2008-05-26
Retraite : la logique, la loi et le contrat
La question du financement de la retraite ne trouvera pas une solution politique sous la pression de la rue. On ne peut pas trouver une solution à un problème mal posé. La question de la retraite est avant tout un problème économique qui relève de l’arbitrage individuel et de la logique économique. Il appartient au gouvernement de rendre possible et rationnel les conditions de cet arbitrage à l’intérieur de nos frontières. En dehors de ce cadre, le gouvernement n’est pas plus en mesure de garantir des retraites que de distribuer du pouvoir d’achat.Quels sont les principaux enseignements de l’économie (et de la sagesse) en la matière ?
Pour assurer sa retraite, un individu doit d’abord investir dans son capital humain, notamment en réussissant ses études dans des formations porteuses de débouchés. Quand il devient actif, il doit veiller à épargner une partie de son revenu de manière à se constituer un patrimoine (immobilier, financier, culturel…). Ces différentes formes du patrimoine constituent à leur tour un capital qui n’est que le prolongement du capital humain initial positivement valorisé.
C’est ce patrimoine, correctement géré, qui permettra de générer un revenu lorsque la période d’activité sera terminée. Chaque individu fait donc face à un arbitrage. S’il opte pour un plus grand niveau de consommation durant sa vie active, alors c’est au détriment de sa capacité d’épargne ce qui ne lui permettra pas de se constituer un patrimoine qui serait de nature à lui assurer une retraite confortable pour ses vieux jours. Il réalise ainsi un arbitrage en faveur du présent et au détriment du futur. Les experts disent que ces choix sont révélateurs d’une forte préférence pour le présent.
S’il modère ses appétits de consommation courante, il peut accroitre sa capacité d’épargne en vue de se constituer un patrimoine plus solide, assurant ainsi un niveau de retraite plus important. D’ailleurs chaque individu peut se donner des objectifs personnels de patrimoine et atteindre ces objectifs avec des durées différentes de sorte que chacun devrait être libre de décider du nombre d’années qu’il décide de consacrer à son activité professionnelle.
Mais je vous parle là d’une insupportable liberté dont bien peu de personnes sont prêtes à assurer le fardeau. Car les individus qui ne supportent pas l’idée d’arbitrer, de choisir et qui veulent tout et son contraire, s’en remettent à l’Etat, attendant de lui un tour de passe-passe, comme s’il disposait d’une baguette magique lui permettant de supprimer la contrainte économique.
C’est proprement suicidaire de s’en remettre totalement à un système monopolistique fondé sur la répartition en croyant que cela nous exonère de tels arbitrages d’autant plus que les acteurs qui participent au fonctionnement de ce système sont hostiles à son adaptation et ne sont aucunement incités à avoir des comportements efficaces et responsables.
Comments:
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Quand y aura t'il en France des voix assez fortes et entendues pour dire que notre système de retraite basé sur un bel idéal (un idéal n'a jamais nourri son homme) des 30 glorieuses, coure désormais à sa perte dans nos 30 calamiteuses...
On parle du "modèle Français" mais jamais celui-ci n'a été repris par une quelconque nation ! Je crois qu'il est louable mais aussi vain de tenter de lutter contre les gens qui pensent que les taux de croissance à deux chiffres sont une honte alors que ce sont ceux-là même qui garantissent aux fonds de pension de pouvoir fournir une retraite aux clairvoyants qui y ont investi.
Je crois que avant une hypothétique croissance et un pouvoir d'achat en hausse c'est le bon sens qui manque cruellement à nos concitoyens.
On parle du "modèle Français" mais jamais celui-ci n'a été repris par une quelconque nation ! Je crois qu'il est louable mais aussi vain de tenter de lutter contre les gens qui pensent que les taux de croissance à deux chiffres sont une honte alors que ce sont ceux-là même qui garantissent aux fonds de pension de pouvoir fournir une retraite aux clairvoyants qui y ont investi.
Je crois que avant une hypothétique croissance et un pouvoir d'achat en hausse c'est le bon sens qui manque cruellement à nos concitoyens.
Je suis un mauvais commentateur, je digresse :
> un article intéressant sur le pétrole :
http://www.jpchevallier.com/article-19889045-6.html
> où trouvez vous les dessins qui illustrent vos articles ?
> un article intéressant sur le pétrole :
http://www.jpchevallier.com/article-19889045-6.html
> où trouvez vous les dessins qui illustrent vos articles ?
Voila, c'est exactement ce que je fais. Mais pour cela, il a fallu choisir de quitter la France, vu que dans ce pays, on n'a pas le droit de choisir soit même comment gérer sa propre existance et que le gourvern'maman doit s'occuper de tout.
En 11 ans au Canada, je dois dire que ma capitalisation commence à ressembler à quelque chose et que ce sera encore mieux au moment de prendre ma retraite.
Mais c'est certain que pour réaliser ce but, il faut aussi faire des choix au niveau de sa consommation. Mais cela ne me gêne pas car je trouve que malgré mes petits sacrifices, je vis très très bien.
En fait, bien que je sois un capitaliste, je ne suis pas un consommateur fou et parfois, je suis un peu gêné par l'excès de consommation nord américain, mais cela ne me ferait pas revenir en France pour autant.
Ici, surtout dans l'ouest canadien où je vis, les gens veulent que le gouvernement intervienne le moins possible dans leur vie et certainement pas pour leur dire ce qu'ils doivent faire avec l'argent qu'ils gagnent en se levant chaque matin.
En 11 ans au Canada, je dois dire que ma capitalisation commence à ressembler à quelque chose et que ce sera encore mieux au moment de prendre ma retraite.
Mais c'est certain que pour réaliser ce but, il faut aussi faire des choix au niveau de sa consommation. Mais cela ne me gêne pas car je trouve que malgré mes petits sacrifices, je vis très très bien.
En fait, bien que je sois un capitaliste, je ne suis pas un consommateur fou et parfois, je suis un peu gêné par l'excès de consommation nord américain, mais cela ne me ferait pas revenir en France pour autant.
Ici, surtout dans l'ouest canadien où je vis, les gens veulent que le gouvernement intervienne le moins possible dans leur vie et certainement pas pour leur dire ce qu'ils doivent faire avec l'argent qu'ils gagnent en se levant chaque matin.
Hola ! On revient toujours à la même chose : le choix. Conscient ou inconsciemment nous choisissons un style de vie. Celui-ci est la réponse au modèle philosophique auquel on adhère. Personnellement je me soucie peu de la retraite, que je vois comme quelque chose de très lointain. Par contre je tiens beaucoup à l ‘ « aurea mediocritas » (dorada medianía) des stoïciens que je traduis pour moi par « sin lujos pero sin deudas » (sans luxes mais sans dettes). Le superflu, je l’économise, bien sur, mais c’est surtout par rapport au présent que je le fais et non par rapport au futur. Mais tout le monde ne peut pas choisir. Moins d’intervention de l’Etat engendrerait plus de choix, plus de liberté. On redit toujours la même chose. Saludos, alauda
JLC, Pour illustrer ton propos :
"Mais je vous parle là d’une insupportable liberté dont bien peu de personnes sont prêtes à assurer le fardeau. Car les individus qui ne supportent pas l’idée d’arbitrer, de choisir et qui veulent tout et son contraire, s’en remettent à l’Etat, attendant de lui un tour de passe-passe, comme s’il disposait d’une baguette magique lui permettant de supprimer la contrainte économique."
“It appears to me to be one of the great tragedy of intellectual and political history that thus the great ideas of political freedom became known on the Continent almost exclusively in the form in which the French, a people who had never known liberty, interpreted traditions, institutions, and ideas which derived from an entirely different intellectual and political climate. They did this in a spirit of constructivist intellectualism, which I shall briefly call rationalism, a spirit which was thoroughly congenial to the atmosphere of an absolute state which endeavoured to design a new centralised structure of government, but entirely alien to the older tradition which ultimately was preserved only in Britain.” FA Hayek The Trend of Economic Thinking - Routledge 1991 The Legal and Political Philosophy of David Hume (1711-1776) p101 – 1963
traduction très libre, vite faite :
C'est une tragédie que les Français, un peuple qui n'a jamais connu la liberté, se soient mis en tête d'expliquer ce que c'est au reste de l'Europe.
Ils continuent aujourd'hui, en l'étendant au reste du monde, mais pas à la maison.
On dit que les élus, qui se déchaînent, chacun à son niveau, pour intervenir, réglementer et légiférer, ont en privé un grand mépris pour leurs électeurs.
"Mais je vous parle là d’une insupportable liberté dont bien peu de personnes sont prêtes à assurer le fardeau. Car les individus qui ne supportent pas l’idée d’arbitrer, de choisir et qui veulent tout et son contraire, s’en remettent à l’Etat, attendant de lui un tour de passe-passe, comme s’il disposait d’une baguette magique lui permettant de supprimer la contrainte économique."
“It appears to me to be one of the great tragedy of intellectual and political history that thus the great ideas of political freedom became known on the Continent almost exclusively in the form in which the French, a people who had never known liberty, interpreted traditions, institutions, and ideas which derived from an entirely different intellectual and political climate. They did this in a spirit of constructivist intellectualism, which I shall briefly call rationalism, a spirit which was thoroughly congenial to the atmosphere of an absolute state which endeavoured to design a new centralised structure of government, but entirely alien to the older tradition which ultimately was preserved only in Britain.” FA Hayek The Trend of Economic Thinking - Routledge 1991 The Legal and Political Philosophy of David Hume (1711-1776) p101 – 1963
traduction très libre, vite faite :
C'est une tragédie que les Français, un peuple qui n'a jamais connu la liberté, se soient mis en tête d'expliquer ce que c'est au reste de l'Europe.
Ils continuent aujourd'hui, en l'étendant au reste du monde, mais pas à la maison.
On dit que les élus, qui se déchaînent, chacun à son niveau, pour intervenir, réglementer et légiférer, ont en privé un grand mépris pour leurs électeurs.
sans luxe, sans dettes, comme dit Allauda, plus une petite pelotte, en cours, non seulement le début de la liberté,
(Pas de commentaires svp sur la liberté intérieure, intellectuelle, spirituelle, attendez la suite sur la réalité),
mais aussi une hygiène de vie
cool
sinon, la peur, qui s'étend, peur pour la retraite, peur ppour l'emploi, peur pour la santé, peur pour les OGM, peur pour le climat...
et nous sommes les champions de la consommation des tranquilisants
y a t il un lien?
"fear is the mind killer" Frank Herbert Dune
(Pas de commentaires svp sur la liberté intérieure, intellectuelle, spirituelle, attendez la suite sur la réalité),
mais aussi une hygiène de vie
cool
sinon, la peur, qui s'étend, peur pour la retraite, peur ppour l'emploi, peur pour la santé, peur pour les OGM, peur pour le climat...
et nous sommes les champions de la consommation des tranquilisants
y a t il un lien?
"fear is the mind killer" Frank Herbert Dune
Les dessins sont de konk qui est pour moi une sorte de Plantu Libéral. Voir son site : http://www.konk.org/
Un réac votre Plantu !
Je discutais avec un ami qui m'a expliqué qu'il se sentait très bien avec le système par répartition car, laissé à lui-même, il ne mettrait pas d'argent de coté pour sa retraite.
si ce n'est pas de l'infantilisation intériorisée, je serais surpris !
Je discutais avec un ami qui m'a expliqué qu'il se sentait très bien avec le système par répartition car, laissé à lui-même, il ne mettrait pas d'argent de coté pour sa retraite.
si ce n'est pas de l'infantilisation intériorisée, je serais surpris !
Monsieur Caccomo, avez-vous "creusé" ou juste repris les (excellents) dessins de Konk au premier degré ?
j'irai jusqu'à dire que je me battrai pour que konk puisse dessiner et publier mais pas pas pour partager (certaines de) ses opinions...
le Monsieur a un parcours bien atypique (cf son site, ses sorties de dessin, le thème de certain)
"Wikipediez" le ! (suppôts capitaliste totalement objectifs et partiaux) si c'est le même ?
Mais ce n'est qu'un détail...et la démocratie.
j'irai jusqu'à dire que je me battrai pour que konk puisse dessiner et publier mais pas pas pour partager (certaines de) ses opinions...
le Monsieur a un parcours bien atypique (cf son site, ses sorties de dessin, le thème de certain)
"Wikipediez" le ! (suppôts capitaliste totalement objectifs et partiaux) si c'est le même ?
Mais ce n'est qu'un détail...et la démocratie.
Je ne connais pas plus que cela ce monsieur KONK. Mes chroniques furent reprises dans certains magazines professionnelles et illustrées par Konk. Et j'ai apprécié le talent du dessinateur qui, en quelques coups de crayon, retranscrivait l'esprit de ma chronique. C'est tout.
Cela ne m'engage pas à partager ces idées que, au demeurant, je ne connais pas.
Cela ne m'engage pas à partager ces idées que, au demeurant, je ne connais pas.
Je ne vous accusais en rien, j'ai juste creusé un peu.
En se réclamant libéral on a quand même contre nous, au bas mot, 50 millions de détracteurs...
C'est la dure vie des idées dans une société libre, qu'elles ne soient pas partagées, voir pire ;)
Au plaisir (renouvelé) de vous lire, illustré ou non par Konk
En se réclamant libéral on a quand même contre nous, au bas mot, 50 millions de détracteurs...
C'est la dure vie des idées dans une société libre, qu'elles ne soient pas partagées, voir pire ;)
Au plaisir (renouvelé) de vous lire, illustré ou non par Konk
pas de soucis Denis, je ne l'ai pas pris comme une accusation et vous avez raison de demander des précisions.
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