2008-01-09

 

On croit avoir tout vu...

J’ai fait passer mardi matin quelques oraux pour des étudiants de licence 3 (Bac + 3) dont j’aurai la décence de taire les noms. Après une série de déceptions, alors que je barrais les noms des incontournables étudiants inscrits qui ne se présentent jamais aux examens, je découvre le visage d’une étudiante que je n’avais jamais vu en cours. Comme je lui fais la réflexion, elle m’explique qu’elle est salariée, qu’elle vient de Paris et que ses horaires ne lui permettaient pas d’assister à mes cours. Soit ! Etant inscrite comme une étudiante comme les autres, je lui demande de se plier au même rituel que les autres, et de composer à partir du sujet.
Cela partait très bien lorsqu’elle m’annonça, avec éclat et non sans une certaine classe, qu’elle allait traiter le sujet (qui était une question très précise longuement abordée dans mes cours) en trois parties. Et puis, son discours dégénéra immédiatement en hors-sujet pompeux, en bla-bla savant sans rapport aucun avec la question initiale. Manifestement, elle ne connaissait pas le cours.
N’en pouvant plus, je lui demande d’arrêter de se fourvoyer et de se recentrer sur la question initiale. A ce moment, elle s’emporte en m’expliquant qu’elle venait de Paris, qu’elle était inscrite à Paris XIII, qu’elle avait donc largement le niveau (sic !) mais qu’elle n’avait pas pu récupérer le cours. D’ailleurs, elle ne connaissait pas le programme. Pour conclure, elle me demande de décliner…mon identité !! Je suis resté quelques secondes sans voix, comme désarmé devant tant de candeur. Moi qui croyais avoir tout vu. Mais ce qui fait la beauté de mon métier, c’est qu’il me réserve tant de surprise.

Je lui demandais poliment de quitter la salle en tentant malgré tout de lui prodiguer quelques conseils, de professeur à étudiante. Mais elle ne me laissait pas terminer la moindre phrase. J’avais devant moi une étudiante qui ne vient pas en cours, qui se présente à l’examen sans avoir pris connaissance du programme, qui de surcroit ne connait même pas le nom de son professeur, et la voilà qui trouve le moyen de s’emporter quand je tente de lui expliquer que son attitude est pour le moins surprenante. C’est pourtant bien moi qui perdais mon temps…et qui avait plus d’une raison de me mettre en colère. (A vrai dire, j’étais intérieurement furieux étant donné le temps que j’avais passé à tenter de formuler des sujets dignes d’intérêt).
Les étudiants sérieux ne posent jamais de problème. On ne les entend jamais, ils se plaignent peu et ont toujours d’excellentes notes. Les autres devraient être normalement éliminés. Mais voilà, la sélection est interdite à l’université. Pourtant, je commence à en avoir marre de ces « étudiants qui n’étudient jamais », flânant toute la journée sur le campus ou à la cafétéria, trop souvent imbus et prétentieux, sûrs d’être surdoués et déjà pétris de certitudes au point qu’ils ne ressentent jamais le besoin de lire aucun livre, qui ne supportent aucune critique et ne tiennent compte d’aucun conseil. S’ils savent déjà tout, qu’ils aillent travailler et cessent d’encombrer les bancs de nos universités.
Quand je pense à tous les boulots que j’ai dû faire le soir dans les restaurants ou chaque été à l’usine ou dans les distilleries de lavande de Provence, pour me payer mes trop longues études, pour acheter mes livres et mes journaux, pour acquérir le premier microordinateur (le premier Macintosh SE à l’époque m’a coûté deux années de crédit). Mais les études m’ont permis d’accéder à un monde qui me paraissait tellement inaccessible d’où je venais. C’est pourtant le prix à payer si l’on veut évoluer. J’assistai à tous mes cours ; je prenais scrupuleusement des notes ; je passais mes examens en ne me donnant aucune seconde chance : je devais réussir (je n’avais pas envie de refaire un été à l’usine pour rien). Jamais je n’ai manqué de respect à mes professeurs même si, souvent, je n’étais pas toujours en accord avec leur méthode ou avec leurs idées. C’était il y a 20 ans. Est-ce si loin de nous ? Les mentalités ont-elles à ce point changé ?
Qu’on le veuille ou non, c’est un manque de respect de se présenter à un examen que l’on ne se donne même pas la peine de préparer ; c’est aussi un manque de respect de ne pas se présenter aux examens alors que l’on prétend être un étudiant en s’inscrivant à l’université. Et le respect est aussi une marque d’intelligence, d’élégance de l’esprit.

Comments:
Ce que vous décrivez c'est le processus d'africanisation des esprits avec son cortège d'irrationnalité et son manque de self-control.

A force de voir des gens qui n'ont aucun droit se plaindre et obtenir tout, meme ce qu'ils n'ont pas le droit d'avoir, les gens ont fini par comprendre qu'ils suffit de se lever et de gueuler, de crier à l'injustice pour obtenir n'importe quoi.

Lisez un peu cet article http://www.afrik.com/article13329.html

et regardez l'applomb de cette victime... moi je dis chapeau !

Car pour moi quand on est dans l'illégalité, quand on se fait prendre, on sait qu'on est foutu... Lui crie à l'injustice...
 
Mais pourquoi vous étonner de ceci? Vous savez bien que notre belle socciété n'est faite que de droits... le mot "devoir" en est banni ; et puis, au fond, à quoi sert le savoir... sinon à permettre à l'esprit critique d'éclore... mais, au fait : nos élites si généreuses, si solidaires quand il s'agit du portefeuille du voisin, souhaitent-elles que la plèbe accède au savoir et acquiert cet esprit-là?
 
Puisque vous avez réussi à conserver votre sang-froid devant une telle manifestation d'arrogance et d'imbécilité, je vous tire mon chapeau!
Je suis sûr que je n'aurais pas eu votre patience, sauf à ne voir dans mon interlocuteur qu'un "petit con" prétentieux.
Je redoute juste de ne pouvoir me retenir de lui lancer cette remarque à la figure.
Devoir, travail, labeur, responsabilité, des gros mots avant de devenir des chefs-d'oeuvre en péril.

Cordialement
 
Ce n'est pas en classes prépa qu'on verrait ça !

C'est d'ailleurs pour cela que nos élites (et les autres qui peuvent,)y mettent, à juste raison, leurs gosses.

Ainsi, elles peuvent se payer à bon compte la démagogie la plus honteuse sur le dos des universités puisque de toute façon ni eux ni leur progéniture ne l'ont fréquenté ni ne la fréquenteront.
 
Oui Daredevil2007,
je m'étonne encore. remarquons que ceux-là ont la critique facile sans avoir la connaissance. Donc aujourd'hui, l'esprit-critique est inversement proportionnelle au niveau de connaissance. D'ailleurs, moins on connait l'économie, mais plus on la critiquera. La vraie critique implique en effet de connaitre. Or, tout au long de sa vie, on en finit jamais d'apprendre...
 
Cher collègue, votre histoire n’a rien d’étonnant Hélas !. Quand je parle de l’humanisme chrétien de la Renaissance, de Pico della Mirandola, des racines chrétiennes de la démocratie, de Francisco de Vitoira –père du droit internationale et précurseur des droits de l’homme- ou des mystiques espagnols du XVIIème on se moque de moi, on ne m’écoute plus… et les étudiants sont là pour connaître l’histoire et la culture des pays de la langue qu’ils disent aimer tant !
Le problème est qu’ils savent que sans eux la machine ne tourne pas. Il faut des gens pour que les filières restent ouvertes, des gens pour remplir les groupes de l’année suivante, des thésards pour que les labos aient des crédits… Et le système est un rouage qui se met en marche tout seul et qui fonctionne tout seul. Attention à ne pas en sortir broyé !
 
Oui, pour critiquer il faut savoir. Pour savoir il faut écouter, admettre la parole de l'autre et être prêt à reviser ses "croyances". Nos étudiants ont un savoir fait de "croyances" que l'on a mises dans la tête et ils réfusent de les examiner. Votre étudiante était certaine que sons discours ferait l'affaire.
 
Ah! oui, mais vous comprenez, c'est un droit de l'homme, d'avoir un diplôme.

En plus, elle travaille, ce qui est une immense faveur qu'elle fait à la collectivité, donc faudrait voir à lui filer ses droits vite fait.

Vous seriez pas un peu sexiste, par hasard? Mmmh?
 
"Le tact dans l'audace c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin." Jean Cocteau
.
 
On aura tout vu (2ème épisode). Celle-là, vous l'avez vue ?
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AFP le 09/01/2008 21h04

Sarkozy souhaite réserver un tiers des profits des entreprises aux salariés

Nicolas Sarkozy, lors de ses voeux aux parlementaires à l'Elysée, le 9 janvier 2008
© AFP Eric Feferberg

Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi souhaiter qu'"un tiers" des profits des entreprises soit réservé aux salariés, les mêmes proportions allant aux actionnaires d'une part et à l'investissement d'autre part, assurant qu'il ne "se désintéresse" pas du thème du pouvoir d'achat.

"Un système où sur les profits des entreprises, il y aurait un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés et un tiers pour l'investissement, c'est un système, permettez-moi de le dire, qui aurait une certaine cohérence et une certaine logique", a déclaré le chef de l'Etat dans ses voeux aux parlementaires à l'Elysée.

"Ceux qui trouveront que c'est trop, ils devront dire pour qui c'est trop, et surtout pourquoi", a-t-il ajouté.

M. Sarkozy s'est défendu d'avoir laissé de côté la question du pouvoir d'achat lors de sa première conférence de presse à l'Elysée mardi, comme l'en accuse l'opposition.

"On peut être en désaccord avec nos propositions, on peut les critiquer, on peut les combattre, on peut même les trouver insuffisantes, mais prétendre qu'on se désintéresse du pouvoir d'achat, c'est un mensonge qui abaisse le débat politique sans servir en bien ceux qui s'y laissent aller", a-t-il dit.

"Dire que le partage des profits ça n'a rien à voir avec le pouvoir d'achat, dire qu'une révolution aussi profonde que celle que j'ai proposée en matière de partage des résultats ce n'est pas important pour le pouvoir d'achat, c'est se moquer du monde", a-t-il affirmé.

Pour lui, "les 35 heures ont évidemment un rapport avec le pouvoir d'achat, puisque c'est une vérité d'évidence de dire" que les 35 heures "ont été financées par le frein à tout crin sur l'augmentation des salaires".

"J'ai proposé sur cette question du pouvoir d'achat une véritable révolution sur la participation et l'intéressement", a-t-il ajouté, rappelant l'"objectif" de "les étendre à toutes les entreprises" et "le doublement, voire le triplement de la réserve de participation" qu'il a proposés la veille.
 
Cette aberration a déjà été évoquée par le sieur Sénateur Raffarin dont la compétence en creusement des déficits nationaux est indiscutable :

http://jspartacus.blogspot.com/2007/12/
raffarin-sur-bfm-tv.html

Pour moi c'est simple et nous le savons tous une telle recommandation (parce qu'elle est absurde) deviendra très vite une loi.
Et se sera pire que les 35 heures !

Bien sûr, toujours pas de réduction des dépenses de l'Etat !
 
Hahaha, Quimboiseur, ça c'est vraiment très drôle:

"Demba Dianka se dit profondément heurté par l’attitude de son agence. « J’ai payé mes faux papiers 3 000 euros, c’est très cher. J’ai travaillé quatre ans avec ça, sans jamais avoir de problèmes. Je gagne ma vie, je paye mes impôts. Tout ça vraiment me dépasse », précise t-il."

Le coup d'après, vous allez voir que ce "militant d'un collectif de sans-papiers" va exiger une allocation de l'Etat pour couvrir les 3 000 euros de sa fausse carte de séjour, parce que c'est quand même très cher, c'est une intolérable injustice sociale.

A irrationalité et manque de self-control, j'ajouterais culot monstre, tout de même.
 
Après son intervention devant les parlementaires du 9 janvier 2007, il n'aura pas fallu longtemps pour s'apercevoir ce qu'il y avait "chez Sarkozy" en ce qui concerne les 35h, malgré tous ceux qui prenaient leurs désirs pour des réalités.

Mais sur d'autres plans comme ses "rattrapages" en ce qui concerne le pouvoir d'achat des français sur lequel sa conférence de presse aurait été "mauvaise", montrent s'il en était besoin non seulement son manque évident de culture économique, mais aussi son "indigence" intellectuelle.

Et cela nous arrive au moment où son ancienne épouse, Cécilia nous parle de l'homme qu'est Sarkozy. Cela fait vraiment beaucoup de choses à mettre au passif du bonhomme après moins d'un an de "pouvoir" et confirme mon sentiment que ce sera le plus mauvais président de la Vème République que nous aurons eu jusqu'à ce jour.

La "descente" dans l'entonnoir s'accélère et il essaye avec des mots de colmater tous les travers de sa "politique" virtuelle et de ce fait ces gesticulations montrent s'il en était besoin à de plus en plus de français qu'ils n'ont élu qu'un pantin.

Mais comme le dit son ancienne épouse son premier défaut (qualité) c'est d'être orgueilleux. Et dans ces conditions, devant toutes les contradictions qu'il profère et son incapacité manifeste à remplir son rôle de Chef de l'Etat, il ne pourra tenir 5 ans.

Je pense donc qu'il démissionnera avant la fin de son mandat. Les français en tireront-ils les leçons et continueront-ils à privilégier dans leurs votes le meilleur bateleur ? En tout cas ce sera une bonne leçon qui est en train de leur être donnée.
 
Cher Jean-Louis, je ne vous connais pas personnellement, mais j'espère avoir l'immense plaisir de vous rencontrer un jour prochain, car vos chroniques pleines de bon sens rassurent l'individu également déconcerté et désarçonné que je suis face à la lente descente en enfer de notre pays (sans déclinisme aucun). Malgré l'adversité, continuons à diffuser "nos" valeurs salvatrices d'exigence, de rigueur, d'effort, de recherche d'excellence et d'efficacité, de liberté, de responsabilité et j'en passe. Même si le combat est rude actuellement pour les résistants à la chienlit, il faut absolument continuer à déranger les nombreux candidats à la pitance de l'Etat nounou (diplômes donnés, aides, allocations et subventions faciles, faux droits distribués à la pelle, leurre de la gratuité généralisée, pouvoir d'achat décrété, etc).
 
Si cela peut vous rassurer, bien que cela ne soit pas très rassurant, il semblerait que cette détérioration du niveau des étudiants est un phénomène commun dans les pays occidentaux.
Après avoir expérimenté les milieux académiques Américains et Canadiens (qui sont connus pour être majoritairement de gauche), je pense pouvoir affirmer que les "jeunes" aujourd'hui pensent que le savoir et les compétences viennent automatiquement avec le diplôme. Bien que la situation ne me semble pas aussi dramatique en Amérique du Nord, il y a nombre d'étudiants qui ne travaillent jamais, ne révisent pas leurs examens, ne montrent aucun respect aux enseignant (arrivent en retard aux examens, ne sont pas préparés...). Malgré cela, on entend certains enseignants les défendre contre vents et marées, car ces étudiants auront toujours de bonnes excuses... Il apparaît donc que cette tendance, très occidentale, soit très commune en milieu académique. Même si cela dévalue grandement la valeur des diplômes, les étudiants sérieux savent que ceux qui attendent qu'on leur "donne" un diplôme, auront peut-être la même éducation sur le papier, mais ceux-là ne trouveront pas de jobs, maigre consolation.
Le seul moyen de se démarquer des étudiants médiocres est de travailler en vue d'avoir des résultats impeccable et essayer de mettre un pied dans le monde du travail au plus tôt, pour accumuler les expériences et être mieux armé pour affronter la concurrence au sortir des études.
 
Mais pourquoi parler autant des diplomes ? Moi mon diplome il ne m'a servie qu'une seule fois, c'était pour décrocher mon premier job. Ensuite c'est le CV qui parle et les differentes expériences.

Meme si les diplomes sont dévalués, ensuite vient la réalité du monde du travail et sa dure loi impitoyable. Tous ceux qui auront eu des diplomes bradés seront soient incapable de faire leur boulot, soit cantonner à des carrières minables...

Alors pourquoi vous plaignez vous ? Au contraire il faut rire et s'amuser de cet état de fait !

Car les gauchistes a trop vouloir bien faire, à trop vouloir protéger, ils ne font qu'exposer les jeunes à des périls bien plus grands et durs.

Et finalement un peu de souffrance pour se forger un caractère et une carapace aurait été la meilleure formation pour affronter la vie, plutot qu'un beau coton moelleux et chaud préparé avec soin par la gauche pour ensuite se heurter à la dure réalité de la vie !

Car dans la vie, c'est chacun pour sa gueule !
 
Et si les diplômes et les concours d'entrées ne servaient qu'à interdire d'Université tous ceux qui n'ont rien à y faire avaient le mérite de :
- éviter que la collectivité leur paye des études inutiles, faisant réaliser des économies considérables aux universités,
- éviter que ces gens là, de plus, empêchent les vrais étudiants de travailler,
- valoriser et désigner aux yeux de la collectivités ceux qui ont réellement étudié,

cela ne serait déjà pas mal et serait bien plus juste.
 
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