2008-04-16
Les phases du déclin : l'implacable scénario
L’histoire des grandes chutes d’Etat peut être résumée à la succession de quelques phases critiques cruciales, pour peu que l’on isole la dimension économique du phénomène. La première phase est un constat de dérapage structurel des finances publiques : les pouvoirs publics sont incapables de stopper la dérive des finances publiques, ayant épuisé les différents moyens de rééquilibrer les comptes. Généralement, plus un Etat étend son emprise au-delà de ses frontières – sectorielles, géographiques et institutionnelles - naturelles, plus le coût de son fonctionnement devient exorbitant, ce qui est la caractéristique même des régimes collectivistes, centralisés ou impérialistes.
Cette situation budgétaire est en elle-même le symptôme d’une crise plus grave qui montre que ceux qui se proclament les « représentants du peuple » sont devenus incapables de gérer l’argent commun – le fameux « bien public »-, c’est-à-dire celui qui a justement été prélevé sur le travail de ce même peuple. Cette dérive des dépenses publiques, qui témoigne d’une emprise des pouvoirs administratifs sur le système, se nourrit d’une tendance à l’augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux.
Certes, quand la taxation ne suffit pas à assouvir les appétits d’une administration qui ne veut pas se réformer, alors les gouvernements manipulent la monnaie. C’est la deuxième phase que l’on pourrait appeler l’âge de l’inflation. C’est, nous dit-on, devenu impossible en Europe avec une Banque Centrale indépendante. Mais le fait que la France ne se sente pas liée par le pacte de stabilité, qui lui imposait pourtant de respecter les critères de gestion définis à Maastricht, revient d’une certaine manière à mettre les autorités monétaires devant le fait accompli. Si la France diffère sans cesse la mise en œuvre des réformes de son appareil étatique, la Banque Centrale européenne se trouvera dans une obligation de créer de la monnaie pour venir au secours des finances publiques du pays en difficulté.
Devant cette perspective aisément prévisible, et considérant notamment l’incapacité de la France à anticiper la moindre réforme, on comprend l’hésitation de certains pays, traditionnellement mieux gérés et sans aucun doute européens, à intégrer la monnaie unique européenne.
Devant cette perspective aisément prévisible, et considérant notamment l’incapacité de la France à anticiper la moindre réforme, on comprend l’hésitation de certains pays, traditionnellement mieux gérés et sans aucun doute européens, à intégrer la monnaie unique européenne.
A l’époque de la Rome déclinante, l'empereur manipulait sans scrupule la monnaie car il n’y avait pas de séparation des pouvoirs : l’empereur était tout puissant. Mais la puissance illusionne : l’empereur pouvait certes créer de la monnaie mais il ne pouvait créer de la richesse. Cette création monétaire n’était qu’un instrument de spoliation déguisée, l’inflation qu’elle nourrissait jouant le même rôle confiscatoire qu’un impôt. A quelques siècles d’intervalle, dans l’Allemagne de Weimar, la planche à billet tournait sans mesure engendrant l’hyper-inflation la plus fatale que l’Allemagne ait jamais connue.
Quand l’inflation se déchaîne, les pouvoirs publics en viennent à des mesures drastiques de contrôle des prix avant que la flambée généralisée ne se transforme en révoltes sociales. De telles mesures finissent par briser le fonctionnement des marchés, les prix perdant toute leur valeur informationnelle. Quand on ne connaît plus le « prix des choses » puisque les prix sont devenus fous, on ne peut plus prendre les bonnes décisions. Ainsi les comportements spontanés sont neutralisés, paralysant à son tour l’économie qui résulte toujours et seulement des décisions librement prises par des agents motivés par la recherche de leur bien-être.
Quand l’inflation se déchaîne, les pouvoirs publics en viennent à des mesures drastiques de contrôle des prix avant que la flambée généralisée ne se transforme en révoltes sociales. De telles mesures finissent par briser le fonctionnement des marchés, les prix perdant toute leur valeur informationnelle. Quand on ne connaît plus le « prix des choses » puisque les prix sont devenus fous, on ne peut plus prendre les bonnes décisions. Ainsi les comportements spontanés sont neutralisés, paralysant à son tour l’économie qui résulte toujours et seulement des décisions librement prises par des agents motivés par la recherche de leur bien-être.
L’Etat, observant cette paralysie - et feignant de n’être qu’un observateur -, propose de se substituer à l’initiative individuelle. C’est la phase de la débâcle. Vient alors le temps de la remise en « ordre » au sens littéral du terme. La société va se fonder sur la mise en place d’ordres ou de castes : c’est la politisation extrême de la société. En effet, la monnaie a tellement été pervertie par les manipulations et dévalorisée par l’inflation que les agents n’ont plus confiance aux unités monétaires. Or, la monnaie est l'instrument de la liberté individuelle. Sans monnaie, la place de chacun dans la société doit être imposée par le haut.
Pour son malheur, le peuple va assimiler le symptôme (la monnaie dévalorisée) au mal lui-même (la manipulation par les dirigeants qui ont outrepassé leurs pouvoirs légitimes). C’est le temps de la diabolisation de l’argent qui fut un des thèmes de prédilection d’Hitler pour conquérir la sympathie des foules. Et comme il faut bien vivre, une économie en nature se met en place. C’est le règne de l’économie souterraine en U.R.S.S. ou de la dollarisation en Argentine. Et c’était l’époque de la « fiscalité en nature » au moment de la chute de l’empire romain.
Par ce dernier procédé, chacun est affecté à un service fixé : on travaille pour l’Etat gratuitement et gare aux mauvais citoyens qui voudraient se soustraire à cette œuvre éminemment sociale ou citoyenne.
Notons que le gouvernement Raffarin ne faisait pas autre chose quand il préconisa de supprimer un jour férié pour sauver le système de retraite : comme on ne peut pas indéfiniment augmenter le poids des charges en monnaie et comme on s’obstine à ne pas vouloir changer de système, alors on augmente le poids des charges en nature !
Comments:
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"C’est la deuxième phase que l’on pourrait appeler l’âge de l’inflation."
Et la 3ème phase consiste à faire passer au prés de la population, l'idée salvatrice, de la dictature.
Le travail du socialisme peut prendre des années, mais l'utopie étant, elle ne mène dans la réalité, qu'à une seule destination, le fascisme.
" Nous des fascistes ?
...mais nous étions tous dans la rue pour manifester contre Lepen ! "
On se demande bien ce qu'ils ont étudié en cour d'histoire.
Et la 3ème phase consiste à faire passer au prés de la population, l'idée salvatrice, de la dictature.
Le travail du socialisme peut prendre des années, mais l'utopie étant, elle ne mène dans la réalité, qu'à une seule destination, le fascisme.
" Nous des fascistes ?
...mais nous étions tous dans la rue pour manifester contre Lepen ! "
On se demande bien ce qu'ils ont étudié en cour d'histoire.
Mais ils ne vont même plus en cours. Je vois de plus en plus des étudiants revendiquer le statut "étudiant", et les droits qui vont avec, notamment le diplôme...mais l'idée même d'étudier leur est bien étrangère.
Ils ne savent même plus ce qu'ils racontent. L'origine du fascisme, le mot, l'idéologie, ce serait très intéressant de l'étudier. Il faudrait faire lire "Mein Kampf" dans les écoles si l'on veut vraiment éviter que la catastrophe fasciste se reproduise car vous trouvez dans "Mein Kampf" tous les délires contre les spéculateurs, l'argent, le libéralisme, le marché, le complot juif qui se trame dans les banques et les bourses...tout cela pour mettre en place le national-socialisme.
Ils ne savent même plus ce qu'ils racontent. L'origine du fascisme, le mot, l'idéologie, ce serait très intéressant de l'étudier. Il faudrait faire lire "Mein Kampf" dans les écoles si l'on veut vraiment éviter que la catastrophe fasciste se reproduise car vous trouvez dans "Mein Kampf" tous les délires contre les spéculateurs, l'argent, le libéralisme, le marché, le complot juif qui se trame dans les banques et les bourses...tout cela pour mettre en place le national-socialisme.
«dérapage structurel des finances publiques : les pouvoirs publics sont incapables de stopper la dérive des finances publiques, ayant épuisé les différents moyens de rééquilibrer les comptes.»
On n'insistera jamais assez sur qu'un déficit de fonctionnement révèle de faible moralité.
«Cette création monétaire n’était qu’un instrument de spoliation déguisée, l’inflation qu’elle nourrissait jouant le même rôle confiscatoire qu’un impôt.»
Ecoutez les commentateurs : ils sont nombreux, pour ne pas dire très majoritaires, à se réjouir plus ou moins ouvertement d'un éventuel retour de l'inflation.
«Notons que le gouvernement Raffarin ne faisait pas autre chose quand il préconisa de supprimer un jour férié pour sauver le système de retraite : comme on ne peut pas indéfiniment augmenter le poids des charges en monnaie et comme on s’obstine à ne pas vouloir changer de système, alors on augmente le poids des charges en nature !»
Si l'on admet l'hypothèse de base de nos gouvernants, à savoir rien ne peut se faire sans l'Etat, ils sont plutôt intelligents.
Notre malheur, c'est que leur hypothèse est fausse.
On n'insistera jamais assez sur qu'un déficit de fonctionnement révèle de faible moralité.
«Cette création monétaire n’était qu’un instrument de spoliation déguisée, l’inflation qu’elle nourrissait jouant le même rôle confiscatoire qu’un impôt.»
Ecoutez les commentateurs : ils sont nombreux, pour ne pas dire très majoritaires, à se réjouir plus ou moins ouvertement d'un éventuel retour de l'inflation.
«Notons que le gouvernement Raffarin ne faisait pas autre chose quand il préconisa de supprimer un jour férié pour sauver le système de retraite : comme on ne peut pas indéfiniment augmenter le poids des charges en monnaie et comme on s’obstine à ne pas vouloir changer de système, alors on augmente le poids des charges en nature !»
Si l'on admet l'hypothèse de base de nos gouvernants, à savoir rien ne peut se faire sans l'Etat, ils sont plutôt intelligents.
Notre malheur, c'est que leur hypothèse est fausse.
Jean louis
j'ai une question :
l'état a un déficit de 1 600 milliards d'euros mais connait on son actif, j'entends par là la valeur de tous ses biens , qui pourraient etre du jour au lendemain mis à la vente (hormis biens militaires)?. Il a quand meme bcp de biens mobiliers et immobiliers qui doivent valoir une fortune, je suis sur que quelque part ds le monde , quelqu'un est pret a déboursé 1 milliard d'euros pour la Joconde (Bill Gates est fana de De Vinci et ça ne represente que 2% de sa fortune)
j'ai une question :
l'état a un déficit de 1 600 milliards d'euros mais connait on son actif, j'entends par là la valeur de tous ses biens , qui pourraient etre du jour au lendemain mis à la vente (hormis biens militaires)?. Il a quand meme bcp de biens mobiliers et immobiliers qui doivent valoir une fortune, je suis sur que quelque part ds le monde , quelqu'un est pret a déboursé 1 milliard d'euros pour la Joconde (Bill Gates est fana de De Vinci et ça ne represente que 2% de sa fortune)
Freddy, il va en falloir une sacrée tripotée de Joconde, parce qu'à un milliard d'euros l'unité, on est pas rendu...
Excellent billet de Jean Louis, come d'habitude : dans quelle phase sommes nous ?
Excellent billet de Jean Louis, come d'habitude : dans quelle phase sommes nous ?
Freddy Len,
Je pense que vous trouverez la réponse à vos questions sur mon blog :
L'Etat français est-il en faillite ?
Je résume l'évaluation du patrimoine de l'Etat français se balade entre :
> 2000 Md €, estimation de lINSEE
et
> 750 Md €, issu du calcul suivant : les revenus du patrimoine de l'Etat sont de 25 Md €. Si on fait l'hypothèse que cela représente un rapport de 3 %, on obtient une valeur de 750 Md €.
En tout état de cause, la dette réelle de l'Etat étant supérieure à 2000 Md €, l'Etat français est en faillite, dit autrement, l'Etat français détruit de la valeur.
Je pense que vous trouverez la réponse à vos questions sur mon blog :
L'Etat français est-il en faillite ?
Je résume l'évaluation du patrimoine de l'Etat français se balade entre :
> 2000 Md €, estimation de lINSEE
et
> 750 Md €, issu du calcul suivant : les revenus du patrimoine de l'Etat sont de 25 Md €. Si on fait l'hypothèse que cela représente un rapport de 3 %, on obtient une valeur de 750 Md €.
En tout état de cause, la dette réelle de l'Etat étant supérieure à 2000 Md €, l'Etat français est en faillite, dit autrement, l'Etat français détruit de la valeur.
Si au moins on s'endettait pour des investissments !
Mais maintenant on s'endettent pour payer des frais de fonctionnement de l'Etat !
C'est à dire que des technocrates n'ont eu de cesse d'augmenter la taille de l'Etat et d'entendre leurs domaines de compétences.... et maintenant il faut financer tout ça avec de l'argent virtuel de la dette.
Ces personnes ont-elle réellement le sens des RESPONSABILITES et du sérieux ?
Comment peut-on encore mettre au pouvoir des gens comme ça ?
Sommes-nous des masochistes ?
Mais maintenant on s'endettent pour payer des frais de fonctionnement de l'Etat !
C'est à dire que des technocrates n'ont eu de cesse d'augmenter la taille de l'Etat et d'entendre leurs domaines de compétences.... et maintenant il faut financer tout ça avec de l'argent virtuel de la dette.
Ces personnes ont-elle réellement le sens des RESPONSABILITES et du sérieux ?
Comment peut-on encore mettre au pouvoir des gens comme ça ?
Sommes-nous des masochistes ?
"Freddy, il va en falloir une sacrée tripotée de Joconde, parce qu'à un milliard d'euros l'unité, on est pas rendu..." Laglute
A un milliard l'unité, si je prend ma calculette, voila je tape, + les retraites, 2 milles milliards d'€, voila, il faut 2000 Jocondes, mais bon, ...on pourrait demander à nos intermittents du spectacle de nous faire ça, y a pas de problème, on en à plein, ils ne sont pas plus con que Léonardo. non ?
Ce sont eux qui bouffent l'essentiel des cotisations chômage, alors pour sauver la planète, il faudrai juste leur demander une petite toile qu'ils n'oublieront pas de signer bien fort, (pour la spéculation). Evidement...
En fait l'idée serai de glisser sous la toile un papier carbone, avec dessous une radiation définitive des droits qu'ils prennent sur les autres.
A un milliard l'unité, si je prend ma calculette, voila je tape, + les retraites, 2 milles milliards d'€, voila, il faut 2000 Jocondes, mais bon, ...on pourrait demander à nos intermittents du spectacle de nous faire ça, y a pas de problème, on en à plein, ils ne sont pas plus con que Léonardo. non ?
Ce sont eux qui bouffent l'essentiel des cotisations chômage, alors pour sauver la planète, il faudrai juste leur demander une petite toile qu'ils n'oublieront pas de signer bien fort, (pour la spéculation). Evidement...
En fait l'idée serai de glisser sous la toile un papier carbone, avec dessous une radiation définitive des droits qu'ils prennent sur les autres.
C'est une évidence, mais elle mérite d'être répétée: la spoliation organisé par l'état croit exponentiellement dès que l'état sort des limites dans lesquelles il devrait être contraint de rester.
Quand je vois des citoyens manifester pour que l'on augmente leur charge d'esclave (retraites, postes d'enseignants, remboursements SECU, etc ...), j'avoue que je me marre!!
La France à choisi la route de la servitude (celle que décrit si bien hayek), c'est donc aux citoyens d'assumer ce choix.
Ce qui est grotesque dans cette histoire c'est que les citoyens viennent faire la manche auprès de l'état, sans même se rendre compte que c'est lui qui les ruinent (si tant est que l'on puisse considérer l'état comme une personne)!
Ce qui est désolant, c'est de voir les citoyens de ce pays continuer d'espérer dans l'état, sans même se rendre compte que les représentant de celui-ci ne sont de des vampires, des parasites qui passent leur temps à chercher de nouveaux moyens de sucer les forces de ceux qui font vivre cette nation.
J'ai beau faire, je vais encore devoir citer ce grand français inconnu chez nous (pour acheter ses oeuvres complètes en langue Française, il faut les commander aux USA): Frédéric Bastiat!
" Je voudrais qu'on fondât, un prix, non de cinq cents francs, mais d'un million, avec couronnes, croix et rubans, en faveur de celui qui donnerait une bonne, simple et intelligible définition de ce mot: l'État.
Quel immense service ne rendrait-il pas à la société! L'État! Qu'est-ce? où est-il? que fait-il? que devrait-il faire?
Tout ce que nous en savons, c'est que c'est un personnage mystérieux, et assurément le plus sollicité, le plus tourmenté, le plus affairé, le plus conseillé, le plus accusé, le plus invoqué et le plus provoqué qu'il y ait au monde.
Car, Monsieur, je n'ai pas l'honneur de vous connaître, mais je gage dix contre un que depuis six mois vous faites des utopies; et si vous en faites, je gage dix contre un que vous chargez l'État de les réaliser.
Et vous, Madame, je suis sûr que vous désirez du fond du cœur guérir tous les maux de la triste humanité, et que vous n'y seriez nullement embarrassée si l'État voulait seulement s'y prêter.
Mais, hélas! le malheureux, comme Figaro, ne sait ni qui entendre, ni de quel côté se tourner. Les cent mille bouches de la presse et de la tribune lui crient à la fois:
« Organisez le travail et les travailleurs.
Extirpez l'égoïsme.
Réprimez l'insolence et la tyrannie du capital.
Faites des expériences sur le fumier et sur les œufs.
Sillonnez le pays de chemins de fer.
Irriguez les plaines.
Boisez les montagnes.
Fondez des fermes-modèles
Fondez des ateliers harmoniques.
Colonisez l'Algérie.
Allaitez les enfants.
Instruisez la jeunesse.
Secourez la vieillesse.
Envoyez dans les campagnes les habitants des villes.
Pondérez les profits de toutes les industries.
Prêtez de l'argent, et sans intérêt, à ceux qui en désirent.
Affranchissez l'Italie, la Pologne et la Hongrie.
Élevez et perfectionnez le cheval de selle.
Encouragez l'art, formez-nous des musiciens et des danseuses.
Prohibez le commerce et, du même coup, créez une marine marchande.
Découvrez la vérité et jetez dans nos têtes un grain de raison. L'État a pour mission d'éclairer, de développer, d'agrandir, de fortifier, de spiritualiser et de sanctifier l'âme des peuples. »
— « Eh! Messieurs, un peu de patience, répond l'État, d'un air piteux. »
« J'essaierai de vous satisfaire, mais pour cela il me faut quelques ressources. J'ai préparé des projets concernant cinq ou six impôts tout nouveaux et les plus bénins du monde. Vous verrez quel plaisir on a à les payer. »
Mais alors un grand cri s'élève: « Haro! haro! le beau mérite de faire quelque chose avec des ressources! Il ne vaudrait pas la peine de s'appeler l'État. Loin de nous frapper de nouvelles taxes, nous vous sommons de retirer les anciennes. Supprimez:
L'impôt du sel;
L'impôt des boissons;
L'impôt des lettres;
L'octroi;
Les patentes;
Les prestations. »
Au milieu de ce tumulte, et après que le pays a changé deux ou trois fois son État pour n'avoir pas satisfait à toutes ces demandes, j'ai voulu faire observer qu'elles étaient contradictoires. De quoi me suis-je avisé, bon Dieu! ne pouvais-je garder pour moi cette malencontreuse remarque?
Me voilà discrédité à tout jamais; et il est maintenant reçu que je suis un homme sans cœur et sans entrailles, un philosophe sec, un individualiste, un bourgeois, et, pour tout dire en un mot, un économiste de l'école anglaise ou américaine.
Oh! pardonnez-moi, écrivains sublimes, que rien n'arrête, pas même les contradictions. J'ai tort, sans doute, et je me rétracte de grand cœur. Je ne demande pas mieux, soyez-en sûrs, que vous ayez vraiment découvert, en dehors de nous, un être bienfaisant et inépuisable, s'appelant l'État, qui ait du pain pour toutes les bouches, du travail pour tous les bras, des capitaux pour toutes les entreprises, du crédit pour tous les projets, de l'huile pour toutes les plaies, du baume pour toutes les souffrances, des conseils pour toutes les perplexités, des solutions pour tous les doutes, des vérités pour toutes les intelligences, des distractions pour tous les ennuis, du lait pour l'enfance, du vin pour la vieillesse, qui pourvoie à tous nos besoins, prévienne tous nos désirs, satisfasse toutes nos curiosités, redresse toutes nos erreurs, toutes nos fautes, et nous dispense tous désormais de prévoyance, de prudence, de jugement, de sagacité, d'expérience, d'ordre, d'économie, de tempérance et d'activité.
Et pourquoi ne le désirerais-je pas? Dieu me pardonne, plus j'y réfléchis, plus je trouve que la chose est commode, et il me tarde d'avoir, moi aussi, à ma portée, cette source intarissable de richesses et de lumières, ce médecin universel, ce trésor sans fond, ce conseiller infaillible que vous nommez l'État.
Aussi je demande qu'on me le montre, qu'on me le définisse, et c'est pourquoi je propose la fondation d'un prix pour le premier qui découvrira ce phénix. Car enfin, on m'accordera bien que cette découverte précieuse n'a pas encore été faite, puisque, jusqu'ici, tout ce qui se présente sous le nom d'État, le peuple le renverse aussitôt, précisément parce qu'il ne remplit pas les conditions quelque peu contradictoires du programme.
Faut-il le dire? Je crains que nous ne soyons, à cet égard, dupes d'une des plus bizarres illusions qui se soient jamais emparées de l'esprit humain.
L'homme répugne à la Peine, à la Souffrance. Et cependant il est condamné par la nature à la Souffrance de la Privation, s'il ne prend pas la Peine du Travail. Il n'a donc que le choix entre ces deux maux.
Comment faire pour les éviter tous deux? Il n'a jusqu'ici trouvé et ne trouvera jamais qu'un moyen: c'est de jouir du travail d'autrui; c'est de faire en sorte que la Peine et la Satisfaction n'incombent pas à chacun selon la proportion naturelle, mais que toute la peine soit pour les uns et toutes les satisfactions pour les autres. De là l'esclavage, de là encore la spoliation, quelque forme qu'elle prenne: guerres, impostures, violences, restrictions, fraudes, etc., abus monstrueux, mais conséquents avec la pensée qui leur a donné naissance. On doit haïr et combattre les oppresseurs, on ne peut pas dire qu'ils soient absurdes.
L'esclavage s'en va, grâce au Ciel, et, d'un autre côté, cette disposition où nous sommes à défendre notre bien, fait que la Spoliation directe et naïve n'est pas facile. Une chose cependant est restée. C'est ce malheureux penchant primitif que portent en eux tous les hommes à faire deux parts du lot complexe de la vie, rejetant la Peine sur autrui et gardant la Satisfaction pour eux-mêmes. Reste à voir sous quelle forme nouvelle se manifeste cette triste tendance.
L'oppresseur n'agit plus directement par ses propres forces sur l'opprimé. Non, notre conscience est devenue trop méticuleuse pour cela. Il y a bien encore le tyran et la victime, mais entre eux se place un intermédiaire qui est l'État, c'est-à-dire la loi elle-même. Quoi de plus propre à faire taire nos scrupules et, ce qui est peut-être plus apprécié, à vaincre les résistances? Donc, tous, à un titre quelconque, sous un prétexte ou sous un autre, nous nous adressons à l'État. Nous lui disons: « Je ne trouve pas qu'il y ait, entre mes jouissances et mon travail, une proportion qui me satisfasse. Je voudrais bien, pour établir l'équilibre désiré, prendre quelque peu sur le bien d'autrui. Mais c'est dangereux. Ne pourriez-vous me faciliter la chose? Ne pourriez-vous me donner une bonne place? Ou bien gêner l'industrie de mes concurrents? Ou bien encore me prêter gratuitement des capitaux que vous aurez pris à leurs possesseurs? Ou élever mes enfants aux frais du public? Ou m'accorder des primes d'encouragement? Ou m'assurer le bien-être quand j'aurai cinquante ans? Par ce moyen, j'arriverai à mon but en toute quiétude de conscience, car la loi elle-même aura agi pour moi, et j'aurai tous les avantages de la spoliation sans en avoir ni les risques ni l'odieux! »
Comme il est certain, d'un côté, que nous adressons tous à l'État quelque requête semblable, et que, d'une autre part, il est avéré que l'État ne peut procurer satisfaction aux uns sans ajouter au travail des autres, en attendant une autre définition de l'État, je me crois autorisé à donner ici la mienne. Qui sait si elle ne remportera pas le prix? La voici:
L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde.
Car, aujourd'hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d'autrui. Ce sentiment, on n'ose l'afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s'adresse à l'État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. » Hélas! l'État n'a que trop de pente à suivre le diabolique conseil; car il est composé de ministres, de fonctionnaires, d'hommes enfin, qui, comme tous les hommes, portent au cœur le désir et saisissent toujours avec empressement l'occasion de voir grandir leurs richesses et leur influence. L'État comprend donc bien vite le parti qu'il peut tirer du rôle que le public lui confie. Il sera l'arbitre, le maître de toutes les destinées: il prendra beaucoup, donc il lui restera beaucoup à lui-même; il multipliera le nombre de ses agents, il élargira le cercle de ses attributions; il finira par acquérir des proportions écrasantes.
Mais ce qu'il faut bien remarquer, c'est l'étonnant aveuglement du public en tout ceci. Quand des soldats heureux réduisaient les vaincus en esclavage, ils étaient barbares, mais ils n'étaient pas absurdes. Leur but, comme le nôtre, était de vivre aux dépens d'autrui; mais, comme nous, ils ne le manquaient pas. Que devons-nous penser d'un peuple où l'on ne paraît pas se douter que le pillage réciproque n'en est pas moins pillage parce qu'il est réciproque; qu'il n'en est pas moins criminel parce qu'il s'exécute légalement et avec ordre; qu'il n'ajoute rien au bien-être public; qu'il le diminue au contraire de tout ce que coûte cet intermédiaire dispendieux que nous nommons l'État?
Et cette grande chimère, nous l'avons placée, pour l'édification du peuple, au frontispice de la Constitution. Voici les premiers mots du préambule: « La France s'est constituée en République pour... appeler tous les citoyens à un degré toujours plus élevé de moralité, de lumière et de bien-être. »
Ainsi, c'est la France ou l'abstraction, qui appelle les Français ou les réalités à la moralité, au bien-être, etc. N'est-ce pas abonder dans le sens de cette bizarre illusion qui nous porte à tout attendre d'une autre énergie que la nôtre? N'est-ce pas donner à entendre qu'il y a, à côté et en dehors des Français, un être vertueux, éclairé, riche, qui peut et doit verser sur eux ses bienfaits? N'est-ce pas supposer, et certes bien gratuitement, qu'il y a entre la France et les Français, entre la simple dénomination abrégée, abstraite, de toutes les individualités et ces individualités mêmes, des rapports de père à fils, de tuteur à pupille, de professeur à écolier? Je sais bien qu'on dit quelquefois métaphoriquement: La patrie est une mère tendre. Mais pour prendre en flagrant délit d'inanité la proposition constitutionnelle, il suffit de montrer qu'elle peut être retournée, je ne dirai pas sans inconvénient, mais même avec avantage. L'exactitude souffrirait-elle si le préambule avait dit:
« Les Français se sont constitués en République pour appeler la France à un degré toujours plus élevé de moralité, de lumière et de bien-être? »
Or, quelle est la valeur d'un axiome où le sujet et l'attribut peuvent chasser-croiser sans inconvénient? Tout le monde comprend qu'on dise: la mère allaitera l'enfant. Mais il serait ridicule de dire: l'enfant allaitera la mère.
Les Américains se faisaient une autre idée des relations des citoyens avec l'État, quand ils placèrent en tête de leur Constitution ces simples paroles:
« Nous, le peuple des États-Unis, pour former une union plus parfaite, établir la justice, assurer la tranquillité intérieure, pourvoir à la défense commune, accroître le bien-être général et assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à notre postérité, décrétons, etc. »
Ici point de création chimérique, point d'abstraction à laquelle les citoyens demandent tout. Ils n'attendent rien que d'eux-mêmes et de leur propre énergie.
Si je me suis permis de critiquer les premières paroles de notre Constitution, c'est qu'il ne s'agit pas, comme on pourrait le croire, d'une pure subtilité métaphysique. Je prétends que cette personnification de l'État a été dans le passé et sera dans l'avenir une source féconde de calamités et de révolutions.
Voilà le Public d'un côté, l'État de l'autre, considérés comme deux être distincts, celui-ci tenu d'épandre sur celui-là, celui-là ayant droit de réclamer de celui-ci le torrent des félicités humaines. Que doit-il arriver?
Au fait, l'État n'est pas manchot et ne peut l'être. Il a deux mains, l'une pour recevoir et l'autre pour donner, autrement dit, la main rude et la main douce. L'activité de la seconde est nécessairement subordonnée à l'activité de la première.
A la rigueur, l'État peut prendre et ne pas rendre. Cela s'est vu et s'explique par la nature poreuse et absorbante de ses mains, qui retiennent toujours une partie et quelquefois la totalité de ce qu'elles touchent. Mais ce qui ne s'est jamais vu, ce qui ne se verra jamais et ne se peut même concevoir, c'est que l'État rende au public plus qu'il ne lui a pris. C'est donc bien follement que nous prenons autour de lui l'humble attitude de mendiants. Il lui est radicalement impossible de conférer un avantage particulier à quelques-unes des individualités qui constituent la communauté, sans infliger un dommage supérieur à la communauté entière.
Il se trouve donc placé, par nos exigences, dans un cercle vicieux manifeste.
S'il refuse le bien qu'on exige de lui, il est accusé d'impuissance, de mauvais vouloir, d'incapacité. S'il essaie de le réaliser, il est réduit à frapper le peuple de taxes redoublées, à faire plus de mal que de bien, et à s'attirer, par un autre bout, la désaffection générale.
Ainsi, dans le public des espérances, dans le gouvernement deux promesses: beaucoup de bienfaits et pas d'impôts. Espérances et promesses qui, étant contradictoires, ne se réalisent jamais.
N'est-ce pas là la cause de toutes nos révolutions? Car entre l'État, qui prodigue les promesses impossibles, et le public, qui a conçu des espérances irréalisables, viennent s'interposer deux classes d'hommes: les ambitieux et les utopistes. Leur rôle est tout tracé par la situation. Il suffit à ces courtisans de popularité de crier aux oreilles du peuple: « Le pouvoir te trompe; si nous étions à sa place, nous te comblerions de bienfaits et t'affranchirions de taxes. »
Et le peuple croit, et le peuple espère, et le peuple fait une révolution.
Ses amis ne sont pas plus tôt aux affaires, qu'ils sont sommés de s'exécuter. « Donnez-moi donc du travail, du pain, des secours, du crédit, de l'instruction, des colonies, dit le peuple, et cependant, selon vos promesses, délivrez-moi des serres du fisc. »
L'État nouveau n'est pas moins embarrassé que l'État ancien, car, en fait d'impossible, on peut bien promettre, mais non tenir. Il cherche à gagner du temps, il lui en faut pour mûrir ses vastes projets. D'abord, il fait quelques timides essais; d'un côté, il étend quelque peu l'instruction primaire; de l'autre, il modifie quelque peu l'impôt des boissons (1830). Mais la contradiction se dresse toujours devant lui: s'il veut être philanthrope, il est forcé de rester fiscal; et s'il renonce à la fiscalité, il faut qu'il renonce aussi à la philanthropie.
Ces deux promesses s'empêchent toujours et nécessairement l'une l'autre. User du crédit, c'est-à-dire dévorer l'avenir, est bien un moyen actuel de les concilier; on essaie de faire un peu de bien dans le présent aux dépens de beaucoup de mal dans l'avenir. Mais ce procédé évoque le spectre de la banqueroute qui chasse le crédit. Que faire donc? Alors l'État nouveau prend son parti en brave; il réunit des forces pour se maintenir, il étouffe l'opinion, il a recours à l'arbitraire, il ridiculise ses anciennes maximes, il déclare qu'on ne peut administrer qu'à la condition d'être impopulaire; bref, il se proclame gouvernemental.
Et c'est là que d'autres courtisans de popularité l'attendent. Ils exploitent la même illusion, passent par la même voie, obtiennent le même succès, et vont bientôt s'engloutir dans le même gouffre. C'est ainsi que nous sommes arrivés en Février. À cette époque, l'illusion qui fait le sujet de cet article avait pénétré plus avant que jamais dans les idées du peuple, avec les doctrines socialistes. Plus que jamais, il s'attendait à ce que l'État sous la forme républicaine, ouvrirait toute grande la source des bienfaits et fermerait celle de l'impôt. « On m'a souvent trompé, disait le peuple, mais je veillerai moi-même à ce qu'on ne me trompe pas encore une fois. »
Que pouvait faire le gouvernement provisoire? Hélas! ce qu'on fait toujours en pareille conjoncture: promettre, et gagner du temps. Il n'y manque pas, et pour donner à ses promesses plus de solennité, il les fixa dans des décrets. « Augmentation de bien-être, diminution de travail, secours, crédit, instruction gratuite, colonies agricoles, défrichements, et en même temps réduction sur la taxe du sel, des boissons, des lettres, de la viande, tout sera accordé... vienne l'Assemblée nationale ».
L'Assemblée nationale est venue, et comme on ne peut réaliser deux contradictions, sa tâche, sa triste tâche, s'est bornée à retirer, le plus doucement possible, l'un après l'autre, tous les décrets du gouvernement provisoire.
Cependant, pour ne pas rendre la déception trop cruelle, il a bien fallu transiger quelque peu. Certains engagements ont été maintenus, d'autres ont reçu un tout petit commencement d'exécution. Aussi l'administration actuelle s'efforce-t-elle d'imaginer de nouvelles taxes. [...] "
Je cesse ici la citation, tout est déjà dit ... c'est l'illustration parfaite des 30ans dernières années de ce pays.
Moi maintenant, j'apprends à devenir britannique ou américain ... et pour paraphraser cette vieille femme qui fuyait l'allemagne nazie, et à qui l'on demandait les raison de son acte eu égard à son age, je déclarerais que je fais cela : "parce que je n'ai plus d'avenir ici"
sam
Quand je vois des citoyens manifester pour que l'on augmente leur charge d'esclave (retraites, postes d'enseignants, remboursements SECU, etc ...), j'avoue que je me marre!!
La France à choisi la route de la servitude (celle que décrit si bien hayek), c'est donc aux citoyens d'assumer ce choix.
Ce qui est grotesque dans cette histoire c'est que les citoyens viennent faire la manche auprès de l'état, sans même se rendre compte que c'est lui qui les ruinent (si tant est que l'on puisse considérer l'état comme une personne)!
Ce qui est désolant, c'est de voir les citoyens de ce pays continuer d'espérer dans l'état, sans même se rendre compte que les représentant de celui-ci ne sont de des vampires, des parasites qui passent leur temps à chercher de nouveaux moyens de sucer les forces de ceux qui font vivre cette nation.
J'ai beau faire, je vais encore devoir citer ce grand français inconnu chez nous (pour acheter ses oeuvres complètes en langue Française, il faut les commander aux USA): Frédéric Bastiat!
" Je voudrais qu'on fondât, un prix, non de cinq cents francs, mais d'un million, avec couronnes, croix et rubans, en faveur de celui qui donnerait une bonne, simple et intelligible définition de ce mot: l'État.
Quel immense service ne rendrait-il pas à la société! L'État! Qu'est-ce? où est-il? que fait-il? que devrait-il faire?
Tout ce que nous en savons, c'est que c'est un personnage mystérieux, et assurément le plus sollicité, le plus tourmenté, le plus affairé, le plus conseillé, le plus accusé, le plus invoqué et le plus provoqué qu'il y ait au monde.
Car, Monsieur, je n'ai pas l'honneur de vous connaître, mais je gage dix contre un que depuis six mois vous faites des utopies; et si vous en faites, je gage dix contre un que vous chargez l'État de les réaliser.
Et vous, Madame, je suis sûr que vous désirez du fond du cœur guérir tous les maux de la triste humanité, et que vous n'y seriez nullement embarrassée si l'État voulait seulement s'y prêter.
Mais, hélas! le malheureux, comme Figaro, ne sait ni qui entendre, ni de quel côté se tourner. Les cent mille bouches de la presse et de la tribune lui crient à la fois:
« Organisez le travail et les travailleurs.
Extirpez l'égoïsme.
Réprimez l'insolence et la tyrannie du capital.
Faites des expériences sur le fumier et sur les œufs.
Sillonnez le pays de chemins de fer.
Irriguez les plaines.
Boisez les montagnes.
Fondez des fermes-modèles
Fondez des ateliers harmoniques.
Colonisez l'Algérie.
Allaitez les enfants.
Instruisez la jeunesse.
Secourez la vieillesse.
Envoyez dans les campagnes les habitants des villes.
Pondérez les profits de toutes les industries.
Prêtez de l'argent, et sans intérêt, à ceux qui en désirent.
Affranchissez l'Italie, la Pologne et la Hongrie.
Élevez et perfectionnez le cheval de selle.
Encouragez l'art, formez-nous des musiciens et des danseuses.
Prohibez le commerce et, du même coup, créez une marine marchande.
Découvrez la vérité et jetez dans nos têtes un grain de raison. L'État a pour mission d'éclairer, de développer, d'agrandir, de fortifier, de spiritualiser et de sanctifier l'âme des peuples. »
— « Eh! Messieurs, un peu de patience, répond l'État, d'un air piteux. »
« J'essaierai de vous satisfaire, mais pour cela il me faut quelques ressources. J'ai préparé des projets concernant cinq ou six impôts tout nouveaux et les plus bénins du monde. Vous verrez quel plaisir on a à les payer. »
Mais alors un grand cri s'élève: « Haro! haro! le beau mérite de faire quelque chose avec des ressources! Il ne vaudrait pas la peine de s'appeler l'État. Loin de nous frapper de nouvelles taxes, nous vous sommons de retirer les anciennes. Supprimez:
L'impôt du sel;
L'impôt des boissons;
L'impôt des lettres;
L'octroi;
Les patentes;
Les prestations. »
Au milieu de ce tumulte, et après que le pays a changé deux ou trois fois son État pour n'avoir pas satisfait à toutes ces demandes, j'ai voulu faire observer qu'elles étaient contradictoires. De quoi me suis-je avisé, bon Dieu! ne pouvais-je garder pour moi cette malencontreuse remarque?
Me voilà discrédité à tout jamais; et il est maintenant reçu que je suis un homme sans cœur et sans entrailles, un philosophe sec, un individualiste, un bourgeois, et, pour tout dire en un mot, un économiste de l'école anglaise ou américaine.
Oh! pardonnez-moi, écrivains sublimes, que rien n'arrête, pas même les contradictions. J'ai tort, sans doute, et je me rétracte de grand cœur. Je ne demande pas mieux, soyez-en sûrs, que vous ayez vraiment découvert, en dehors de nous, un être bienfaisant et inépuisable, s'appelant l'État, qui ait du pain pour toutes les bouches, du travail pour tous les bras, des capitaux pour toutes les entreprises, du crédit pour tous les projets, de l'huile pour toutes les plaies, du baume pour toutes les souffrances, des conseils pour toutes les perplexités, des solutions pour tous les doutes, des vérités pour toutes les intelligences, des distractions pour tous les ennuis, du lait pour l'enfance, du vin pour la vieillesse, qui pourvoie à tous nos besoins, prévienne tous nos désirs, satisfasse toutes nos curiosités, redresse toutes nos erreurs, toutes nos fautes, et nous dispense tous désormais de prévoyance, de prudence, de jugement, de sagacité, d'expérience, d'ordre, d'économie, de tempérance et d'activité.
Et pourquoi ne le désirerais-je pas? Dieu me pardonne, plus j'y réfléchis, plus je trouve que la chose est commode, et il me tarde d'avoir, moi aussi, à ma portée, cette source intarissable de richesses et de lumières, ce médecin universel, ce trésor sans fond, ce conseiller infaillible que vous nommez l'État.
Aussi je demande qu'on me le montre, qu'on me le définisse, et c'est pourquoi je propose la fondation d'un prix pour le premier qui découvrira ce phénix. Car enfin, on m'accordera bien que cette découverte précieuse n'a pas encore été faite, puisque, jusqu'ici, tout ce qui se présente sous le nom d'État, le peuple le renverse aussitôt, précisément parce qu'il ne remplit pas les conditions quelque peu contradictoires du programme.
Faut-il le dire? Je crains que nous ne soyons, à cet égard, dupes d'une des plus bizarres illusions qui se soient jamais emparées de l'esprit humain.
L'homme répugne à la Peine, à la Souffrance. Et cependant il est condamné par la nature à la Souffrance de la Privation, s'il ne prend pas la Peine du Travail. Il n'a donc que le choix entre ces deux maux.
Comment faire pour les éviter tous deux? Il n'a jusqu'ici trouvé et ne trouvera jamais qu'un moyen: c'est de jouir du travail d'autrui; c'est de faire en sorte que la Peine et la Satisfaction n'incombent pas à chacun selon la proportion naturelle, mais que toute la peine soit pour les uns et toutes les satisfactions pour les autres. De là l'esclavage, de là encore la spoliation, quelque forme qu'elle prenne: guerres, impostures, violences, restrictions, fraudes, etc., abus monstrueux, mais conséquents avec la pensée qui leur a donné naissance. On doit haïr et combattre les oppresseurs, on ne peut pas dire qu'ils soient absurdes.
L'esclavage s'en va, grâce au Ciel, et, d'un autre côté, cette disposition où nous sommes à défendre notre bien, fait que la Spoliation directe et naïve n'est pas facile. Une chose cependant est restée. C'est ce malheureux penchant primitif que portent en eux tous les hommes à faire deux parts du lot complexe de la vie, rejetant la Peine sur autrui et gardant la Satisfaction pour eux-mêmes. Reste à voir sous quelle forme nouvelle se manifeste cette triste tendance.
L'oppresseur n'agit plus directement par ses propres forces sur l'opprimé. Non, notre conscience est devenue trop méticuleuse pour cela. Il y a bien encore le tyran et la victime, mais entre eux se place un intermédiaire qui est l'État, c'est-à-dire la loi elle-même. Quoi de plus propre à faire taire nos scrupules et, ce qui est peut-être plus apprécié, à vaincre les résistances? Donc, tous, à un titre quelconque, sous un prétexte ou sous un autre, nous nous adressons à l'État. Nous lui disons: « Je ne trouve pas qu'il y ait, entre mes jouissances et mon travail, une proportion qui me satisfasse. Je voudrais bien, pour établir l'équilibre désiré, prendre quelque peu sur le bien d'autrui. Mais c'est dangereux. Ne pourriez-vous me faciliter la chose? Ne pourriez-vous me donner une bonne place? Ou bien gêner l'industrie de mes concurrents? Ou bien encore me prêter gratuitement des capitaux que vous aurez pris à leurs possesseurs? Ou élever mes enfants aux frais du public? Ou m'accorder des primes d'encouragement? Ou m'assurer le bien-être quand j'aurai cinquante ans? Par ce moyen, j'arriverai à mon but en toute quiétude de conscience, car la loi elle-même aura agi pour moi, et j'aurai tous les avantages de la spoliation sans en avoir ni les risques ni l'odieux! »
Comme il est certain, d'un côté, que nous adressons tous à l'État quelque requête semblable, et que, d'une autre part, il est avéré que l'État ne peut procurer satisfaction aux uns sans ajouter au travail des autres, en attendant une autre définition de l'État, je me crois autorisé à donner ici la mienne. Qui sait si elle ne remportera pas le prix? La voici:
L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde.
Car, aujourd'hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d'autrui. Ce sentiment, on n'ose l'afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s'adresse à l'État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. » Hélas! l'État n'a que trop de pente à suivre le diabolique conseil; car il est composé de ministres, de fonctionnaires, d'hommes enfin, qui, comme tous les hommes, portent au cœur le désir et saisissent toujours avec empressement l'occasion de voir grandir leurs richesses et leur influence. L'État comprend donc bien vite le parti qu'il peut tirer du rôle que le public lui confie. Il sera l'arbitre, le maître de toutes les destinées: il prendra beaucoup, donc il lui restera beaucoup à lui-même; il multipliera le nombre de ses agents, il élargira le cercle de ses attributions; il finira par acquérir des proportions écrasantes.
Mais ce qu'il faut bien remarquer, c'est l'étonnant aveuglement du public en tout ceci. Quand des soldats heureux réduisaient les vaincus en esclavage, ils étaient barbares, mais ils n'étaient pas absurdes. Leur but, comme le nôtre, était de vivre aux dépens d'autrui; mais, comme nous, ils ne le manquaient pas. Que devons-nous penser d'un peuple où l'on ne paraît pas se douter que le pillage réciproque n'en est pas moins pillage parce qu'il est réciproque; qu'il n'en est pas moins criminel parce qu'il s'exécute légalement et avec ordre; qu'il n'ajoute rien au bien-être public; qu'il le diminue au contraire de tout ce que coûte cet intermédiaire dispendieux que nous nommons l'État?
Et cette grande chimère, nous l'avons placée, pour l'édification du peuple, au frontispice de la Constitution. Voici les premiers mots du préambule: « La France s'est constituée en République pour... appeler tous les citoyens à un degré toujours plus élevé de moralité, de lumière et de bien-être. »
Ainsi, c'est la France ou l'abstraction, qui appelle les Français ou les réalités à la moralité, au bien-être, etc. N'est-ce pas abonder dans le sens de cette bizarre illusion qui nous porte à tout attendre d'une autre énergie que la nôtre? N'est-ce pas donner à entendre qu'il y a, à côté et en dehors des Français, un être vertueux, éclairé, riche, qui peut et doit verser sur eux ses bienfaits? N'est-ce pas supposer, et certes bien gratuitement, qu'il y a entre la France et les Français, entre la simple dénomination abrégée, abstraite, de toutes les individualités et ces individualités mêmes, des rapports de père à fils, de tuteur à pupille, de professeur à écolier? Je sais bien qu'on dit quelquefois métaphoriquement: La patrie est une mère tendre. Mais pour prendre en flagrant délit d'inanité la proposition constitutionnelle, il suffit de montrer qu'elle peut être retournée, je ne dirai pas sans inconvénient, mais même avec avantage. L'exactitude souffrirait-elle si le préambule avait dit:
« Les Français se sont constitués en République pour appeler la France à un degré toujours plus élevé de moralité, de lumière et de bien-être? »
Or, quelle est la valeur d'un axiome où le sujet et l'attribut peuvent chasser-croiser sans inconvénient? Tout le monde comprend qu'on dise: la mère allaitera l'enfant. Mais il serait ridicule de dire: l'enfant allaitera la mère.
Les Américains se faisaient une autre idée des relations des citoyens avec l'État, quand ils placèrent en tête de leur Constitution ces simples paroles:
« Nous, le peuple des États-Unis, pour former une union plus parfaite, établir la justice, assurer la tranquillité intérieure, pourvoir à la défense commune, accroître le bien-être général et assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à notre postérité, décrétons, etc. »
Ici point de création chimérique, point d'abstraction à laquelle les citoyens demandent tout. Ils n'attendent rien que d'eux-mêmes et de leur propre énergie.
Si je me suis permis de critiquer les premières paroles de notre Constitution, c'est qu'il ne s'agit pas, comme on pourrait le croire, d'une pure subtilité métaphysique. Je prétends que cette personnification de l'État a été dans le passé et sera dans l'avenir une source féconde de calamités et de révolutions.
Voilà le Public d'un côté, l'État de l'autre, considérés comme deux être distincts, celui-ci tenu d'épandre sur celui-là, celui-là ayant droit de réclamer de celui-ci le torrent des félicités humaines. Que doit-il arriver?
Au fait, l'État n'est pas manchot et ne peut l'être. Il a deux mains, l'une pour recevoir et l'autre pour donner, autrement dit, la main rude et la main douce. L'activité de la seconde est nécessairement subordonnée à l'activité de la première.
A la rigueur, l'État peut prendre et ne pas rendre. Cela s'est vu et s'explique par la nature poreuse et absorbante de ses mains, qui retiennent toujours une partie et quelquefois la totalité de ce qu'elles touchent. Mais ce qui ne s'est jamais vu, ce qui ne se verra jamais et ne se peut même concevoir, c'est que l'État rende au public plus qu'il ne lui a pris. C'est donc bien follement que nous prenons autour de lui l'humble attitude de mendiants. Il lui est radicalement impossible de conférer un avantage particulier à quelques-unes des individualités qui constituent la communauté, sans infliger un dommage supérieur à la communauté entière.
Il se trouve donc placé, par nos exigences, dans un cercle vicieux manifeste.
S'il refuse le bien qu'on exige de lui, il est accusé d'impuissance, de mauvais vouloir, d'incapacité. S'il essaie de le réaliser, il est réduit à frapper le peuple de taxes redoublées, à faire plus de mal que de bien, et à s'attirer, par un autre bout, la désaffection générale.
Ainsi, dans le public des espérances, dans le gouvernement deux promesses: beaucoup de bienfaits et pas d'impôts. Espérances et promesses qui, étant contradictoires, ne se réalisent jamais.
N'est-ce pas là la cause de toutes nos révolutions? Car entre l'État, qui prodigue les promesses impossibles, et le public, qui a conçu des espérances irréalisables, viennent s'interposer deux classes d'hommes: les ambitieux et les utopistes. Leur rôle est tout tracé par la situation. Il suffit à ces courtisans de popularité de crier aux oreilles du peuple: « Le pouvoir te trompe; si nous étions à sa place, nous te comblerions de bienfaits et t'affranchirions de taxes. »
Et le peuple croit, et le peuple espère, et le peuple fait une révolution.
Ses amis ne sont pas plus tôt aux affaires, qu'ils sont sommés de s'exécuter. « Donnez-moi donc du travail, du pain, des secours, du crédit, de l'instruction, des colonies, dit le peuple, et cependant, selon vos promesses, délivrez-moi des serres du fisc. »
L'État nouveau n'est pas moins embarrassé que l'État ancien, car, en fait d'impossible, on peut bien promettre, mais non tenir. Il cherche à gagner du temps, il lui en faut pour mûrir ses vastes projets. D'abord, il fait quelques timides essais; d'un côté, il étend quelque peu l'instruction primaire; de l'autre, il modifie quelque peu l'impôt des boissons (1830). Mais la contradiction se dresse toujours devant lui: s'il veut être philanthrope, il est forcé de rester fiscal; et s'il renonce à la fiscalité, il faut qu'il renonce aussi à la philanthropie.
Ces deux promesses s'empêchent toujours et nécessairement l'une l'autre. User du crédit, c'est-à-dire dévorer l'avenir, est bien un moyen actuel de les concilier; on essaie de faire un peu de bien dans le présent aux dépens de beaucoup de mal dans l'avenir. Mais ce procédé évoque le spectre de la banqueroute qui chasse le crédit. Que faire donc? Alors l'État nouveau prend son parti en brave; il réunit des forces pour se maintenir, il étouffe l'opinion, il a recours à l'arbitraire, il ridiculise ses anciennes maximes, il déclare qu'on ne peut administrer qu'à la condition d'être impopulaire; bref, il se proclame gouvernemental.
Et c'est là que d'autres courtisans de popularité l'attendent. Ils exploitent la même illusion, passent par la même voie, obtiennent le même succès, et vont bientôt s'engloutir dans le même gouffre. C'est ainsi que nous sommes arrivés en Février. À cette époque, l'illusion qui fait le sujet de cet article avait pénétré plus avant que jamais dans les idées du peuple, avec les doctrines socialistes. Plus que jamais, il s'attendait à ce que l'État sous la forme républicaine, ouvrirait toute grande la source des bienfaits et fermerait celle de l'impôt. « On m'a souvent trompé, disait le peuple, mais je veillerai moi-même à ce qu'on ne me trompe pas encore une fois. »
Que pouvait faire le gouvernement provisoire? Hélas! ce qu'on fait toujours en pareille conjoncture: promettre, et gagner du temps. Il n'y manque pas, et pour donner à ses promesses plus de solennité, il les fixa dans des décrets. « Augmentation de bien-être, diminution de travail, secours, crédit, instruction gratuite, colonies agricoles, défrichements, et en même temps réduction sur la taxe du sel, des boissons, des lettres, de la viande, tout sera accordé... vienne l'Assemblée nationale ».
L'Assemblée nationale est venue, et comme on ne peut réaliser deux contradictions, sa tâche, sa triste tâche, s'est bornée à retirer, le plus doucement possible, l'un après l'autre, tous les décrets du gouvernement provisoire.
Cependant, pour ne pas rendre la déception trop cruelle, il a bien fallu transiger quelque peu. Certains engagements ont été maintenus, d'autres ont reçu un tout petit commencement d'exécution. Aussi l'administration actuelle s'efforce-t-elle d'imaginer de nouvelles taxes. [...] "
Je cesse ici la citation, tout est déjà dit ... c'est l'illustration parfaite des 30ans dernières années de ce pays.
Moi maintenant, j'apprends à devenir britannique ou américain ... et pour paraphraser cette vieille femme qui fuyait l'allemagne nazie, et à qui l'on demandait les raison de son acte eu égard à son age, je déclarerais que je fais cela : "parce que je n'ai plus d'avenir ici"
sam
@ fboizard
" Ecoutez les commentateurs : ils sont nombreux, pour ne pas dire très majoritaires, à se réjouir plus ou moins ouvertement d'un éventuel retour de l'inflation."
C'est normal! Vous n'imaginez tous de même pas qu'ils sont idiots? Eux au moins ils ont eu la chance d'apprendre quelque chose à l'école! Et maintenant qu'ils se rendent compte qu'ils ont des dettes monstrueuses, ils cherchent une solution pour les payer en monnaie de singe car ils ont bien compris que le niveau d'abrutissement et d'inculture dans lequel ils laissent leurs enfant ne permettra pas à ces derniers de solder les dettes.
Ne les prenez pas pour des ânes, ils en sont loin ... il sont machiavéliques
@Freddy Len
Question idiote: vendre la tour Eiffel ou les châteaux de la loire, vous le ferriez vous? Et vendre la grotte de lascaux, ou l'opéra de paris? Et pourquoi pas les alpes et les pyrénés, après tout je suis sur qu'on trouverait preneur ... et même nous pouvions solder nos dettes de cette façons, imaginez vous les conséquences de cette vente?
Une génération qui à hérité de ces parents, grands-parents, arrières grands-parents ... bref de ces ancêtres; et qui a tellement bien géré cet héritage historique qu'elle ne laisse rien à ses enfants ... sauf une société miséreuse et sans avenir ... franchement même en soldant les dettes financières, la dette d'honneur restera monstrueuse!
@Quimboiseur
"Si au moins on s'endettait pour des investissments !"
Mais vous n'y penser pas! les investissements ça ne sert pas à calmer la rue! ça prépare l'avenir des enfants et donc ça ne calme pas les connards de retraités (pardon, mais la c'est le cœur qui parle) qui n'ont pas été foutu de prendre une complémentaire retraite pendant leur vie!
récemment je travaillais dans un collège (service informatique, imaginez le niveau de condescendance des profs ... avant qu'ils sachent que j'avais un doctorat); la CPE me sort texto lors du repas du midi : "j'ai beau avoir un logement de fonction, je n'ai jamais réussi à mettre d'argent de coté en 30ans (par contre, elle se vente d'aller à la montagne et à la mer tous les ans, aux resto 2 fois par semaine, etc)
Question: suis-je un monstre quand je refuse de payer la retraite de cette "femme" pendant que mes parents (simples ouvriers) se sont constitués une retraite complémentaire (par contre on allait pas à la montagne tous les ans)???
ce pays est foutu! pas parce qu'il ne peut pas s'en sortir, pas parce que les dettes sont trop monstrueuses; mais simplement parce qu'il a perdu toute notion de morale et d'effort!
Il ne reste plus ici que des oisifs suffisants, fiers de leur insignifiance et de leur incompétence ... comment voulez-vous avec cela faire une nation qui comptera dans le monde a venir?
sam
" Ecoutez les commentateurs : ils sont nombreux, pour ne pas dire très majoritaires, à se réjouir plus ou moins ouvertement d'un éventuel retour de l'inflation."
C'est normal! Vous n'imaginez tous de même pas qu'ils sont idiots? Eux au moins ils ont eu la chance d'apprendre quelque chose à l'école! Et maintenant qu'ils se rendent compte qu'ils ont des dettes monstrueuses, ils cherchent une solution pour les payer en monnaie de singe car ils ont bien compris que le niveau d'abrutissement et d'inculture dans lequel ils laissent leurs enfant ne permettra pas à ces derniers de solder les dettes.
Ne les prenez pas pour des ânes, ils en sont loin ... il sont machiavéliques
@Freddy Len
Question idiote: vendre la tour Eiffel ou les châteaux de la loire, vous le ferriez vous? Et vendre la grotte de lascaux, ou l'opéra de paris? Et pourquoi pas les alpes et les pyrénés, après tout je suis sur qu'on trouverait preneur ... et même nous pouvions solder nos dettes de cette façons, imaginez vous les conséquences de cette vente?
Une génération qui à hérité de ces parents, grands-parents, arrières grands-parents ... bref de ces ancêtres; et qui a tellement bien géré cet héritage historique qu'elle ne laisse rien à ses enfants ... sauf une société miséreuse et sans avenir ... franchement même en soldant les dettes financières, la dette d'honneur restera monstrueuse!
@Quimboiseur
"Si au moins on s'endettait pour des investissments !"
Mais vous n'y penser pas! les investissements ça ne sert pas à calmer la rue! ça prépare l'avenir des enfants et donc ça ne calme pas les connards de retraités (pardon, mais la c'est le cœur qui parle) qui n'ont pas été foutu de prendre une complémentaire retraite pendant leur vie!
récemment je travaillais dans un collège (service informatique, imaginez le niveau de condescendance des profs ... avant qu'ils sachent que j'avais un doctorat); la CPE me sort texto lors du repas du midi : "j'ai beau avoir un logement de fonction, je n'ai jamais réussi à mettre d'argent de coté en 30ans (par contre, elle se vente d'aller à la montagne et à la mer tous les ans, aux resto 2 fois par semaine, etc)
Question: suis-je un monstre quand je refuse de payer la retraite de cette "femme" pendant que mes parents (simples ouvriers) se sont constitués une retraite complémentaire (par contre on allait pas à la montagne tous les ans)???
ce pays est foutu! pas parce qu'il ne peut pas s'en sortir, pas parce que les dettes sont trop monstrueuses; mais simplement parce qu'il a perdu toute notion de morale et d'effort!
Il ne reste plus ici que des oisifs suffisants, fiers de leur insignifiance et de leur incompétence ... comment voulez-vous avec cela faire une nation qui comptera dans le monde a venir?
sam
@fboizard
"Je vous fais remarquer que les lycéens les plus péremptoires sont souvent les plus incultes"
+1
"Je vous fais remarquer que les lycéens les plus péremptoires sont souvent les plus incultes"
+1
Cher Jean-Louis, je ne sais quoi dire tant votre texte me parle... Cela fait bien longtemps que je pressens tout ce que vous décrivez et aujourd'hui, j'ai le sentiment que tout ceci est devenu malheureusement inéluctable.
Comment faire pour éviter le désastre? Le plus effarant à mes yeux, c'est l'état d'insouciance qui règne sur la plupart des esprits!
Sœur Jeanne ne vois-tu rien venir...
Finalement, on peut se demander à quoi sert l'histoire...
En tout cas, un grand merci une fois de plus pour votre lucidité et la clarté de vos idées.
Comment faire pour éviter le désastre? Le plus effarant à mes yeux, c'est l'état d'insouciance qui règne sur la plupart des esprits!
Sœur Jeanne ne vois-tu rien venir...
Finalement, on peut se demander à quoi sert l'histoire...
En tout cas, un grand merci une fois de plus pour votre lucidité et la clarté de vos idées.
L'Histoire nous permet peut être de comprendre les grandes tendances de l'Humanité, mais au niveau individuel, aucun de ses composantes ( nous, les individus ) semblent ne s'interroger sur son influence dans cette même humanité.
C'est un peu comme l'apprentissage d'un savoir : ce savoir se perfectionne, mais chaque apprenant ( oups, le vilain mot !!! ) recommence tout à zéro, de la même manière que celui qui l'a précédé 500 ans plus tôt.
C'est un peu comme l'apprentissage d'un savoir : ce savoir se perfectionne, mais chaque apprenant ( oups, le vilain mot !!! ) recommence tout à zéro, de la même manière que celui qui l'a précédé 500 ans plus tôt.
à Esteban
JMLP n'est pas u fasciste, une erreure fatale pour tous ceux qui ont marché dans le coup de son diabolisation. Il n'est pas un libéral dans le sens de Reichman, mais il était le seul homme hors système. La France a eu beaucoup de carrefours où elle pouvait s'en sortir. Les electeurs ne l'ont pas fait.Dans le chaos qui nous attend je vois une seule aboutissement: la dictature. De se poser la question de quelle sorte, n'a pas de sens. Hitler a copié Stalin et Lenin a étudié la révolution française. Mais les français sont pleinement responsables de leur destin, car il s'attachent sur les poteaux de leurs guillotines car on leur a dit que c'est pour leur bien.(p.ex pour le bien de leur retraite, pour amour entre les peuples...on accepte à se faire bruler les voitures tous les jours depuis 30 ans) Et quand le tetes tombent ils répondent: S'IL FAUT IL FAUT MONSIEUR
la diabolisation de JMLP n'est qu'une ligné de soummission intellectuelle à une dictature qui existe déjà. On n'est pas obligé d'etre d'acc avec son programme électoral ( à condition qu'on l'a lu), mais baisser les yeux devant l'affaire Carpentrasse et autre...chacun doit examiner sa conscience.Et le peuple a le destin qu'il mérite
dagmar
PS a esteban
si vous étiez dans la rue pour manifester contre JMLP, de quoi avez vous peur???SVP. Vous avez,par cette manifestation confirmé votre choix du système en place, donc vous avez ce que vous avez voulu...êtez vous hereux? vous devriez.
JMLP n'est pas u fasciste, une erreure fatale pour tous ceux qui ont marché dans le coup de son diabolisation. Il n'est pas un libéral dans le sens de Reichman, mais il était le seul homme hors système. La France a eu beaucoup de carrefours où elle pouvait s'en sortir. Les electeurs ne l'ont pas fait.Dans le chaos qui nous attend je vois une seule aboutissement: la dictature. De se poser la question de quelle sorte, n'a pas de sens. Hitler a copié Stalin et Lenin a étudié la révolution française. Mais les français sont pleinement responsables de leur destin, car il s'attachent sur les poteaux de leurs guillotines car on leur a dit que c'est pour leur bien.(p.ex pour le bien de leur retraite, pour amour entre les peuples...on accepte à se faire bruler les voitures tous les jours depuis 30 ans) Et quand le tetes tombent ils répondent: S'IL FAUT IL FAUT MONSIEUR
la diabolisation de JMLP n'est qu'une ligné de soummission intellectuelle à une dictature qui existe déjà. On n'est pas obligé d'etre d'acc avec son programme électoral ( à condition qu'on l'a lu), mais baisser les yeux devant l'affaire Carpentrasse et autre...chacun doit examiner sa conscience.Et le peuple a le destin qu'il mérite
dagmar
PS a esteban
si vous étiez dans la rue pour manifester contre JMLP, de quoi avez vous peur???SVP. Vous avez,par cette manifestation confirmé votre choix du système en place, donc vous avez ce que vous avez voulu...êtez vous hereux? vous devriez.
@ esteban
entre le fascisme, le socialisme, le communisme, ... et tous les systèmes passés, présent, ou à venir qui sont basés sur le collectivisme (et donc la spoliation organisé à une échelle à laquelle aucun truand non-homme-politique ne peut prétendre) ... il n'y à tout au plus qu'une différence de degré!
Entre Hitler et Staline, il n'y à que peu de différence (quoi qu'en disent nos gauchistes franchouillards qui feraient bien de relire leur classiques):
- le premier à affiché la couleur tout de suite: il n'a pas cherché à cacher l'abomination qu'il s'apprêtait à commettre
- le second à enveloppé l'abomination et la monstruosité des camps et des fosses communes sous le voile de l'idéal et du bien commun.
Quel fut le résultat? Encore plus de morts à mettre à l'actif du second par rapport au premier!!
Tout cela est admirablement démontré dans deux ouvrages que je vous conseille:
- "La route de la servitude" de F. Hayek qui décrit de façon magnifique l'avenir de la france d'aujourd'hui (si l'on sait lire un peu entre les ligne et ouvrir les yeux).
- "la grande parade" de J-F. Revel ... presque impossible à se procurer et qui analyse pourtant si bien comment la france s'est enfoncé dans la médiocrité et le grotesque depuis 30ans.
sam
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entre le fascisme, le socialisme, le communisme, ... et tous les systèmes passés, présent, ou à venir qui sont basés sur le collectivisme (et donc la spoliation organisé à une échelle à laquelle aucun truand non-homme-politique ne peut prétendre) ... il n'y à tout au plus qu'une différence de degré!
Entre Hitler et Staline, il n'y à que peu de différence (quoi qu'en disent nos gauchistes franchouillards qui feraient bien de relire leur classiques):
- le premier à affiché la couleur tout de suite: il n'a pas cherché à cacher l'abomination qu'il s'apprêtait à commettre
- le second à enveloppé l'abomination et la monstruosité des camps et des fosses communes sous le voile de l'idéal et du bien commun.
Quel fut le résultat? Encore plus de morts à mettre à l'actif du second par rapport au premier!!
Tout cela est admirablement démontré dans deux ouvrages que je vous conseille:
- "La route de la servitude" de F. Hayek qui décrit de façon magnifique l'avenir de la france d'aujourd'hui (si l'on sait lire un peu entre les ligne et ouvrir les yeux).
- "la grande parade" de J-F. Revel ... presque impossible à se procurer et qui analyse pourtant si bien comment la france s'est enfoncé dans la médiocrité et le grotesque depuis 30ans.
sam
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