2008-05-07

 

L'art de faire du neuf avec du vieux


Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy devenait le président de la république française à l’issue d’une vague bleue chargée d’espérance. Comme tout cela à l’air si loin au bout d’un an. La France s’est autorisée une prise de conscience salutaire mais bien éphémère sans oser en tirer toutes les conséquences. Puis ses vieux démons ont repris le dessus : incessant troisième tour social, grèves à répétition, rappel à l’ordre des syndicats qui se croient autorisés à gouverner le pays dans une sorte de coup d’Etat permanent qui interdit toute réelle alternance, toute véritable réforme.

Alors le gouvernement est rentré dans les rails de cette pensée unique qui cultive l’apitoiement et la compassion malgré le renouvellement des têtes. Ainsi, il veut s’attaquer aujourd’hui aux niches fiscales dans le but de financer le revenu minimum d’activité (RSA). Déjà Mitterrand proposait de « s’attaquer aux riches » pour financer le RMI tandis que François Hollande lançait le fameux « je n’aime pas les riches ». Rien de nouveau en somme. Aucun gouvernement français n’est en mesure de sortir des cadres imposés par la pensée unique fondamentalement socialisante et collectiviste. Les paradis fiscaux n’existent que parce que les enfers fiscaux se multiplient. Mais ce n’est pas au paradis qu’il faut s’attaquer. La ministre de l’économie s’apprête donc à épingler les investissements dans les DOM-TOM qui bénéficient d’avantages fiscaux. Mais ces mêmes avantages ont été octroyés par l’Etat pour soutenir une économie touristique dans les DOM-TOM qui est par ailleurs largement asphyxiée par sa situation insulaire et étranglée par le monopole d’Air-France qui rend la destination très coûteuse pour les ménages français [1].

Plutôt que de s’en prendre aux niches fiscales, il faut réduire significativement la pression fiscale globale qui conduit certains à vouloir échapper à un prélèvement qu’il juge à raison confiscatoire. Dans la même perspective, au lieu de s’interroger sur les causes et les motivations de la fuite des cerveaux ou des créateurs d’entreprises, on voudrait les punir. Au lieu de s’interroger encore sur les causes et les motivations de ceux qui exploitent en toute légalité des niches fiscales issues elles-mêmes d’une complexification de la fiscalité produite et voulue par les politiques eux-mêmes, on les montre du doigt à nouveau en chantant un refrain éculé digne de l’Internationale.
Il est désolant de voir que, d’élections en élections, la leçon n’est jamais apprise et les nouveaux ministres qui se succèdent sont toujours persuadés d’être à l’origine d’idées géniales et nouvelles alors qu’ils se donnent l’illusion de faire du neuf avec du vieux tandis que l’application de ces idées « nouvelles » aboutira à de nouveaux prélèvements dans une fuite en avant que plus personne n’est aujourd’hui en mesure de stopper.



[1] Caccomo J.L. [2007] « Analyse économique du secteur touristique : application au cas des DOM » in Levratto N., Comprendre les économies d’Outre-mer, L’Harmattan, Paris.

Comments:
Ce message a été supprimé par l'auteur.
 
Comme l'a dit je ne sais plus qui:

"On ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont créé"

Il n'y a pas grand chose à ajouter à ça ...
 
Ou à l'inverse, "l'art de faire du vieux avec du neuf" :

certes ce devait être un nouveau président avec une nouvelle équipe et de nouveaux engagements - promis-juré! - mais en réalité toujours les mêmes vieux paradigmes et réflexes centralistes, interventionnistes, qui dissolvent l'individu dans des collectifs politiquement exploitables.

Avec la statocratie, avatar de la théocratie et de la monarchie, le pouvoir politique maintient la personne sous sa coupe, au nom du prétendu bien général !

C'est au nom du bien public que notre ministre des finances (le soi-disant libéral Mr Woerth) annonce qu'il va profiter de la présidence européenne pour s'attaquer aux paradis fiscaux. Ce pouvoir accru donc, non pas pour chercher à favoriser les conditions du développement économique, mais pour mieux traquer les individus qui réussissent à sortir la tête de l'eau.

Quelle révolution dans ce pays fera desserrer les mâchoires de l'Etat détrousseur ?
 
En somme vous nous dite qu'on n'a pas de vrais politiciens de droite en France... mais seulement des socialistes qui se sont travestis en homme de droite !

Le masque est tombé, je ne voterai plus à gauche, ni a droite. Je voterai De Villiers ou rien du tout !
Lui c'est un vrai mec de droite !
 
Bonjour Monsieur,

Etes-vous le "Veritas" qui vient
de publier, sans vous citer,
deux de vos articles sur le blog
de Jean-Luc Melenchon ?

Ce "Veritas" a une conduite particulièrement ordurière sur ce blog et un
amalgame avec votre personne me semblerait dommageable.

http://www.jean-luc-melenchon.fr
/?p=590#comment-43138

Il s'agit des posts 168 et 169

Bien à vous.
 
Pour qui me prenez-vous monsieur tonefloat ? Croyez-vous que je vais consacrer du temps à insulter les gens de manière anonyme, même si je subis régulièrement ce genre de pratiques odieuses.
Mais je ne ferai jamais aux autres ce que je ne veux pas que l'on me fasse.
J'ai pour règle de n'intervenir sur les sites que pour encourager ceux que j'estime ; les autres, je préfère les ignorer.
 
Merci de votre reponse.
 
Non mais, qui oserai critiquer mélanchon ?

Un homme honnête et courageux, qui dénonce le socialo-communisme de toutes ses forces au risque de se faire mal voir par ses camarades.

C'est un des premiers socialiste "international", à passer du coté des "S-nationalistes", cet homme est un visionnaire, il a tout compris, et prend les devants.

Les Tibétains, il s'en fout et les méprisent.

Les Lituaniens, il s'en fout et les méprisent aussi, d'ailleurs il ne veut même pas savoir ou se trouve ce pays.

Son seul défaut, c'est qu'il ne supporte pas la contradiction, en somme, c'est son seul péché.


Quimboiseur
"seulement des socialistes qui se sont travestis en homme de droite !"

Assez d'accord avec toi, les politiciens de droite se compte sur un doigt.
 
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