2008-05-22
Bug social
Voilà le visage radieux de nos OGM hexagonaux, nos Organisateurs de Grandes Manifestations. On rendrait un service inestimable au pays en proclamant un moratoire sur cette variété là d’OGM…« C’est une semaine sociale chargée qui s’annonce… » ou encore « la rentrée sociale sous haute tension », « le printemps social sera chaud ». Ces titres de journaux, j’ai l’impression de les avoir lus pratiquement chaque mois depuis bientôt 20 ans. Vingt années décisives de ma vie à tenter d’évoluer dans un pays en voie de dislocation économique et sociale. Et pour ceux qui veulent créer une entreprise, exploiter un brevet, gérer un patrimoine, je comprends qu’ils soient tentés par d’autres cieux plus propices à l’épanouissement de l’activité humaine. Sont-ils traitres ou lucides ? Tout cela parce que notre pays n’a pas réalisé les réformes au moment où il fallait le faire, c’est-à-dire dans les années 80, période où la plupart des pays industrialisés ont énergiquement réagi après dix années de stagflation qui avaient sonné le glas des politiques conjoncturelles de croissance.
Non seulement nous avons conduit le pays vers plus de dirigisme et de collectivisation de l’économie et du dialogue social, mais nous continuons à croire en l’efficacité de politiques de relance de la consommation définitivement dépassées. C’est comme si nous étions prisonniers d’un gigantesque bug social dont la facture pourrait nous être fatale. Dans ce contexte, je crains que le changement devienne impossible puisqu’il est devenu impensable.
Durant les vingt dernières années, le monde a connu une croissance sans précédent et l’élévation continue du niveau de vie dans un nombre croissant de pays explique une grande partie de la montée actuelle des cours des matières premières : la demande mondiale progresse alors qu’il faut du temps pour adapter les capacités de production. Il faut prendre conscience que, chaque année sur la planète, c’est près de 70 millions d’individus qui atteignent le niveau de vie d’un français moyen.
Mais coincé dans notre bug, nous sommes passés à côté de cette période de croissance, nous empressant de redistribuer et de consommer les modestes fruits à peine produits plutôt que de les réinvestir. Maintenant que le monde entre en récession, nous sommes frappés de plein fouet, faute d’avoir accumulé aucune prévoyance, aucune anticipation (rappelez-vous sous Jospin, il n’était plus question de réformer le système de retraite puisque le gouvernement de l’époque nous prédisait le retour de la croissance), aucune prospérité susceptible de nous aider à traverser le trou d’air.
Alors fleurissent les blocages et les cortèges au pays du dialogue social tronqué à force d’être monopolisé par les mêmes syndicats dont la puissance de nuisance est inversement proportionnelle à la représentativité.
Comments:
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Oui, c'est bien la question que l'on peut se poser, d'autant que nous ne profiterons pas davantage de la nouvelle vague de croissance qui s'annonce...
Mais ce qui est, à mes yeux, le plus effarant, le plus effrayant, c'est l'inconscience collective ; à croire que ce pays est peuplé de sourds et d'aveugles...
Mais le jour où le ciel va leur tomber sur la tête - nous tomber sur la tête, que se passera-t-il? Pour le coup, je crains le pire car aucun de ces braves types ne sera d'accord pour renoncer à tous ses "acquis sociaux"...
Mais ce qui est, à mes yeux, le plus effarant, le plus effrayant, c'est l'inconscience collective ; à croire que ce pays est peuplé de sourds et d'aveugles...
Mais le jour où le ciel va leur tomber sur la tête - nous tomber sur la tête, que se passera-t-il? Pour le coup, je crains le pire car aucun de ces braves types ne sera d'accord pour renoncer à tous ses "acquis sociaux"...
J'ai vécu en 1973, le premier choc pétrolier, au moment où, jeune diplomé, je rentrais dans la vie active. J'attendais comme beaucoup sans doute de cet (électro)choc, une prise de conscience pour véritablement changer les mentalités et orienter le pays vers l'avenir. Au lieu de cela nous avons eu le malheur de mettre les socialistes aux commandes avec le résultat que l'on voit aujourd'hui. Nous avons effectivement manqué une opportunité qui comme chacun sait, ne se présente que rarement deux fois. Courir après les occasions manquées avec de mauvaises solutions comme on le fait aujourd'hui ne peut qu'amplifier le désastre. Comme dit mon instructeur de vol à voile, quand ça ne monte plus, et qu'en plus ça dégringole de plus en plus vite, il faut changer quelquechose et le plus rapidement possible sous peine de se retrouver à pied dans les paquerettes.
Nous n'avons pas su changer à temps et on y va , "dans les paquerettes", ou plutôt dans les ronces et les épines!
Nous n'avons pas su changer à temps et on y va , "dans les paquerettes", ou plutôt dans les ronces et les épines!
«Mais ce qui est, à mes yeux, le plus effarant, le plus effrayant, c'est l'inconscience collective ; à croire que ce pays est peuplé de sourds et d'aveugles...»
Je suis effaré, surtout s'agissant des non-militants, des tièdes, de constater à quel point à la vulgate, les concepts et le vocabulaire collectivistes monopolisent le débat politique en France.
Il faut dire que, après 40 ans de propagande de l'EN, nous en sommes à notre deuxième générations de parfaits petits collectivistes étatistes («solidaires et citoyens» en novlangue).
On en vient à la prédiction de Taine (http://ac.matra.free.fr/FB/taine.htm) :
«Bien pis, non seulement dans [le] domaine qui n’est pas le sien l’État travaille mal, grossièrement, avec plus de frais et moins de fruit que les corps spontanés, mais encore par le monopole légal qu’il s’attribue ou par la concurrence accablante qu’il exerce il tue ces corps naturels, ou il les paralyse, ou il les empêche de naître; et voilà autant d’organes précieux qui, résorbés, atrophiés, ou avortés, manquent désormais au corps total.
Bien pis encore, si ce régime dure et continue à les écraser, la communauté humaine perd la faculté de les reproduire : extirpés à fond, ils ne repoussent plus; leur germe lui-même a péri. Les individus ne savent plus s’associer entre eux, coopérer de leur propre mouvement, par leur seule initiative, sans contrainte extérieure et supérieure, avec ensemble et longtemps, en vue d’un but défini, selon des formes régulières, sous des chefs librement choisis, franchement acceptés et fidèlement suivis.
Confiance mutuelle, respect de la loi, loyauté, subordination volontaire, prévoyance, modération, patience, persévérance, bon sens pratique, toutes les dispositions de coeur et d’esprit sans lesquelles aucune association n’est efficace ou même viable se sont amorties en eux, faute d’exercice.
Désormais la collaboration spontanée, pacifique et fructueuse, telle qu’on la rencontre chez les peuples sains, est hors de leur portée; ils sont atteints d’incapacité sociale et, par suite, d’incapacité politique.»
Je suis effaré, surtout s'agissant des non-militants, des tièdes, de constater à quel point à la vulgate, les concepts et le vocabulaire collectivistes monopolisent le débat politique en France.
Il faut dire que, après 40 ans de propagande de l'EN, nous en sommes à notre deuxième générations de parfaits petits collectivistes étatistes («solidaires et citoyens» en novlangue).
On en vient à la prédiction de Taine (http://ac.matra.free.fr/FB/taine.htm) :
«Bien pis, non seulement dans [le] domaine qui n’est pas le sien l’État travaille mal, grossièrement, avec plus de frais et moins de fruit que les corps spontanés, mais encore par le monopole légal qu’il s’attribue ou par la concurrence accablante qu’il exerce il tue ces corps naturels, ou il les paralyse, ou il les empêche de naître; et voilà autant d’organes précieux qui, résorbés, atrophiés, ou avortés, manquent désormais au corps total.
Bien pis encore, si ce régime dure et continue à les écraser, la communauté humaine perd la faculté de les reproduire : extirpés à fond, ils ne repoussent plus; leur germe lui-même a péri. Les individus ne savent plus s’associer entre eux, coopérer de leur propre mouvement, par leur seule initiative, sans contrainte extérieure et supérieure, avec ensemble et longtemps, en vue d’un but défini, selon des formes régulières, sous des chefs librement choisis, franchement acceptés et fidèlement suivis.
Confiance mutuelle, respect de la loi, loyauté, subordination volontaire, prévoyance, modération, patience, persévérance, bon sens pratique, toutes les dispositions de coeur et d’esprit sans lesquelles aucune association n’est efficace ou même viable se sont amorties en eux, faute d’exercice.
Désormais la collaboration spontanée, pacifique et fructueuse, telle qu’on la rencontre chez les peuples sains, est hors de leur portée; ils sont atteints d’incapacité sociale et, par suite, d’incapacité politique.»
Il y a un «à» en trop dans mon commentaire précédent (les pièges de la dactylographie avec des gants de boxe).
Je ne partage pas tout à fait votre pessimisme. Le modèle social français est de plus en plus remis en cause au fil des années, et finira par disparaître. Peut-être pas aussi vite qu'espéré, mais il disparaîtra.
Les mentalités ont quand même largement évolué depuis quelques temps : 400 000 manifestants hier, c'était ridicule, surtout pour une revendication importante qui concerne le secteur public comme le secteur privé !
On parle de suppression de la durée légale du temps de travail, vous vous rendez compte ? La gestion de l'immigration n'est plus un tabou, la concurrence arrive dans le secteur de l'énergie, le pédagogisme à l'Education Nationale est dénoncé, des serpents de mer sont résolus (ANPE-UNEDIC, réforme de la carte judiciare, de l'armée),...
Qui plus est, l'augmentation de l'essence attise la colère envers les taxes et l'Etat, accusé (sans doute à tort) de s'en mettre plein les poches. Si ça continue, le gouvernement sera contraint de baisser les taxes pour calmer la colère, et devra renoncer à certaines politiques interventionnistes pour ne pas couler.
Je trouve finalement que la France commence à bouger. Pas assez vite certes, mais ça va dans le bon sens.
Les mentalités ont quand même largement évolué depuis quelques temps : 400 000 manifestants hier, c'était ridicule, surtout pour une revendication importante qui concerne le secteur public comme le secteur privé !
On parle de suppression de la durée légale du temps de travail, vous vous rendez compte ? La gestion de l'immigration n'est plus un tabou, la concurrence arrive dans le secteur de l'énergie, le pédagogisme à l'Education Nationale est dénoncé, des serpents de mer sont résolus (ANPE-UNEDIC, réforme de la carte judiciare, de l'armée),...
Qui plus est, l'augmentation de l'essence attise la colère envers les taxes et l'Etat, accusé (sans doute à tort) de s'en mettre plein les poches. Si ça continue, le gouvernement sera contraint de baisser les taxes pour calmer la colère, et devra renoncer à certaines politiques interventionnistes pour ne pas couler.
Je trouve finalement que la France commence à bouger. Pas assez vite certes, mais ça va dans le bon sens.
Enfin un gars optimiste sur ce blog !
:-)
Ca fait plaisir... meme si je ne partage pas votre point de vu. Mais c'est tentant de se laisser bercer par votre vision d'une France qui se réforme dans le bon sens...
Je vai essayer de voir la France au travers de votre analyse...
Merci pour ce bol d'air frais !
:-)
Ca fait plaisir... meme si je ne partage pas votre point de vu. Mais c'est tentant de se laisser bercer par votre vision d'une France qui se réforme dans le bon sens...
Je vai essayer de voir la France au travers de votre analyse...
Merci pour ce bol d'air frais !
J'ai même oublié l'idée de Parisot de repousser l'âge légal à 63,5 ans, ainsi que certains pontes du PS qui parlent de libéralisme !
D'ailleurs, la montée en puissance de Besancenot à l'extrême gauche a des chances de laisser les mains libres à la droite pendant quelques années. Quand le fantasme de l'ouverture à gauche aura vécu du fait des mauvais résultats, on assistera peut-être à un retour de balancier salvateur.
D'ailleurs, la montée en puissance de Besancenot à l'extrême gauche a des chances de laisser les mains libres à la droite pendant quelques années. Quand le fantasme de l'ouverture à gauche aura vécu du fait des mauvais résultats, on assistera peut-être à un retour de balancier salvateur.
Hola. L’idée que Ghost Dog défend ici coïncide avec celle de certaines personnes de mon entourage. Pour ces personnes la politique actuelle du gouvernement français est similaire à l « amélioration constante» dans les entreprises. Petites réformes et modifications qui entraînent d’autres et qui font impossible un retour en arrière.
On emploi l’image de la porte entrouverte qui peu à peu est ouverte par une personne voulant entrer dans une salle et la personne qui la fermait de l’intérieur est poussée progressivement au fond de la pièce.
Je voudrais aussi le croire. J’ai même besoin de le croire !
Saludos, alauda
On emploi l’image de la porte entrouverte qui peu à peu est ouverte par une personne voulant entrer dans une salle et la personne qui la fermait de l’intérieur est poussée progressivement au fond de la pièce.
Je voudrais aussi le croire. J’ai même besoin de le croire !
Saludos, alauda
Ah oui, vous avez oublié d'évoquer notre bol d'humour de la semaine, Manuel vals et Bertrand Delanoë sont en CDI chez Pinder/Zavatta comme apôtre du libéralisme à la sauce franco-gauchiste ! une révélation ? Allelujah ! la France est sauvée...
Le problème des retraites est un bon exemple d'où en est la France.
On discutaille sur la durée de cotisation alors que c'est le système même de la répartition qui devrait être remplacé par la capitalisation.
On nous dit que les Français sont très attachés à la répartition : je suis dubitatif dès qu'on me dit «les Français pensent ceci ou cela».
C'est de la fumisterie : si l'argument était vrai, les partisans de la répartition exigeraient qu'on puisse choisir la capitalisation, afin de la tuer définitivement.
En réalité, les Français se précipitent sur l'assurance-vie, ce qui est, dans notre système, ce qu'il y a de plus proche de la capitalisation.
Bref, la France sent bien qu'il y a un problème, mais pas au point de remettre en cause les dogmes qui l'entravent.
La France de 2008 change, mais comme la France de 1939 ou les USA de 1941 : trop peu, trop tard.
On discutaille sur la durée de cotisation alors que c'est le système même de la répartition qui devrait être remplacé par la capitalisation.
On nous dit que les Français sont très attachés à la répartition : je suis dubitatif dès qu'on me dit «les Français pensent ceci ou cela».
C'est de la fumisterie : si l'argument était vrai, les partisans de la répartition exigeraient qu'on puisse choisir la capitalisation, afin de la tuer définitivement.
En réalité, les Français se précipitent sur l'assurance-vie, ce qui est, dans notre système, ce qu'il y a de plus proche de la capitalisation.
Bref, la France sent bien qu'il y a un problème, mais pas au point de remettre en cause les dogmes qui l'entravent.
La France de 2008 change, mais comme la France de 1939 ou les USA de 1941 : trop peu, trop tard.
Je partage les propos de Ghost Dog, car il ne faut pas oublier que les manifestations que l'on nous montre, sont grossis avec une loupe par les médias.
Ce sont eux qui manipulent et qui distille la pensée gauchiste... (à nos frais).
FB " Le problème des retraites est un bon exemple d'où en est la France."
Imagine juste un chargement de personnel sur les chaines publiques, et au 20h, des journalistes qui commencerai à parler d'escroquerie concernant le système de répartition... et que certains payent cher alors qu'il n'auront quasi rien en retour, etc...
L'impact serai énorme, parce qu'au fond, tout le monde sais que les prochains, n'auront pas de retraite, et qu'il sont peut être eux-même concerné ? poses tu la questions autour de toi ?
Il manque juste une institution indépendante crédible comme le "journalisme", pour dire au Français ; "vous vous êtes fait berner".
Tout notre système repose sur une escroquerie, cela ne pourra pas durer éternellement.
Ce sont eux qui manipulent et qui distille la pensée gauchiste... (à nos frais).
FB " Le problème des retraites est un bon exemple d'où en est la France."
Imagine juste un chargement de personnel sur les chaines publiques, et au 20h, des journalistes qui commencerai à parler d'escroquerie concernant le système de répartition... et que certains payent cher alors qu'il n'auront quasi rien en retour, etc...
L'impact serai énorme, parce qu'au fond, tout le monde sais que les prochains, n'auront pas de retraite, et qu'il sont peut être eux-même concerné ? poses tu la questions autour de toi ?
Il manque juste une institution indépendante crédible comme le "journalisme", pour dire au Français ; "vous vous êtes fait berner".
Tout notre système repose sur une escroquerie, cela ne pourra pas durer éternellement.
Et le pas qu'a fait le gouvernement, en accordant un gasoil à 0.40€ aux pécheurs, alors que sa valeur est de 0.80€, va à coup sûr précipiter le moral de celui qui le paye a 1.50€.
C'est encore de la répartition non ?
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C'est encore de la répartition non ?
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