans la cour de récréation. Et plus personne ne peut plus nier que nous, les français, soyons aussi arriérés que puritains en ce domaine, à collectivement croire qu’il existe une potion magique et un père Noël, incarné par l’Etat et ceux qui le dirigent, susceptible de distribuer des cadeaux à partir du moment où on les réclamera un peu plus fort que les autres.Mais c’est l’application de ce principe qui m’inquiète quelque peu. Car je constate déjà les dégâts occasionnés par l’enseignement de l’économie tel qu’il est actuellement pratiqué dans les lycées au point que les lycéens de filières scientifiques ont plus de chance de réussir dans les facultés de sciences économiques que les lycéens des filières baptisées « économiques et sociales ». A entendre le discours caricatural, et déjà pétris de préjugés et de poncifs grotesques, de certains lycéens, je me dis qu’il vaut mieux n’avoir jamais étudié l’économie dans les lycées plutôt que de l’étudier mal.
Je ne jette pas la pierre aux lycéens car ils sont victimes des programmes validés par les comités scientifiques d’ATTAC sur fond de dossiers signés « Alternative Economique » qui règnent désormais en maître dans nos lycées et dont la seule finalité consiste à dénoncer l’économie à défaut de l’enseigner. Alors, s’il s’agit de commencer ce travail de propagande et de lavage de cerveau dès la classe de sixième, permettez-moi d’exprimer ici de grandes inquiétudes. Surtout si cette recommandation provient de Michel Rocard, qui reste malgré tout un socialiste qui a inventé la C.S.G. (en guise de réforme de la sécurité sociale) et promu la cogestion.
A l’approche de mes 45 ans, je dois bien vous avouer que j’ai découvert les lumières en ce domaine à partir de mon doctorat, le temps de me désintoxiquer de près de cinq années de conditionnement marxiste [1]. Mais c’est ce qui explique sans doute que des mandarins de l’université française, appartenant à de puissantes corporations syndicales, aient trouvés scandaleux que je puisse un jour prétendre au rang de Professeur des universités en sciences économiques [2].
[1] Le manuel de référence de mes chers instructeurs était l’anti-manuel de Jacques Attali, véritable bible des bobos de l’époque et qui s’est vu intronisé par le président de la république comme éminent conseiller économique.
[2] Brunet E. Être de droite : un tabou français, Albin Michel, 2006 (ISBN 2226170839)
Comments:
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M. Caccomo, il vaut mieux être libre que professeur des universités, même si économiquement est moins rentable:on est moins payé si l'on est M.C.!
Votre post confirme ce que j'expliquais hier: le système éducatif inculque des "croyances", déforme.
Votre post confirme ce que j'expliquais hier: le système éducatif inculque des "croyances", déforme.
Je suis assez d'accord, si "l'apprentissage de l'économie" commencant dès le collège serait l'occasion pour certains professeurs de présnter insidieusement leur idéologie de méfiance à l'égard de l'entreprise, je crains le pire.
En même temps, je pense qu'il ne faut pas surestimer l'impact de l'enseignement de l'économie (ou de l'histoire) sur les élèves.
Auquel cas, tout était réuni pour que je sois socialiste.
Pour commencer, il y a des profs libéraux (que je n'ai pas croisé) qui enseignent l'histoire ou l'économie et il semblerait que les jeunes prof soient plus pragmatiques et libéraux que leurs ainés.
Ensuite, les convictions politiques des parents a également un impact sur la pensée politique naissante des jeunes.
Mais là aussi, cela n'explique pas tout sinon je serais doublement socialiste.
L'environnement extérieur peut avoir également un rôle. J'ai vécu dans un milieu populaire (à Belleville dans le 19e à Paris et à Nanterre ensuite) et la cohabitation avec toutes les cultures était très enrichissante et foncionnait extremement bien. A priori, les grands principe énoncés par les socialistes pleins de bonne volonté ont toutes les chances de l'emporter (sur la tolérance ou la mixité par exemple, qu'ils n'appliquent pas toujours eux-même. Voir le fils de Royal et Hollande qui n'a finalement pas été au cours Florent parce qu'il avait déménagé dans le XIXe arrondissement, trop populaire. Autre débat!).
Mais ce qui a le plus compté pour moi, c'est ... ma curiosité et mon esprit logique. J'ai commencé à m'intéresser à l'économie en 3eme (l'élément déclencheur devait être le cours d'histoire, les succès passés de la France m'impressionnaient et je me suis demandé pourquoi ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. C'était le moment où j'étais devenu très fier de la France qui avait tant rayonné culturellement, puis économiquement).
J'ai commencé par changer de radio (de France Inter qu'écoutaient -et qu'écoutent toujours - mes parents à BFM) à lire des magazines (d'abord Alternatives économiques parce que le lycée était abonné puis Challenges -je m'y suis abonné). Mon esprit logique a fait le reste ; si on érige des barrières, des protections, même si elles sont légitimes, beaucoup plus importantes que les voisins, il ne faut pas s'étonner que les que les voisins s'en sortent mieux.
Par contre, c'est vrai que peu s'intéressent à l'économie au point de chercher d'autres sources d'infos que les profs, livre d'histoire ou d'éco ou alternatives économique quand ils vont jusque là.
Je suis maintenant très refroidis quant à mon patriotisme et toujours triste et désolé de voir la mentalité de certains qui refusent dogmatiquement les idées libérales.
Etant en 2e année d'école de commerce, je n'aurai aucune peine (si ce n'est les amis) à m'installer dans un autre pays (comme beaucoup de jeunes font d'ailleurs).
En même temps, je pense qu'il ne faut pas surestimer l'impact de l'enseignement de l'économie (ou de l'histoire) sur les élèves.
Auquel cas, tout était réuni pour que je sois socialiste.
Pour commencer, il y a des profs libéraux (que je n'ai pas croisé) qui enseignent l'histoire ou l'économie et il semblerait que les jeunes prof soient plus pragmatiques et libéraux que leurs ainés.
Ensuite, les convictions politiques des parents a également un impact sur la pensée politique naissante des jeunes.
Mais là aussi, cela n'explique pas tout sinon je serais doublement socialiste.
L'environnement extérieur peut avoir également un rôle. J'ai vécu dans un milieu populaire (à Belleville dans le 19e à Paris et à Nanterre ensuite) et la cohabitation avec toutes les cultures était très enrichissante et foncionnait extremement bien. A priori, les grands principe énoncés par les socialistes pleins de bonne volonté ont toutes les chances de l'emporter (sur la tolérance ou la mixité par exemple, qu'ils n'appliquent pas toujours eux-même. Voir le fils de Royal et Hollande qui n'a finalement pas été au cours Florent parce qu'il avait déménagé dans le XIXe arrondissement, trop populaire. Autre débat!).
Mais ce qui a le plus compté pour moi, c'est ... ma curiosité et mon esprit logique. J'ai commencé à m'intéresser à l'économie en 3eme (l'élément déclencheur devait être le cours d'histoire, les succès passés de la France m'impressionnaient et je me suis demandé pourquoi ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. C'était le moment où j'étais devenu très fier de la France qui avait tant rayonné culturellement, puis économiquement).
J'ai commencé par changer de radio (de France Inter qu'écoutaient -et qu'écoutent toujours - mes parents à BFM) à lire des magazines (d'abord Alternatives économiques parce que le lycée était abonné puis Challenges -je m'y suis abonné). Mon esprit logique a fait le reste ; si on érige des barrières, des protections, même si elles sont légitimes, beaucoup plus importantes que les voisins, il ne faut pas s'étonner que les que les voisins s'en sortent mieux.
Par contre, c'est vrai que peu s'intéressent à l'économie au point de chercher d'autres sources d'infos que les profs, livre d'histoire ou d'éco ou alternatives économique quand ils vont jusque là.
Je suis maintenant très refroidis quant à mon patriotisme et toujours triste et désolé de voir la mentalité de certains qui refusent dogmatiquement les idées libérales.
Etant en 2e année d'école de commerce, je n'aurai aucune peine (si ce n'est les amis) à m'installer dans un autre pays (comme beaucoup de jeunes font d'ailleurs).
Pour être honnête, je ne crois pas un instant qu'une telle démarche serait utilie... en l'état actuel de décrépitude de notre système scolaire - du primaire au bac, voire plus loin! - je pense sincèrement que les priorités sont ailleurs! Tout d'abord, se débarrasser du "pédagogisme crypto-marxiste et bien pensant" ; ensuite remettre le goût de l'effort et le savoir en avant en montrant à quel point cela est nécessaire pour simplement comprendre le monde qui nous entoure... mais déjà, il faudrait rétablir un minimum l'orthographe qui fait défaut à tant de gens aujourd'hui... à tel point que certains messages sont quasi imcompréhensibles - je ne m'appelle pas Champollion!
Par ailleurs, il y a le nombre d'heures de cours qui pose problème : les élèves s'en plaignent déjà constamment... où pourrait-on caser de nouvelles heures quand on voit que certains élèves font des semaines de 30 heures et plus alors que nombre de travailleurs ne parviennent même pas à les atteindre en travaillant à temps partiel?
Dernier point : qui assurerait cet enseignement? Les crypto-marxistes qui sont légions à l'éducation nationale? un peu ironique, non? Et puis, comment pouvoir parler d'économie quand on n'a pour seule référence dans de très nombreux établissements ce super journal : "alternatives économiques" ?
Par ailleurs, il y a le nombre d'heures de cours qui pose problème : les élèves s'en plaignent déjà constamment... où pourrait-on caser de nouvelles heures quand on voit que certains élèves font des semaines de 30 heures et plus alors que nombre de travailleurs ne parviennent même pas à les atteindre en travaillant à temps partiel?
Dernier point : qui assurerait cet enseignement? Les crypto-marxistes qui sont légions à l'éducation nationale? un peu ironique, non? Et puis, comment pouvoir parler d'économie quand on n'a pour seule référence dans de très nombreux établissements ce super journal : "alternatives économiques" ?
Enseigner l'économie au Collège ? Ah non pitié. Trop risqué en l'état. Un peu de droit serait peut être plus "neutre".
Concernant Attila (Ouups !), il s'est libéré en vieillisant comme moi, comme vous, comme beaucoup.
Concernant Attila (Ouups !), il s'est libéré en vieillisant comme moi, comme vous, comme beaucoup.
Les lycéens surchargés avec 30 heures de cours par semaine, cela me laisse rêveur.
Lorsque j'étais au lycée pour préparer un bac technique, nous avions 43 heures de cours par semaine (inclus les examens blanc) et moins de vacances qu'aujourd'hui. C'était déjà plus que la durée du légale du travail de l'époque (40 heures).
Habitant loin du lycée je quittais mon domicile à 7 heures du matin pour y revenir à 19 heures y compris le samedi.
Les heures de cours à cette époque duraient 60 minutes !
Les devoirs étaient faits le soir, le jeudi après midi et le dimanche.
Cette période n'a jamais été le bagne, car mon but était de progresser socialement. Travailler pour obtenir des diplômes était le meilleur moyen d'y réussir.
Quand les élèves comprendront-ils qu'ils travaillent pour eux et leur avenir ?
Lorsque j'étais au lycée pour préparer un bac technique, nous avions 43 heures de cours par semaine (inclus les examens blanc) et moins de vacances qu'aujourd'hui. C'était déjà plus que la durée du légale du travail de l'époque (40 heures).
Habitant loin du lycée je quittais mon domicile à 7 heures du matin pour y revenir à 19 heures y compris le samedi.
Les heures de cours à cette époque duraient 60 minutes !
Les devoirs étaient faits le soir, le jeudi après midi et le dimanche.
Cette période n'a jamais été le bagne, car mon but était de progresser socialement. Travailler pour obtenir des diplômes était le meilleur moyen d'y réussir.
Quand les élèves comprendront-ils qu'ils travaillent pour eux et leur avenir ?
Rôôô, vous n'êtes pas Professeur des Universités? Ralala, je suis très déçu. Ca va pas du tout. Je suis pas sûr que je vais continuer à lire ce blog.
Faudrait peut-être que je révise Alternatives Economiques... un peu de Bourdieu par là-dessus... une tartine de Monde diplo avant le coucher...
Faudrait peut-être que je révise Alternatives Economiques... un peu de Bourdieu par là-dessus... une tartine de Monde diplo avant le coucher...
Je me rappelle avoir eu au Lycee un cours d'IES (Initiation Economique et Sociale). Le prof etait tres fier de nous montrer comment il avait reussi a interrompre une seance de la bourse de Paris en short et T-shirt, avec des banderolles contre le mechant capitalisme qui tue tout le monde.
Durant ces cours, il nous expliquait comment "decrypter" les journeaux, lire entre les lignes, car bien sur tout est pilote par les mechants capitalistes, et il faut cultiver sa paranoia.
Il faut interdire l'enseignement de l'economie aux professeurs du public. L'economie doit etre enseignee uniquement par des intervenants du prive.
Durant ces cours, il nous expliquait comment "decrypter" les journeaux, lire entre les lignes, car bien sur tout est pilote par les mechants capitalistes, et il faut cultiver sa paranoia.
Il faut interdire l'enseignement de l'economie aux professeurs du public. L'economie doit etre enseignee uniquement par des intervenants du prive.
Enseigner l'économie, cela ne veut rien dire. Cela dépend de qui enseigne et quoi. Si c'est Rocard ou Jospin on voit où ça mène.
La difficulté est même encore plus grande et plus profonde.
Sur le plan théorique voir ci-dessous un commentaire qui dormait dans un brouillon (à propos d'équilibre et évolution.)
Sur le plan de l'histoire de l'économie qui comprend l'histoire toute récente, statistiques, analyses et autres, voir le post de Quimboiseur (Bové, OGM) qui montre comment on se fait un bagage à partir d'anecdotes et de slogans bien choisis. Il ne lui vient d'ailleurs même pas à l'esprit qu'il fournit les éléments de réfutation de ses arguments.
L'Éducation Nationale n'enseignant pas l'esprit critique, à juste titre d'ailleurs car ce serait sa mort : Comment concevoir qu'un système aussi vaste, centralisé, rigide puisse être efficace? il est inutile d'insister plus qu'aujourd'hui sur ces enseignements de "sciences molles". Le dommage présent est déjà assez grand.
commentaire :
"A propos du "jargon de spécialistes" : je pense qu'il est absolument nécessaire dès que l'on prétend aborder des questions complexes" dit daredevil2007
À condition qu'il ne masque pas des idioties. Ce qui est souvent le cas dans les sciences "molles".
Quand on décortique le jargon complexe des "sciences molles" on le voit grouiller de vermine intellectuelle.
Un petit exercice.
On démontre et on enseigne aux étudiants débutants en économie que "le taux marginal de substitution est égal, à l'équilibre, au rapport des prix." (textuellement dans le manuel)
Qu'est ce que cela veut dire?
Le taux marginal de substitution est le rapport des quantités de deux biens que l'on peut échanger tout en conservant la même satisfaction. Et ce rapport est égal à celui des prix correspondants des biens en question.
Or la satisfaction est subjective. Seule une personne donnée peut savoir si elle est satisfaite ou non de manger des fraises ou des pieds de porc, d'utiliser des béquilles ou une planche à voile.
Les prix eux sont objectifs. Tout un chacun peut les observer de la même façon.
On a tout bonnement démontré qu'à l'équilibre les goûts sont les mêmes pour tous et que l'on peut les chiffrer à l'aide des prix.
Derrière celà il y a des hypothèses : existence de courbes d'indifférence, continuité, dérivabilité. (Si vous rencontrez un jour une courbe d'indifférence, de surcroit continue et dérivable, faites vous photographier avec car elles sont plus élusives que le monstre du Loch Ness. Pour ceux qui croient à leur existence, faites l'expérience suivante : tracez vos courbes d'indifférence et tous les matins tirez au hasard sur celles ci vos points de fonctionnement de la journée : quantité de béquilles et de planche à voile, de fraises et de pieds de porc...)
Il y a quand même un tout petit détail supplémentaire. le couple "marginal" et "continu" veut dire qu'il s'agit de quantités très petites qu'on ne peut voir à l'oeil nu.
Bonjour la réalité!
On peut recommencer l'exercice avec d'autres notions et d'autres résultats. "L'équilibre", la "concurrence pure et parfaite" sont de magnifiques candidats.
Les jargonneurs complexes peuvent remarquer en grattant un peu que les notions "TMS.. et prix" (ci-dessus), "concurrence pure et parfaite", "équilibre" ne sont pas seulement incohérentes vis-à-vis de la réalité, mais aussi en interne vis-à-vis d'autres notions et résultats en économie néoclassique.
Il a plein d'autres exemples de ce type dans les modules théoriques et les modèles mathématiques créés par des économistes néo-classiques : mathématiciens, modernes, orthodoxes. Le flou du jargon leur est nécessaire pour en masquer l'absurdité et continuer leurs calculs mathématiques idiots et hors de propos mais qui impressionnent les profanes.
Donc pas de complexe automatique vis à vis des jargonneurs. Il faut demander à voir. Très peu méritent d'être vus.
La situation est la même dans les sciences sociales. Les pratiquants sont protégés par le temps qu'il faut au profane pour comprendre et décortiquer leur jargon. De plus quand ils s'adressent au grand public, ils manipulent comme des marxistes. Les mots qu'ils emploient ayant souvent plusieurs sens, ils utilisent les sens qui leur conviennent selon les situations.
JLC est un des rares économistes qui se soucie d'une cohérence avec la réalité. Les autres sont des acrobates intellectuels. Tant qu'ils restent dans leur cage, qu'on va les admirer et leur jeter des cacahuètes, on peut vivre avec. Quand ils font des recommandations pour dire ce que nous devons faire et quels sont les réglements auxquels il faut nous astreindre, qu'ils deviennent ministres et premiers ministres (Chercher dans les formations initiales d'iceux surtout parmi les socialistes de gauche), bonjour les dégâts.
Un excellent texte, JLC, mais il est quasiment impossible d'expliquer certaines choses que beaucoup seraient capables de comprendre sans leur demander de passer sur le sujet beaucoup de temps, un temps qu'ils n'ont pas.
Il est bon de se rappeler et de garder en tête ces paroles de Hayek : “De temps en temps, il est probablement nécessaire de prendre du recul par rapport aux techniques utilisées pour traiter le sujet et de se demander tout naïvement de quoi s'agit-t-il:” (Dans le texte : « [F]rom time to time it is probably necessary to detach oneself from the technicalities of the argument and to ask quite naively what it is all about.» )
La difficulté est même encore plus grande et plus profonde.
Sur le plan théorique voir ci-dessous un commentaire qui dormait dans un brouillon (à propos d'équilibre et évolution.)
Sur le plan de l'histoire de l'économie qui comprend l'histoire toute récente, statistiques, analyses et autres, voir le post de Quimboiseur (Bové, OGM) qui montre comment on se fait un bagage à partir d'anecdotes et de slogans bien choisis. Il ne lui vient d'ailleurs même pas à l'esprit qu'il fournit les éléments de réfutation de ses arguments.
L'Éducation Nationale n'enseignant pas l'esprit critique, à juste titre d'ailleurs car ce serait sa mort : Comment concevoir qu'un système aussi vaste, centralisé, rigide puisse être efficace? il est inutile d'insister plus qu'aujourd'hui sur ces enseignements de "sciences molles". Le dommage présent est déjà assez grand.
commentaire :
"A propos du "jargon de spécialistes" : je pense qu'il est absolument nécessaire dès que l'on prétend aborder des questions complexes" dit daredevil2007
À condition qu'il ne masque pas des idioties. Ce qui est souvent le cas dans les sciences "molles".
Quand on décortique le jargon complexe des "sciences molles" on le voit grouiller de vermine intellectuelle.
Un petit exercice.
On démontre et on enseigne aux étudiants débutants en économie que "le taux marginal de substitution est égal, à l'équilibre, au rapport des prix." (textuellement dans le manuel)
Qu'est ce que cela veut dire?
Le taux marginal de substitution est le rapport des quantités de deux biens que l'on peut échanger tout en conservant la même satisfaction. Et ce rapport est égal à celui des prix correspondants des biens en question.
Or la satisfaction est subjective. Seule une personne donnée peut savoir si elle est satisfaite ou non de manger des fraises ou des pieds de porc, d'utiliser des béquilles ou une planche à voile.
Les prix eux sont objectifs. Tout un chacun peut les observer de la même façon.
On a tout bonnement démontré qu'à l'équilibre les goûts sont les mêmes pour tous et que l'on peut les chiffrer à l'aide des prix.
Derrière celà il y a des hypothèses : existence de courbes d'indifférence, continuité, dérivabilité. (Si vous rencontrez un jour une courbe d'indifférence, de surcroit continue et dérivable, faites vous photographier avec car elles sont plus élusives que le monstre du Loch Ness. Pour ceux qui croient à leur existence, faites l'expérience suivante : tracez vos courbes d'indifférence et tous les matins tirez au hasard sur celles ci vos points de fonctionnement de la journée : quantité de béquilles et de planche à voile, de fraises et de pieds de porc...)
Il y a quand même un tout petit détail supplémentaire. le couple "marginal" et "continu" veut dire qu'il s'agit de quantités très petites qu'on ne peut voir à l'oeil nu.
Bonjour la réalité!
On peut recommencer l'exercice avec d'autres notions et d'autres résultats. "L'équilibre", la "concurrence pure et parfaite" sont de magnifiques candidats.
Les jargonneurs complexes peuvent remarquer en grattant un peu que les notions "TMS.. et prix" (ci-dessus), "concurrence pure et parfaite", "équilibre" ne sont pas seulement incohérentes vis-à-vis de la réalité, mais aussi en interne vis-à-vis d'autres notions et résultats en économie néoclassique.
Il a plein d'autres exemples de ce type dans les modules théoriques et les modèles mathématiques créés par des économistes néo-classiques : mathématiciens, modernes, orthodoxes. Le flou du jargon leur est nécessaire pour en masquer l'absurdité et continuer leurs calculs mathématiques idiots et hors de propos mais qui impressionnent les profanes.
Donc pas de complexe automatique vis à vis des jargonneurs. Il faut demander à voir. Très peu méritent d'être vus.
La situation est la même dans les sciences sociales. Les pratiquants sont protégés par le temps qu'il faut au profane pour comprendre et décortiquer leur jargon. De plus quand ils s'adressent au grand public, ils manipulent comme des marxistes. Les mots qu'ils emploient ayant souvent plusieurs sens, ils utilisent les sens qui leur conviennent selon les situations.
JLC est un des rares économistes qui se soucie d'une cohérence avec la réalité. Les autres sont des acrobates intellectuels. Tant qu'ils restent dans leur cage, qu'on va les admirer et leur jeter des cacahuètes, on peut vivre avec. Quand ils font des recommandations pour dire ce que nous devons faire et quels sont les réglements auxquels il faut nous astreindre, qu'ils deviennent ministres et premiers ministres (Chercher dans les formations initiales d'iceux surtout parmi les socialistes de gauche), bonjour les dégâts.
Un excellent texte, JLC, mais il est quasiment impossible d'expliquer certaines choses que beaucoup seraient capables de comprendre sans leur demander de passer sur le sujet beaucoup de temps, un temps qu'ils n'ont pas.
Il est bon de se rappeler et de garder en tête ces paroles de Hayek : “De temps en temps, il est probablement nécessaire de prendre du recul par rapport aux techniques utilisées pour traiter le sujet et de se demander tout naïvement de quoi s'agit-t-il:” (Dans le texte : « [F]rom time to time it is probably necessary to detach oneself from the technicalities of the argument and to ask quite naively what it is all about.» )
Bonjour à tous,
venez découvrir mon blog économique et boursier sur :
http://mesvaleurs.blog.capital.fr
A+
venez découvrir mon blog économique et boursier sur :
http://mesvaleurs.blog.capital.fr
A+
M.Caccomo ne sait même pas de quoi il parle.
Et les commentateurs non plus puisqu'ils s'appuient sur de vagues souvenirs de lycée, période où l'affectif l'emporte sur la raison.
je suis prof de SES au lycée et je peux vous dire que l'on est bien plus professionnel que ça.
En bref, il faudrait peut-être arrêter de nous prendre pour des cons.
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Et les commentateurs non plus puisqu'ils s'appuient sur de vagues souvenirs de lycée, période où l'affectif l'emporte sur la raison.
je suis prof de SES au lycée et je peux vous dire que l'on est bien plus professionnel que ça.
En bref, il faudrait peut-être arrêter de nous prendre pour des cons.
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