2008-03-11
L'invité du jour : Vincent Nihoul
Mais quand un ancien étudiant envoie à ses professeurs la publicité d’un livre qu’il vient d’écrire et d’éditer, alors nous ressentons comme une immense joie intérieure. Ces moments de délice font partie de la magie et de la beauté du métier d’enseignant. D’ailleurs, je me suis longtemps demandé pourquoi certains professeurs étaient si fiers de voir l’élève rattraper et dépasser le maître tandis que d’autres en étaient presque vexés. Pour ma part, et de manière naïve et sincère, j’avais envoyé une copie de mon premier article publié dans le journal « Le Monde » à certains de mes anciens professeurs ; et c’est à cette occasion que j’ai pu observer ces deux types de réaction. J’avais été tellement refroidi par certains que j’ai cessé ce genre de démarches qui étaient trop souvent mal interprétées.
Revenons à Vincent qui vient donc de publier son premier livre intitulé « Université de l’Aventure ». Un beau programme ! Ce livre est un véritable carnet de ses voyages qui l’ont conduit dans des contrées aussi différentes qu’Israël ou la Thaïlande en passant par Perpignan. C’est véritablement impressionnant. Il décline dans ces lignes un message ancestral : les voyages forment la jeunesse. D’ailleurs, le mot « tourisme » à l’origine provient du « Tour » de l’Europe que se devait de faire autrefois tout membre de l’aristocratie anglaise pour parfaire son éducation. On n’apprend pas seulement dans les livres mais le monde est lui-même un livre ouvert, quand on sait le lire.
C’est une banalité et pourtant, combien de fois ai-je entendu « on est si bien chez nous, pourquoi aller ailleurs ? ». Combien de fois me suis-je retrouvé devant la cour de l’école où j’attendais mes enfants à discuter avec d’autres parents qui me confiaient avoir fait leur propre scolarité dans le même établissement que leurs enfants ? Ces mêmes parents se montraient paniqués à l’idée que leurs enfants puissent un jour partir ne serait-ce que pour raison professionnelle.
Je me sens souvent en décalage moi qui suis né à Carcassonne, ayant grandi chtimi (faisant toute mon école primaire à Arras dans le Pas-de-Calais), décrochant mon bac à Digne-les-Bains, capitale de la Haute-Provence, pour faire mes études à Aix-Marseille, qui m’ont conduit à décrocher un poste chez les Catalans. Le tout en trimbalant un nom sicilien qui fait souvent tiquer mes interlocuteurs. C'est que la génération précédente avait dû bouger aussi pour trouver du travail et s'offrir un avenir. L'avenir ne vient pas à vous ; il faut aller le chercher.
J’ajouterai que les voyages entretiennent la jeunesse, maintenant une vigueur intellectuelle et nourrissant une insatiable curiosité toujours nécessaire pour ceux qui ont envie d’apprendre. Quand j’ai découvert la Thaïlande, je me suis rendu compte que je souriais tout le temps, comme si on se pénétrait d’une sorte de bien-être inconscient qui pacifie les relations entre les êtres humains. J’étais alors frappé par le contraste entre notre quotidien hexagonal, chargé de querelles incessantes, de grises mines et d’affrontements permanents (entre hommes et femmes, entre parents et enfants, entre patrons et salariés, entre gauche et droite…) qui nous font vieillir bien trop vite.
En tout cas, Vincent l’a parfaitement compris et il fut un des rares étudiants à jouer le jeu des échanges internationaux avec nos universités partenaires, ce qui a radicalement changé sa trajectoire. Ils ne sont pas nombreux à le faire. Alors que nous avons signé des conventions d’échanges avec une trentaine d’universités dans le monde, nous accueillons plus d’étudiants étrangers dans nos composantes que nous envoyons des étudiants français, faute de volontaires.
C’est sans nul doute un parcours à méditer alors qu’au terme d’un sondage interne à nos diplômes, une grande majorité des étudiants avoue hésiter à prendre un emploi qui les conduirait à quitter la région.
Revenons à Vincent qui vient donc de publier son premier livre intitulé « Université de l’Aventure ». Un beau programme ! Ce livre est un véritable carnet de ses voyages qui l’ont conduit dans des contrées aussi différentes qu’Israël ou la Thaïlande en passant par Perpignan. C’est véritablement impressionnant. Il décline dans ces lignes un message ancestral : les voyages forment la jeunesse. D’ailleurs, le mot « tourisme » à l’origine provient du « Tour » de l’Europe que se devait de faire autrefois tout membre de l’aristocratie anglaise pour parfaire son éducation. On n’apprend pas seulement dans les livres mais le monde est lui-même un livre ouvert, quand on sait le lire.
C’est une banalité et pourtant, combien de fois ai-je entendu « on est si bien chez nous, pourquoi aller ailleurs ? ». Combien de fois me suis-je retrouvé devant la cour de l’école où j’attendais mes enfants à discuter avec d’autres parents qui me confiaient avoir fait leur propre scolarité dans le même établissement que leurs enfants ? Ces mêmes parents se montraient paniqués à l’idée que leurs enfants puissent un jour partir ne serait-ce que pour raison professionnelle.
Je me sens souvent en décalage moi qui suis né à Carcassonne, ayant grandi chtimi (faisant toute mon école primaire à Arras dans le Pas-de-Calais), décrochant mon bac à Digne-les-Bains, capitale de la Haute-Provence, pour faire mes études à Aix-Marseille, qui m’ont conduit à décrocher un poste chez les Catalans. Le tout en trimbalant un nom sicilien qui fait souvent tiquer mes interlocuteurs. C'est que la génération précédente avait dû bouger aussi pour trouver du travail et s'offrir un avenir. L'avenir ne vient pas à vous ; il faut aller le chercher.
J’ajouterai que les voyages entretiennent la jeunesse, maintenant une vigueur intellectuelle et nourrissant une insatiable curiosité toujours nécessaire pour ceux qui ont envie d’apprendre. Quand j’ai découvert la Thaïlande, je me suis rendu compte que je souriais tout le temps, comme si on se pénétrait d’une sorte de bien-être inconscient qui pacifie les relations entre les êtres humains. J’étais alors frappé par le contraste entre notre quotidien hexagonal, chargé de querelles incessantes, de grises mines et d’affrontements permanents (entre hommes et femmes, entre parents et enfants, entre patrons et salariés, entre gauche et droite…) qui nous font vieillir bien trop vite.
En tout cas, Vincent l’a parfaitement compris et il fut un des rares étudiants à jouer le jeu des échanges internationaux avec nos universités partenaires, ce qui a radicalement changé sa trajectoire. Ils ne sont pas nombreux à le faire. Alors que nous avons signé des conventions d’échanges avec une trentaine d’universités dans le monde, nous accueillons plus d’étudiants étrangers dans nos composantes que nous envoyons des étudiants français, faute de volontaires.
C’est sans nul doute un parcours à méditer alors qu’au terme d’un sondage interne à nos diplômes, une grande majorité des étudiants avoue hésiter à prendre un emploi qui les conduirait à quitter la région.
C’est vrai que c’est difficile de quitter le nid, c’est comme un autre cordon ombilical à couper, mais c’est la seule manière d’apprendre à voler. Et quand on vole, quel bonheur…
Comments:
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Une de mes filles a participé au programme Erasmus : elle est partie 1 an dans une école d'ingénieurs en Espagne puis 6 mois en Italie, le fait de parler 4 langues couramment( anglais, espagnol, italien et français) lui a permis d'être envoyé à Los Angelès dans une grande entreprise de maroquinerie française dont les employés étaient majoritairement mexicains. Et depuis elle est restée aux USA, sa faculté à pouvoir passer rapidement d'une langue à l'autre est un plus qui a valorisé son diplôme, elle ne regrette pas ses efforts qui pour elle étaient aussi un plaisir : voyager et comprendre les autres.
Je ne remercierai jamais assez mes parents qui m'ont permis d'aller 5 fois aux Etats-Unis, dont deux fois pour des séjours linguistiques intensifs.
La maîtrise de l'anglais m'a permis de décrocher mon travail actuel dans l'informatique.
J'ai été approché par des sociétés américaines, et croyez bien qu'un séjour professionnel de quelques années en Californie serait très bienvenu, ne serait-ce que pour juger concrètement d'un tout autre univers de pensée et d'action.
Mes deux années de coopération au Cameroun ont été de même extrêmement enrichissantes. Je n'arrête pas d'inviter les jeunes que je rencontre à partir en coopération, c'est vraiment un bon moyen pour changer son regard sur le monde, ne plus avoir le seul regard européo-occidental, bien limité dans le monde ouvert que nous connaissons.
La maîtrise de l'anglais m'a permis de décrocher mon travail actuel dans l'informatique.
J'ai été approché par des sociétés américaines, et croyez bien qu'un séjour professionnel de quelques années en Californie serait très bienvenu, ne serait-ce que pour juger concrètement d'un tout autre univers de pensée et d'action.
Mes deux années de coopération au Cameroun ont été de même extrêmement enrichissantes. Je n'arrête pas d'inviter les jeunes que je rencontre à partir en coopération, c'est vraiment un bon moyen pour changer son regard sur le monde, ne plus avoir le seul regard européo-occidental, bien limité dans le monde ouvert que nous connaissons.
Que dire ? Mon expérience est aux antipodes et c'est vrai que mes enfants ont commencé l'école à cette école privé communale de mon enfance, à mon sens école de l'injustice (par exemple impunité du fils du maire m'ayant ouvert le doigt d'un coup de couteau : j'en garde toujours la trace).
J'ai rêvé de cette ouverture aux langues étrangères demandant à mes cousins plus âgés de parler devant moi en anglais avant d'entrer en 6ième.
Là le prof d'anglais, Delarose -évidemment de gauche au grand dam de mon père-, directeur de l'établissement, a commencé par nous demander de ne pas consulter le dictionnaire français-anglais de la fin du livre d'anglais.
Quelle vexation de découvrir en fin d'année que j'avais été probablement le seul à respecter cette règle.
C'est bien là toute la France, expérience qui s'est renouvelée à l'armée pour le naïf que je dois être, naïveté de croire à la valeur du respect des règles. Je n'en suis pas encore guérit et ne peu donc avoir d'avenir dans ce pays en l'état.
PS Voir ce post qui fait état de l'enquête du Point sur l'école à la maison, ce qu'a constamment réclamé ma fille.
J'ai rêvé de cette ouverture aux langues étrangères demandant à mes cousins plus âgés de parler devant moi en anglais avant d'entrer en 6ième.
Là le prof d'anglais, Delarose -évidemment de gauche au grand dam de mon père-, directeur de l'établissement, a commencé par nous demander de ne pas consulter le dictionnaire français-anglais de la fin du livre d'anglais.
Quelle vexation de découvrir en fin d'année que j'avais été probablement le seul à respecter cette règle.
C'est bien là toute la France, expérience qui s'est renouvelée à l'armée pour le naïf que je dois être, naïveté de croire à la valeur du respect des règles. Je n'en suis pas encore guérit et ne peu donc avoir d'avenir dans ce pays en l'état.
PS Voir ce post qui fait état de l'enquête du Point sur l'école à la maison, ce qu'a constamment réclamé ma fille.
Tout cela est très juste.
Cependant c'est une affaire de volonté personnelle, de curiosité et d'état d'esprit.
Il existe toute une étonnante population d'expatriés par leur employeur.
Ils "alignent" un tableau impressionnant de pays. Quand on les voit sur place ils vivent comme sur un île. Ici comme ailleurs. Ils sont reliés par un solide élastique à leur base professionnelle et personnelle.
Évidemment il y a tous les cas intermédiaires.
Cependant c'est une affaire de volonté personnelle, de curiosité et d'état d'esprit.
Il existe toute une étonnante population d'expatriés par leur employeur.
Ils "alignent" un tableau impressionnant de pays. Quand on les voit sur place ils vivent comme sur un île. Ici comme ailleurs. Ils sont reliés par un solide élastique à leur base professionnelle et personnelle.
Évidemment il y a tous les cas intermédiaires.
Merci à Marie-Claude, Pierre-Antoine, Josick et Larry pour ces témoignages intéressants qui illustrent bien le propos.
Vous avez totalement raison comme d'habitude(je ne manque pas une seule de vos chroniques)et je suis moi aussi un de vos anciens eleves qui a quitte la France pour m'installer en Angleterre.
J'y suis depuis 4 mois, je viens de decrocher un job chez BetClic (site de pari sportif/poker/casino en ligne)ou ma maitrise de l'anglais et du francais plus mon niveau d'etudes m'ont permis d'avoir une salaire d'entree rehausse par rapport aux autres avec perspectives d'evolution dans les 6 mois a venir.
J'aime la France mais je deteste la mentalite de la plupart de mes compatriotes(et je ne parle pas des catalans des Pyrenees-Orientales c'est encore pire)et la maniere dont elle est dirigee.
Il est dorenavant sur que je ne reviendrais en France que pour quelques vacances pour voir ma famille et mes amis.
P.S. : Desole pour les accents, j'ecris avec un clavier anglais
J'y suis depuis 4 mois, je viens de decrocher un job chez BetClic (site de pari sportif/poker/casino en ligne)ou ma maitrise de l'anglais et du francais plus mon niveau d'etudes m'ont permis d'avoir une salaire d'entree rehausse par rapport aux autres avec perspectives d'evolution dans les 6 mois a venir.
J'aime la France mais je deteste la mentalite de la plupart de mes compatriotes(et je ne parle pas des catalans des Pyrenees-Orientales c'est encore pire)et la maniere dont elle est dirigee.
Il est dorenavant sur que je ne reviendrais en France que pour quelques vacances pour voir ma famille et mes amis.
P.S. : Desole pour les accents, j'ecris avec un clavier anglais
Bonjour Jean-christophe,
Je suis ravi d'avoir de vos nouvelles. Je garde en effet un très bon souvenir et vous félicite pour votre parcours. N'hésiter à venir nous voir quand vous revenez dans la région. je vous rendrais certainement une visite en Angleterre.
Je suis ravi d'avoir de vos nouvelles. Je garde en effet un très bon souvenir et vous félicite pour votre parcours. N'hésiter à venir nous voir quand vous revenez dans la région. je vous rendrais certainement une visite en Angleterre.
Jean-Christophe,
je vous invite à contacter le Bureau des Etudiants de l'IAE, le BDE à l'adresse suivante : http://www.bde-iae-perpignan.com/
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