2008-01-16
Principes d'économie de la santé *
Les constructeurs automobiles ou informatiques se féliciteraient probablement de l’envolée des dépenses des ménages dans l’automobile ou dans les ordinateurs. Pourtant, cette inflation structurelle des dépenses de santé (médicaments, hospitalisation) devient un problème dans le domaine de la santé. D’où vient que la progression des achats dans un secteur est source de croissance alors même qu’elle est problématique dans un autre secteur ? C’est que, dans le secteur purement marchand, la dépense est privée alors que dans le secteur de la santé, elle est collectivisée. Ainsi quand la dépense est financée par celui qui consomme, les ménages n’achètent que s’ils ont les moyens d’acheter, respectant cette maudite contrainte budgétaire abondamment étudiée dans les cours de microéconomie sur les bancs des facultés de sciences économiques. Autrement dit, le ménage est rationnel, qu’il le veuille ou non. Mais quand il peut faire financer sa dépense par les autres, alors cette contrainte disparait au niveau individuel et la dépense explose, dépassant toujours les moyens disponibles. Le ménage est encore rationnel puisqu’il cherche à profiter d’un système qui incite à adopter de tels comportements qu’il est bien difficile de réprimer par la suite.Certes, la prise en charge collective des dépenses de santé part du principe que la « santé n’est pas une marchandise comme les autres ». Dans cette optique, tout le monde devrait donc pouvoir avoir accès aux services de soins sans exclusive. Il est vrai que l’existence de prix implique des mécanismes d’exclusion dans le sens où le pouvoir d’achat découle d’abord d’un pouvoir de production qui implique de mettre un prix aux biens et services en rémunérant les facteurs de production à leur productivité.
Pour la plupart des économistes, ces mécanismes de marché sont d’ailleurs de puissants régulateurs de sorte que s’y soustraire conduit souvent à des situations de déséquilibres structurels difficilement rattrapables (comme les excédents agricoles liés à la politique agricole commune qui garantit des prix planchers). En effet, avant de pouvoir consommer une richesse (ce qui alimente la demande), il faut la produire en quantités suffisantes (ce qui alimente l’offre). De ce point de vue, les prix constituent de puissants stimulants de l’offre incitant les producteurs à mettre en place des capacités de production. Neutraliser ces mécanismes régulateurs implique de pouvoir en substituer de plus efficients. C’est tout l’enjeu des systèmes de santé en France, et plus largement dans tous les pays.
Pour la plupart des spécialistes, la dérive des dépenses de santé justifie la régulation tarifaire des médicaments et l’encadrement des professions de santé. C’est d’ailleurs la position dominante en France où l’on peine à admettre que le régulateur puisse être à l’origine des dysfonctionnements, au nom d’une vision angélique de l’Etat-Providence qui a pourtant montré ses limites dans la plupart des pays en croissance. Car ne peut-on pas constater que c’est justement dans le pays où les régulations administratives sont les plus contraignantes que les dérapages financiers sont les plus importants et les capacités innovatrices du secteur les plus amoindries ?
Il est vrai que, dans certains champs de la théorie économique parmi les plus aboutis sur le plan de la technique mathématique, les auteurs tendent à mettre en scène un planificateur bienveillant qui disposerait du modèle économique du monde ainsi que de toutes les informations qui échappent aux acteurs purement privés (notamment l'information sur les vrais coûts de la recherche pharmaceutique, sur la valeur d'une journée de travail d'un praticien). Postuler qu’un tel régulateur existe dans le modèle ne permet pas de conclure, en s’appuyant sur la démonstration et les résultats issus de tels modèles, que le régulateur institutionnel tel qu’il est pensé en France joue un tel rôle. Il y a même de fortes chances qu’un tel agent n’existe nullement dans la réalité. Et c’est probablement parce qu’il est impossible de rassembler de telles informations dans les mains d’un seul agent que les marchés existent.
Non seulement, les marchés permettent de générer l’information qu’aucun planificateur n’est en mesure de centraliser, mais ils constituent de surcroit les principaux stimulants de l’innovation. Or c’est probablement l’encadrement administratif du secteur de la santé (mais on pourrait développer une analyse similaire dans le secteur du logement où les mêmes causes produisent les mêmes effets) qui est sur le point de détruire toute entreprise innovatrice en ce domaine dans notre pays. A cet égard, l’histoire du Dr Philippe MOURET, un chirurgien libéral, qui a réalisé la première cholécystectomie coelio (voir lien ci-dessus) est révélatrice. 20 ans plus tard, Philippe MOURET, ruiné en France, est parti travailler à l'étranger tandis que le matériel de coelio, conçu en France, nous est vendu par des entreprises américaines...
* avec la collaboration du Dr Guy-André Pelouze, chirurgien à l’hôpital de Perpignan, expert à l’institut Turgot sur les systèmes de santé. Pour en savoir plus, voir Soulas C. [2006] « Les classes thérapeutiques risquent-elles de tuer l’innovation pharmaceutique ? » Journal d’Economie Médicale, vol. 24, N° 6, pp. 307-321. Tanti-Hardouin N. [1994] Economie de la santé, Armand Colin, Paris.
Comments:
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« Quand le ménage peut faire financer sa dépense par les autres, alors la contrainte disparait au niveau individuel et la dépense explose, dépassant toujours les moyens disponibles »
Je suis d’accord avec vous pour tous les biens et services, j’ai cru lire quelque part que l’eau était gratuite à Cuba pendant une période et que le résultat fut que les cubains ne fermaient plus les robinets.
Hors pour la santé, on ne peut pas décider de la maladie que l’on va avoir et donc des dépenses que cela va entrainer. Le ménage ne choisit pas de se faire une chimiothérapie pour profiter du système. Il y a quand même un intermédiaire entre le ménage et cette source de soins financée collectivement, c’est le médecin et c’est lui et lui seul qui décide du traitement et donc des dépenses à engager pour soigner le patient.
La dépense explose parce que notre pays vieillit et qu’on ne peut pas maitriser à moins de dire à un moment stop on ne soigne plus. Comme ce vieux fermier qui refusait de subir une opération pour que ses enfants puissent se faire construire une grange.
Je suis d’accord avec vous pour tous les biens et services, j’ai cru lire quelque part que l’eau était gratuite à Cuba pendant une période et que le résultat fut que les cubains ne fermaient plus les robinets.
Hors pour la santé, on ne peut pas décider de la maladie que l’on va avoir et donc des dépenses que cela va entrainer. Le ménage ne choisit pas de se faire une chimiothérapie pour profiter du système. Il y a quand même un intermédiaire entre le ménage et cette source de soins financée collectivement, c’est le médecin et c’est lui et lui seul qui décide du traitement et donc des dépenses à engager pour soigner le patient.
La dépense explose parce que notre pays vieillit et qu’on ne peut pas maitriser à moins de dire à un moment stop on ne soigne plus. Comme ce vieux fermier qui refusait de subir une opération pour que ses enfants puissent se faire construire une grange.
Non, la dépense explose parce que PERSONNE dans le système ne fait d'économie et que nous sommes TOUS responsables.
1/ L'Etat exonère de cotisations quantité de catégories, réduisant d'autant les revenus des caisses.
2/ L'Etat ne paie pas ses cotisations sociales ce qui entraîne des frais supplémentaires d'emprunts pour les caisses.
3/ Les malades consultent les médecins pour le moindre bobo qunad ce ne sont pas les urgences, et stockent des médicaments qui ne sont pas utilisés. Ceci est en plus aggravé par un conditionnement inadapté des médicaments.
4/ L'auto-médication est quasiment impossible (Les médicaments efficaces sont délivrés sur ordonnance)
5/ Pas de concurrence entre les pharmacies dont la réprtition su rle territoire est contrôlée par l'Etat.
6/ Pas de médicaments en Grandes Surfaces.
7/ Nouvelles spécialités pharmaceutiques sans nouvelles molécules, mais plus chères.
8/ Laxisme des médecins, qui rédigent des ordonnances sous la dictée des malades.
9/ Jeu de ping-pong des médecins qui se renvoient les patients inutilement.
10/ Le plus grave : la très mauvaise gestion de l'hôpital.
11/ Fraudes de certains malades, médecins, pharmaciens et hôpitaux.
12/ La mauvaise gestion de l'Assurance Maladie, multiplicité des structures, des personnels et informatique inefficace.
13/ La CNIL qui sous prétexte de libertés individuelles interdit les rapprochements entre les fichiers des cotisants et des ayants-droit.
14/ Le législateur, qui ajoute de nouveaux dispositifs (Usines à gaz) toujours plus complexes, au point que plus personne ne comprend rien à rien, sauf les tricheurs ! Les frais administratifs et informatiques de tous les intervenants grimpent avec diminution de la produtivité.
15/ Le malade ne sait pas combien coûtent les soins à l'hôpital, les chiffres ne lui sont pas communiqués.
Avec très peu de recherche, il est possible de trouver encore des dizaines de causes de dérapage du système.
1/ L'Etat exonère de cotisations quantité de catégories, réduisant d'autant les revenus des caisses.
2/ L'Etat ne paie pas ses cotisations sociales ce qui entraîne des frais supplémentaires d'emprunts pour les caisses.
3/ Les malades consultent les médecins pour le moindre bobo qunad ce ne sont pas les urgences, et stockent des médicaments qui ne sont pas utilisés. Ceci est en plus aggravé par un conditionnement inadapté des médicaments.
4/ L'auto-médication est quasiment impossible (Les médicaments efficaces sont délivrés sur ordonnance)
5/ Pas de concurrence entre les pharmacies dont la réprtition su rle territoire est contrôlée par l'Etat.
6/ Pas de médicaments en Grandes Surfaces.
7/ Nouvelles spécialités pharmaceutiques sans nouvelles molécules, mais plus chères.
8/ Laxisme des médecins, qui rédigent des ordonnances sous la dictée des malades.
9/ Jeu de ping-pong des médecins qui se renvoient les patients inutilement.
10/ Le plus grave : la très mauvaise gestion de l'hôpital.
11/ Fraudes de certains malades, médecins, pharmaciens et hôpitaux.
12/ La mauvaise gestion de l'Assurance Maladie, multiplicité des structures, des personnels et informatique inefficace.
13/ La CNIL qui sous prétexte de libertés individuelles interdit les rapprochements entre les fichiers des cotisants et des ayants-droit.
14/ Le législateur, qui ajoute de nouveaux dispositifs (Usines à gaz) toujours plus complexes, au point que plus personne ne comprend rien à rien, sauf les tricheurs ! Les frais administratifs et informatiques de tous les intervenants grimpent avec diminution de la produtivité.
15/ Le malade ne sait pas combien coûtent les soins à l'hôpital, les chiffres ne lui sont pas communiqués.
Avec très peu de recherche, il est possible de trouver encore des dizaines de causes de dérapage du système.
D'où vient qu'on se félicite d'une hausse des ventes de voitures, mais qu'on s'afflige d'une hausse des dépenses de santé?
J'aime bien ce genre de questions à la con, qu'on ne se pose jamais, mais qui mettent en évidence des réalités manifestes dès lors qu'elles sont formulées.
En matière d'économie, la force des habitudes de pensée est extraordinaire. Des gens supérieurement intelligents ne voient pas l'éléphant qui est en face d'eux, parce qu'on leur a toujours expliqué que les éléphants n'existaient pas.
Autre question du même genre, inspirée par le bouquin de Vincent Bénard sur la crise du logement: comment se fait-il qu'on manque de logements en France, alors qu'il suffit de traverser le pays en train pour constater qu'il est essentiellement composé d'étendues inhabitées?
A chaque fois qu'une question à la con peut être posée sur un sujet polémique comme la santé ou le logement, cela signifie à coup sûr que le problème est mal posé; que le débat public se polarise autour de lignes de force qui omettent la problématique principale; que la cause réelle des tensions est ignorée ou cachée, parce que beaucoup de gens ont intérêt à détourner l'attention sur de fausses pistes; que ces dernières deviennent autant d'obsessions, autant de garanties que la question s'enlisera dans un faux débat; que l'on cherche à se guérir d'une fracture du crâne en augmentant la force des coups de marteau que l'on se donne sur la tête.
J'aime bien ce genre de questions à la con, qu'on ne se pose jamais, mais qui mettent en évidence des réalités manifestes dès lors qu'elles sont formulées.
En matière d'économie, la force des habitudes de pensée est extraordinaire. Des gens supérieurement intelligents ne voient pas l'éléphant qui est en face d'eux, parce qu'on leur a toujours expliqué que les éléphants n'existaient pas.
Autre question du même genre, inspirée par le bouquin de Vincent Bénard sur la crise du logement: comment se fait-il qu'on manque de logements en France, alors qu'il suffit de traverser le pays en train pour constater qu'il est essentiellement composé d'étendues inhabitées?
A chaque fois qu'une question à la con peut être posée sur un sujet polémique comme la santé ou le logement, cela signifie à coup sûr que le problème est mal posé; que le débat public se polarise autour de lignes de force qui omettent la problématique principale; que la cause réelle des tensions est ignorée ou cachée, parce que beaucoup de gens ont intérêt à détourner l'attention sur de fausses pistes; que ces dernières deviennent autant d'obsessions, autant de garanties que la question s'enlisera dans un faux débat; que l'on cherche à se guérir d'une fracture du crâne en augmentant la force des coups de marteau que l'on se donne sur la tête.
Oui Freddy len,
On ne choisit pas les maladies mais nos comportements conditionnent une partie de notre capital santé qu'il s'agit d'entretenir comme on entretient son bien immobilier ou son jardin. Pour le reste, vous avez raison, on ne choisit pas d'être percuté sur la route par un fou du volant. Mais c'est pour cette raison que les assurances existent. Delà à imposer un monopole "géré" par des partenaires sociaux, c'est un tout autre problème.
On ne choisit pas les maladies mais nos comportements conditionnent une partie de notre capital santé qu'il s'agit d'entretenir comme on entretient son bien immobilier ou son jardin. Pour le reste, vous avez raison, on ne choisit pas d'être percuté sur la route par un fou du volant. Mais c'est pour cette raison que les assurances existent. Delà à imposer un monopole "géré" par des partenaires sociaux, c'est un tout autre problème.
Cacommo
Mon propos était surtout de souligner que l'on ne peut pas se servir dans cette caisse commune , il y a un intermédiare. Je suis d'accord sur le fait que l'on puisse optimiser la gestion, avec les nombreuses idées proposées par Spartacus, pourquoi pas en privatisant. Mais il y aura une limite à la somme totale des soins apportés et donc un moment à un autre des choix à faire sur le maintien en vie d'une personne ou pas. C'est une question morale, philosophique. Aller sur les sites web des assurances privées anglaises, HSA par ex, les soins d'un cancer sont plafonnés à £ 30 000. Je n'ai aucune idée de ce que peut couter un cancer mais ils ont fixer une limite. Ils ont fait ce choix.
Mon propos était surtout de souligner que l'on ne peut pas se servir dans cette caisse commune , il y a un intermédiare. Je suis d'accord sur le fait que l'on puisse optimiser la gestion, avec les nombreuses idées proposées par Spartacus, pourquoi pas en privatisant. Mais il y aura une limite à la somme totale des soins apportés et donc un moment à un autre des choix à faire sur le maintien en vie d'une personne ou pas. C'est une question morale, philosophique. Aller sur les sites web des assurances privées anglaises, HSA par ex, les soins d'un cancer sont plafonnés à £ 30 000. Je n'ai aucune idée de ce que peut couter un cancer mais ils ont fixer une limite. Ils ont fait ce choix.
Oui Freddy Len,
Bien sûr que la vie n'a pas de prix, mais le maintien de la santé à un coût. On ne peut pas le nier, ce qui implique des choix terribles. Mon père a cotisé toute sa vie et il n'est jamais allé au médecin. A sa retraite, il est frappé d'une maladie terrible du cerveau que l'hôpital public ne pouvait prendre en charge. Il s'est quasiment laissé mourir pour ne pas être à la charge de ses enfants. Imaginez que le capital accumulé si toutes ses cotisations avaient été placées pour pouvoir être utilisé en cas de besoin...Et là nous en avions besoin.
Par ailleurs, vous ne pouvez pas imaginez comme le nombre de certificats médicaux fleurissent pendant la période des examens à l'université...
Bien sûr que la vie n'a pas de prix, mais le maintien de la santé à un coût. On ne peut pas le nier, ce qui implique des choix terribles. Mon père a cotisé toute sa vie et il n'est jamais allé au médecin. A sa retraite, il est frappé d'une maladie terrible du cerveau que l'hôpital public ne pouvait prendre en charge. Il s'est quasiment laissé mourir pour ne pas être à la charge de ses enfants. Imaginez que le capital accumulé si toutes ses cotisations avaient été placées pour pouvoir être utilisé en cas de besoin...Et là nous en avions besoin.
Par ailleurs, vous ne pouvez pas imaginez comme le nombre de certificats médicaux fleurissent pendant la période des examens à l'université...
Spartacus
Je suis d'accord qu'il faille optimiser. Je souhaite que la sécu évolue et je souhaite faire avancer ce débat, je me permets de fair qqs remarques;
1 et 2) ok avec vous.
3) il y a aussi des malades qui attendent le dernier moment et qui terminent avec des jours d'hopitaux et des soins très coteux sans commune mesure avec la consultation à 20 €.
4) je me suis auto medicamenté; et j'ai terminé avec une consultation en urgence. Je ne suis pas médecin, c'est un vrai bac + 8 d'étude avec forte sélection la première année et des années de travail par la suite.
5) ok avec vous, mais si les prix des medicaments sont encadrés, je ne vois pas ce que cela peut changer.
6) = 5), et puis personnelement je trouve que la famille Mulliez est assez riche comme cela.
7) ca veut dire surveiller des sociétés privés.
8) je ne sais pas, je connais bcp de medecins; ils reconnaissent soigner les bobos de l'ame parfois, mais on ne peut pas donner des medicaments si il n y a pas les symptomes;
11) il faut bien sur lutter contre cela car c'est detestable mais il y a énormement de fraudes aux assurances privées (autos brulées par ex). Je pense de plus qu'un juge sera plus severe avec qq'un qui a escroqué la sécu (indisociable de l'état et donc du bien) que celui qui a escroqué une société privé (le mal ;) )
Pour le 10) et le reste , je suis d'accord avec vous.
Cordialement
Je suis d'accord qu'il faille optimiser. Je souhaite que la sécu évolue et je souhaite faire avancer ce débat, je me permets de fair qqs remarques;
1 et 2) ok avec vous.
3) il y a aussi des malades qui attendent le dernier moment et qui terminent avec des jours d'hopitaux et des soins très coteux sans commune mesure avec la consultation à 20 €.
4) je me suis auto medicamenté; et j'ai terminé avec une consultation en urgence. Je ne suis pas médecin, c'est un vrai bac + 8 d'étude avec forte sélection la première année et des années de travail par la suite.
5) ok avec vous, mais si les prix des medicaments sont encadrés, je ne vois pas ce que cela peut changer.
6) = 5), et puis personnelement je trouve que la famille Mulliez est assez riche comme cela.
7) ca veut dire surveiller des sociétés privés.
8) je ne sais pas, je connais bcp de medecins; ils reconnaissent soigner les bobos de l'ame parfois, mais on ne peut pas donner des medicaments si il n y a pas les symptomes;
11) il faut bien sur lutter contre cela car c'est detestable mais il y a énormement de fraudes aux assurances privées (autos brulées par ex). Je pense de plus qu'un juge sera plus severe avec qq'un qui a escroqué la sécu (indisociable de l'état et donc du bien) que celui qui a escroqué une société privé (le mal ;) )
Pour le 10) et le reste , je suis d'accord avec vous.
Cordialement
Cacommo
Si justement la vie a un prix, HSA l'a fixé a £ 30 000 par exemple (je ne sais pas ce qui se passe une fois que le plafond est atteint) On peut bien sur prendre de meilleures assurances mais qui auront un plafond.
Avant on pouvait dire la vie n'a pas de prix puisque finalement on ne pouvait pas soigner grand chose, maintenant une centenaire pourra avoir été soignée d'un cancer à 60 ans, avoir une nouvelle hanche a 70 ans et avoir nécessité des soins intensifs les derniers mois de sa vie.
Si justement la vie a un prix, HSA l'a fixé a £ 30 000 par exemple (je ne sais pas ce qui se passe une fois que le plafond est atteint) On peut bien sur prendre de meilleures assurances mais qui auront un plafond.
Avant on pouvait dire la vie n'a pas de prix puisque finalement on ne pouvait pas soigner grand chose, maintenant une centenaire pourra avoir été soignée d'un cancer à 60 ans, avoir une nouvelle hanche a 70 ans et avoir nécessité des soins intensifs les derniers mois de sa vie.
Jean-Louis, seulement si ce n'est pas indiscret, comment se fait-il que l'hôpital public n'ait pas pu soigner votre père?
Est-ce parce que cela nécessitait des techniques nouvelles qui n'étaient disponibles que dans un cadre non conventionné? Ou bien est-ce qu'ils avaient un plafond de dépenses?
Je pensais qu'un des rares avantages encore certains et appréciables de la Sécu, c'était la prise en charge à 100% des maladies graves.
Je ne voudrais pas réveiller des souvenirs pénibles, je cherche juste à savoir ce qui m'attend...
Je me souviens d'une amie qui ne roulait pas sur l'or et qui, il y a une quinzaine d'années déjà, m'expliquait comment une maladie de son mari, sérieuse mais passagère et assez banale finalement (une pneumonie, je crois), lui avait occasionné de graves difficultés financières, vu la note présentée par l'hôpital public, non remboursée par la Sécu. Peut-être était-il chômeur à ce moment-là.
Est-ce parce que cela nécessitait des techniques nouvelles qui n'étaient disponibles que dans un cadre non conventionné? Ou bien est-ce qu'ils avaient un plafond de dépenses?
Je pensais qu'un des rares avantages encore certains et appréciables de la Sécu, c'était la prise en charge à 100% des maladies graves.
Je ne voudrais pas réveiller des souvenirs pénibles, je cherche juste à savoir ce qui m'attend...
Je me souviens d'une amie qui ne roulait pas sur l'or et qui, il y a une quinzaine d'années déjà, m'expliquait comment une maladie de son mari, sérieuse mais passagère et assez banale finalement (une pneumonie, je crois), lui avait occasionné de graves difficultés financières, vu la note présentée par l'hôpital public, non remboursée par la Sécu. Peut-être était-il chômeur à ce moment-là.
Robert,
Cela me soulage d'en parler, rassurez-vous. MAis c'est vrai que j'ai eu des rapports difficiles avec mon père de sorte que j'ai quitté mon domicile à 18 ans. 10 ans plus tard, il est venu assister à ma soutenance de doctorat et nous nous sommes réconciliés. Il était fier...et c'était la première fois qu'il me le disait. Il a fait une carrière d'inspecteur de police dans les renseignements généraux. D'origine sicilienne, et ayant grandi en Tunisie, il a obtenu sa nationalité française au prix du sang, en combattant en Algérie pour la France. Puis, en buchant tout seul, il est entré dans les gardes mobiles, ce qui fait que j'ai été balladé bébé. Pour se fixer, il a passé le concours d'inspecteur.
Il a beaucoup donné pour sa fonction au point que je le voyais peu. Il n'a pas supporté la retraite et d'ailleurs, elle était si insuffisante qu'il a travaillé dans le privé. Puis à une maladie très grave a attaqué son cerveau, qui nécessitait de l'internait dans un établissement trés spécialisé. Ce sont des établissements privés qui coûtent cher (2000 à 3000 euros). Le juge a dit à ma mère que les enfants étaient là pour payer (nous sommes quatre enfants...), ce qui fut un comble pour moi qui ait quitté ma maison, ayant dû financer mes études tout seul. Mais bien-sûr, j'aurai assumé pour mon père. Le fait est que j'ai aussi trois garçons à nourrir...
A 68 ans, mon père ressemblait à une personne de 90 ans, lui qui était si fier de son apparence de bel et fier italien. Il nous suppliait de mettre fin à ses jours. A chaque fois que j'allais le voir, j'en étais terriblement choqué.
En fait, c'est le tsunami qui l'a tué...en quelque sorte. En décembre 2004, je faisais une mission au large de Phuket, dans les îles thaïlandaises pour mon livre consacré au tourisme international, notamment pour expertiser quelques sites spécialisés dans l'écotourisme.
Puis le 26 décembbre, il y a eu ce tremblement de terre puis, deux heures après la terrible vague à laquelle j'ai échappé par miracle. Mais j'ai quand même été porté disparu pendant 36 heures, réfugié sur un arbre perché dans une montagne. Vu de France à la TV, cela a été un choc fatal pour mon père.
Quand l'armée m'a retrouvé et rapatrié en France, j'ai pris mon père dans mes bras. Il ne m'a pas reconnu mais il était fier de dire que son fils était mort dans l'exercice de ses fonctions en Thaïlande. Et quand j'écris en ce moment même ces mots, j'en tremble encore.
Cela me soulage d'en parler, rassurez-vous. MAis c'est vrai que j'ai eu des rapports difficiles avec mon père de sorte que j'ai quitté mon domicile à 18 ans. 10 ans plus tard, il est venu assister à ma soutenance de doctorat et nous nous sommes réconciliés. Il était fier...et c'était la première fois qu'il me le disait. Il a fait une carrière d'inspecteur de police dans les renseignements généraux. D'origine sicilienne, et ayant grandi en Tunisie, il a obtenu sa nationalité française au prix du sang, en combattant en Algérie pour la France. Puis, en buchant tout seul, il est entré dans les gardes mobiles, ce qui fait que j'ai été balladé bébé. Pour se fixer, il a passé le concours d'inspecteur.
Il a beaucoup donné pour sa fonction au point que je le voyais peu. Il n'a pas supporté la retraite et d'ailleurs, elle était si insuffisante qu'il a travaillé dans le privé. Puis à une maladie très grave a attaqué son cerveau, qui nécessitait de l'internait dans un établissement trés spécialisé. Ce sont des établissements privés qui coûtent cher (2000 à 3000 euros). Le juge a dit à ma mère que les enfants étaient là pour payer (nous sommes quatre enfants...), ce qui fut un comble pour moi qui ait quitté ma maison, ayant dû financer mes études tout seul. Mais bien-sûr, j'aurai assumé pour mon père. Le fait est que j'ai aussi trois garçons à nourrir...
A 68 ans, mon père ressemblait à une personne de 90 ans, lui qui était si fier de son apparence de bel et fier italien. Il nous suppliait de mettre fin à ses jours. A chaque fois que j'allais le voir, j'en étais terriblement choqué.
En fait, c'est le tsunami qui l'a tué...en quelque sorte. En décembre 2004, je faisais une mission au large de Phuket, dans les îles thaïlandaises pour mon livre consacré au tourisme international, notamment pour expertiser quelques sites spécialisés dans l'écotourisme.
Puis le 26 décembbre, il y a eu ce tremblement de terre puis, deux heures après la terrible vague à laquelle j'ai échappé par miracle. Mais j'ai quand même été porté disparu pendant 36 heures, réfugié sur un arbre perché dans une montagne. Vu de France à la TV, cela a été un choc fatal pour mon père.
Quand l'armée m'a retrouvé et rapatrié en France, j'ai pris mon père dans mes bras. Il ne m'a pas reconnu mais il était fier de dire que son fils était mort dans l'exercice de ses fonctions en Thaïlande. Et quand j'écris en ce moment même ces mots, j'en tremble encore.
Jean louis
Au travers de votre terrible expérience, vous mettez en lumière le fait que le Léviathan se nourrit de ce qu'il vous prend et vous laisse uniquement ce qu'il reste...
J'ai un peu le même problème avec la future retraite ( insuffisante ) de ma maman.
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Au travers de votre terrible expérience, vous mettez en lumière le fait que le Léviathan se nourrit de ce qu'il vous prend et vous laisse uniquement ce qu'il reste...
J'ai un peu le même problème avec la future retraite ( insuffisante ) de ma maman.
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