2008-04-04

 

Rigueur

Le débat en cours autour de la rigueur aurait de quoi faire rire s’il n’était pas si symptomatique du drame français qui se joue sous nos yeux. Le mot même de « rigueur » fait partie de ces mots qu’il faudrait ne pas prononcer.

Le pays est à l’image du paquebot « France » auquel Michel Sardou avait consacré une terrible chanson qui suscita tant de polémiques à l'époque. D’ailleurs, ce chanteur réputé engagé à droite ne pouvait pas être quelqu’un d’estimable aux yeux de ceux qui font le bon goût. En France, il convient d'être engagé, mais dans un unique sens approuvé par les gardiens du temple. Mais c’est une autre histoire…
A cette époque, tout le monde savait que le paquebot « France » était très mal géré, que l’on entretenait un personnel bien au-dessus des moyens du navire au nom de l’expérimentation sociale. Et le jour inévitable où l’affaire fait faillite, tout le monde hurle aux loups en se renvoyant la responsabilité. Depuis, le navire a fait une formidable carrière dans le secteur privé, exploitant le créneau très dynamique de la croisière de masse, sous pavillon étranger avant d'être démembré dans un port indien. Quand les gens veulent vraiment travailler pour s’en sortir, il n’y a pas d’affaires intrinsèquement non rentables. Une affaire n’est pas rentable lorsque les frais d’exploitation sont mal ajustés, lorsqu’ils sont disproportionnés par rapport à l’activité générée par l’affaire en question. C’est un principe universel.

Notre pays est à l’image du paquebot. Les frais d’intendance sont largement disproportionnés par rapport à l’activité du pays de sorte que les charges qui pèsent sur les actifs qui créent des richesses en deviennent insupportables. Alors on reporte cette charge sur le futur, en laissant filer la dette, croyant ainsi éviter le désastre alors que l’on ne change pas nos habitudes. La gauche ne manque pas de culot d’ironiser sur la rigueur et il faut une certaine dose d’abnégation pour se laisser donner des leçons de gestion par des socialistes dont le seul réflexe consiste à dépenser l’argent gagné par d’autres.
De toute façon, la rigueur n’est pas un choix : on la subit à défaut de savoir gérer en toute responsabilité ses revenus. Et il est somme toute normal de gérer avec le plus de rigueur possible la cagnotte commune, c’est-à-dire l’argent des français. Pourtant, à peine l’Etat cherche-t-il à faire des économies dont le montant reste homéopathique par rapport à l’ampleur de la dérive, et on assiste aux sempiternelles manifestations d’humeur et de colère tandis que les lycéens manipulés par des professeurs revanchards rêvent de rejouer à mai 68. Pitoyable !
Le budget de l’éducation nationale représente le premier poste budgétaire de l’Etat français, dépassant 80 milliards d’euros, ce qui représente un montant que le produit de l’impôt sur le revenu ne peut même plus couvrir. Mais non contents d’être budgétivores, les lycéens dans la rue crient au manque de moyens…
Il est certain que l’on manque cruellement de moyens en France, mais pas tellement de moyens financiers. Ce sont les moyens intellectuels, les compétences, le capital humain, l’intelligence qui nous font cruellement défaut au point qu’on en est réduit à importer les cerveaux pour remplir les filières universitaires réputées les plus sélectives. Pendant ce temps, nos cerveaux les plus médiatiques dissertent sur la fin proche du libéralisme.

Comments:
Et oui : toujours cette fameuse politique de l'autruche et des apparences...
Je finis par croire que nous sommes incapables d'autre chose, que le pire nous attend donc à cause de notre immobilisme...
C'est triste quand on pense au capital humain qui, lui, est bien présent!
quel gâchis!
 
Comment sortir de cette spirale vicieuse sans "révolution".
On va évaluer la portée des réformes "projetées" par Sarkozy dans son discours du 4 avril 2008 et sa capacité à le mettre en œuvre, aux réactions syndicales et aux mobilisations gauchistes !
Si rien ne bouge dans la rue dans les semaines qui viennent, c'est que nous n'avons eu à faire qu'à des mots !
Si la gauche et son "bras armé" mobilisent et menacent de bloquer la France, c'est que ces mesures sont vraiment dangereuses pour leurs fromages. Et à ce moment là on entre dans la vraie "politique".
Il importera alors de les mettre au pas et de montrer que l'Etat et la démocratie, maintenant que l'économie française est le dos au mur, doit prendre le dessus sur la rue!

Une véritable révolution !

Sinon, rien ne sera fait et "IL" aura montré son incapacité à diriger la France.
 
Enfin quelques mesures solides annoncées par NS !
La fusion au ministère des finances était indispensable.
Les syndicats et la gauche poussent leurs beuglement rituels tellement répétés que je ne prends même pas la peine de les reproduire ici.
On va bien voir comment le gouvernement va maintenir le cap face aux menaces, probablement vite mises à exécution, de grèves et de manifestations.
C'est au pied du mur qu'on voit la qualité du maçon.
 
Cher JLC,

En fait de formidable carrière dans le secteur privé, notre pauvre vieille gloire fait ça :

http://www.revedefrance.com/blue_lady.htm

Cela donne un pincement au coeur, mine de rien. Enfin, rien n'est éternel...
 
SECURITY CENTER: See Please Here
 
"Quand les gens veulent vraiment travailler pour s’en sortir, il n’y a pas d’affaires intrinsèquement non rentables."

Hum! Si je vends un produit dont personne ne veut... très coûteux à fabriquer... comment serai-je rentable?
 
Sans nécessairement rebondir sur le sujet mais pour parler de l'un des représentants les plus en vue de la critique "qui convient", de la gauche caviar-à-la-bonne-conscience, je signale que Jack Lang vient de faire son intéressant en Cote-d'Ivoire. Comme dit l'un des commentaires de l'article "si ce fait avait été d'un homme de droite, que n'entendrait-on pas !", mais là, c'est le grand Jack...
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/04/03/01002-20080403ARTFIG00719-la-video-qui-embarrasse-jack-lang-.php
 
Les mots ont un destin. Celui des mots «rigueur» et «libéral» est digne de réflexion.

Voilà des mots qui pour nos aïeux étaient laudatifs : éducation libérale, comportement libéral, rigueur scientifique, démonstration rigoureuse, gestion rigoureuse etc.

Maintenant, ils sont devenus des insultes ou, pour le moins, des mots pas très fréquentables.

Qui a raison, de nos ancêtres ou de la génération actuelle ?

Disons que la génération actuelle, celle des soixante-huitards au pouvoir, a hérité d'un pays prospère et léguera un pays en déclin à ses enfants tandis que les générations passées ont accru la prospérité du pays génération après génération.

Cela n'incline pas à penser que les valeurs de nos dirigeants sont pertinentes.

A leur décharge, ils ont eu à gérer une situation inédite dans l'histoire humaine : bien-être matériel fantastique, santé et espérance de vie totalement hors du commun, pas de guerre, alors que nos traditions et notre culture sont bâties pour des situations inverses.

Mais cette chance, ils l'ont gâchée, ce qui n'est pas le cas d'autres pays, comme l'Irlande ou la Suisse.
 
Bien-sür Robert,
Quand on veut vraiment travailler, on le fait avec... riguer. Et notamment on fait quelque chose d'utile pour les autres, c'est-à-dire on vérifie avant s'il existe une demande, un débouché pour mon travail, en bref un marché.
Si on nie le marché, on disparaît.
 
Abraham Lincoln écrivait:
'Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l'épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur. Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche; Vous ne pouvez pas éviter les soucis en dépendant d'avantage que le gain. Vous ne pouvez pas forger le caractère et le courage en décourageant l'initiative et l'indépendance. Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu'ils pourraient et devraient faire eux-mêmes"
 
Comment voulons nous que les Français s'entendent, alors que nous ne nous entendons même pas sur les mots, sur le vocabulaire.

Demandez autour de vous ce que signifie le mot "justice".
"WPdia : D'un point de vue moral, la justice est parfois définie comme le fait de donner à chacun ce qui lui revient."

Le libéral vous parlera de la transgression des libertés individuelles comme étant "Le crime", et le gauchiste vous dira qu'il faut au contraire, transgresser les individus pour obtenir justice.

C'est a dire que si tu entends quelqu'un qui hurle dans la rue "JUSTICE", tu peut t'attendre à tout, on comprend pourquoi les 68tares ont vite fait de mettre la morale au placard, certainement pas assez rentable.
 
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«Ca n'arrivera pas » : j'ai encore eu droit ce week-end à «L'Etat français ne peut pas faire faillite, ça fait trente ans qu'il est en déficit, il n'y a pas de raison que ça s'arrête. Il y aura toujours des fonds pour prêter.»
 
Ce message a été supprimé par l'auteur.
 
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