2008-05-21
Temps de travail, tant de travail
Dans un précédent billet, je rappelais un principe économique important : le travail ne consiste pas à occuper des gens mais à créer des richesses. Car c’est seulement à partir de cette richesse additionnelle que l’on pourra tirer le revenu permettant de rémunérer le travail. Autrement dit, si aucune richesse n’est créée, directement par le secteur marchand ou indirectement par le secteur public, alors le travail sera payé en « monnaie de singe ». Le chômage déguisé engendre toujours de l'inflation. Ce que le salarié aura gagné d’un côté (le salaire) sera perdu de l’autre côté par la montée des prix (inflation) dans la mesure où la distribution de salaire aura nourrit une augmentation de demande ne correspondant à aucune création de richesses susceptibles d’être achetées. Dans les pays communistes, les gens avaient l’habitude de dire qu’ils faisaient semblant de travailler et le gouvernement faisait semblant de les payer.Mais au-delà de la pure analyse économique, permettez-moi de m’arrêter un instant sur un symbole. C’est aussi le même mot « travail » qui désigne aussi le processus par lequel une femme met un enfant au monde. Or, les économistes savent que la seule richesse qui soit, et qui donne toute sa valeur aux autres, c’est l’homme (ou le capital humain dans le langage académique des experts). Certes, on dit aussi que l’homme détruit la planète et son environnement. Mais ce souci de préserver l’environnement provient du fait qu’il existe des hommes conscients sur cette planète. Ils sont conscients que pour produire, il faut consommer ; pour créer, il faut détruire ; pour qu’il y ait la vie, il faut la mort. Et pour l’instant, c’est la seule espèce vivante à être tourmentée par cette flamme de la conscience qui met à jour ces paradoxes apparents.
Y a-t-il des habitants pour se soucier de l’environnement de Jupiter ou Saturne ? Y a-t-il des êtres conscients pour admirer les paysages de Saturne ? La beauté de la nature elle-même est une richesse s’il existe un observateur conscient pour l’apprécier, s’il existe un cerveau à l’intérieur duquel se forgent une image et une conception de l’esthétique, s’il existe une âme pour ressentir l’émoi devant cette beauté. En somme, s’il existe des êtres humains.
L’être humain est la mesure de toute chose. Encore faut-il produire des êtres humains. Certes, la conception peut prendre tout au plus quelques minutes ; la grossesse quelques mois et l’accouchement quelques heures. Mais quand le bébé vient au monde, ce n’est que le début d’une aventure qui consiste à faire de l’enfant un adulte. Quel travail ! Et il prendra des années. Pendant toutes ces années, il faut tant de travail et d’amour, d’abnégation et de sacrifices, de patience et de confiance, de souffrances et de plaisirs.
Mais finalement, ce sont les ingrédients de tout processus de création de richesses. Celui qui crée son entreprise en parle comme de son bébé. Et le développement de son entreprise lui prendra l’essentiel de son temps et de son énergie. Il faut le vouloir. Il faut en avoir l’envie et la motivation. C’est aussi fort qu’un acte d’amour.
La prospérité économique est d’abord fondée sur la création des richesses, la création comme un engagement avant d’être fondée sur la consommation. Les générations qui ont relevé la France après 1945 ont construit une économie du travail qui a aboutit à la prospérité. La génération 68, en se révoltant contre cette société du travail (qui suppose autorité et discipline et qui n’est pas toujours drôle en effet), a voulu consommer tous les fruits de ce travail laborieux, ce qui a débouché sur une société de consommation fondée sur le consumérisme généralisé et la satisfaction instantanée de plaisirs immédiats [1].
Dès lors, toute contrainte était assimilée à une perte de liberté alors qu’elle est l’instrument de la liberté comme le tuteur qui permet à l’arbrisseau de devenir un arbre. Toute frustration était assimilée à un frein à l’épanouissement alors qu’elle est l’instrument du développement progressif de la personnalité dans la mesure où l’on n’apprécie jamais ce que l’on obtient tout de suite sans effort. Apprécie-t-on d’avoir dix doigts ? Par contre, on éprouvera un bonheur intense à interpréter une pièce de Bach ou une chanson des Beatles au piano. Les dix doigts, on les a normalement à la naissance sans aucun effort ni mérite. La maîtrise du piano, il faut tant de travail…
[1] Rappelons qu’un des slogans en vogue sur les barricades en 68 et sur les murs des facultés étaient « Ne travaillez jamais ! ». Et dire que certains trouvent encore cet élan animé par le génie.
Comments:
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Pardon de m'éloigner du sujet que Jean-Louis vient d'évoquer avec beaucoup de clairvoyance mais un article du figaro mérite le détour :
"Delanoë invite la gauche à accepter le libéralisme"
http://tiny.cc/Peds9
Malheureusement, cette soudaine apologie du libéralisme sonne faux, notamment à cause de cette phrase : «Ce qui est inacceptable pour un progressiste, c'est de hisser le libéralisme au rang de fondement économique et même sociétal avec ses corollaires, désengagement de l'État et laisser-faire économique.»
"Delanoë invite la gauche à accepter le libéralisme"
http://tiny.cc/Peds9
Malheureusement, cette soudaine apologie du libéralisme sonne faux, notamment à cause de cette phrase : «Ce qui est inacceptable pour un progressiste, c'est de hisser le libéralisme au rang de fondement économique et même sociétal avec ses corollaires, désengagement de l'État et laisser-faire économique.»
"Le chômage déguisé engendre toujours de l'inflation. "
Alors d'où vient l'inflation général actuel Jean-Louis ?
La hausse des prix provient de plusieurs choses n'est ce pas ?, dont la rareté des matières, mais peut-on parler de d'inflation quant on comprends que les taxes en tout genre, font grimper le prix de vente ?
Lorsque j'achète une baguette de pain à 5, alors qu'il y a 7 ans je la payait 1 ? je comprend la monté du prix du blé, mais cela n'explique pas une telle hausse.
Cette différence serait-elle à elle seule ; "le poids du fonctionnement politique de l'État que nous connaissons" ?
Alors d'où vient l'inflation général actuel Jean-Louis ?
La hausse des prix provient de plusieurs choses n'est ce pas ?, dont la rareté des matières, mais peut-on parler de d'inflation quant on comprends que les taxes en tout genre, font grimper le prix de vente ?
Lorsque j'achète une baguette de pain à 5, alors qu'il y a 7 ans je la payait 1 ? je comprend la monté du prix du blé, mais cela n'explique pas une telle hausse.
Cette différence serait-elle à elle seule ; "le poids du fonctionnement politique de l'État que nous connaissons" ?
Peut-on faire une différence entre la monté du prix de la matière première, et le reste lorsque l'on parle de "l'inflation" ?
Y à t-il un nom pour désigner ce "reste", qui correspond à la majoration des prix de ventes due uniquement aux taxes ?
Y à t-il un nom pour désigner ce "reste", qui correspond à la majoration des prix de ventes due uniquement aux taxes ?
Hola. « salle de travail et salle d’accouchement » En espagnol c’est « el paritorio (l’endroit où on accouche. C’est tout » « Salle de travail » est un terme qui m’a toujours dérangée, perturbée, même dans ces moments si critiques… En fait, mon dérangement venait de comprendre le mot « travail » au sens actuel de « production de richesses, terme économique », mais ce qui se passe est que le français a conservé le sens ancien, médiéval, du terme « travail » comme « état de celui qui souffre, activité pénible ». C’est le même sens qui avait le mot « trabajo » jusqu’au XVIIème siècle. Salle de travail = salle de souffrance (non avec la péridurale).
Si M. Caccomo avait rédigé son article dans une autre langue, le parallélisme, l’image n’aurait pas allée de soi ! belle aventure sémantique celle du terme « travail » : de torture à souffrance puis, production. Peut-il avoir production sans souffrance ? saludos, Alauda
Si M. Caccomo avait rédigé son article dans une autre langue, le parallélisme, l’image n’aurait pas allée de soi ! belle aventure sémantique celle du terme « travail » : de torture à souffrance puis, production. Peut-il avoir production sans souffrance ? saludos, Alauda
Le profit constituant un des péchés capitaux des marxistes pratiquants, il n'est pas impossible que cela ait un impact négatif sur la dynamique de travail en France.
Et je ne parle même pas du succès qui en dégoute plus d'un...
Et je ne parle même pas du succès qui en dégoute plus d'un...
Hola Alauda,
Il y a de la souffrance dans le travail en effet, comme il y a de la souffrance à élever des enfants (les miens abordent l'adolescence et ce n'est pas toujours évident). Comme il y a de la souffrance pour un musicien de déchiffrer un morceau pour le jouer à la perfection. Paradoxalement, la souffrance est une étape vers le plaisir, indiquant que l'on surmonte une difficulté, que l'on progresse. Là est le côté enrichissant et créateur de valeur du travail.
Il y a de la souffrance dans le travail en effet, comme il y a de la souffrance à élever des enfants (les miens abordent l'adolescence et ce n'est pas toujours évident). Comme il y a de la souffrance pour un musicien de déchiffrer un morceau pour le jouer à la perfection. Paradoxalement, la souffrance est une étape vers le plaisir, indiquant que l'on surmonte une difficulté, que l'on progresse. Là est le côté enrichissant et créateur de valeur du travail.
Oui mais qu'est ce que le travail ?
Le boulanger qui se lève à 4h du matin pour faire des baguettes travaille.
Mais Bob Sinclar qui passe ses journées à Malibu sur la plage et qui ensuite compose pendant 3 heures des musiques samplées sur des musiques produites par d'autres avant lui, et qui vend des millions de disques et qui se fait payer 20 000 euros pour 3 heures de disk jockey dans une boite à la mode...
Est-ce encore du travail ? Pourtant ça rémunère son homme !
Et le petit adolescent qui joue à l'espion et qui est payé 50 € par jour par les caids des cités pour surveiller les allers et venus d'eventuels policiers...
Est-ce du travail ? Pourtant il se fait payer !
Et le traite qui va vendre des informations secret defense à des puissances étrangères et qui se fait payer pour son espionnage industriel ou militaire ? Il se fait payer cher mais est-ce du travail ?
Et la call-girl de luxe qui prend 250 € pour 1 heure... Qui se fait 20 000 € par mois en écartant les cuisses ? Elle se fait beaucoup d'argent, mais est-ce vraiment du travail ?
Et la congolaise qui bosse 12 heures par jour à ramasser des haricots verts, à les trier, puis les mettre dans des barquettes pour l'export vers l'Angleterre, et qui se fait payer 1,5 € par jour... Est-ce du travail ? Pourtant c'est très mal payé !
Et moi qui m'achète 2 croissants un petit déjeuner pour 1,8 € ! C'est plus que 12 heures de travail journalier d'une congolaise....
Est-ce que ce monde est raisonnable ?
Le boulanger qui se lève à 4h du matin pour faire des baguettes travaille.
Mais Bob Sinclar qui passe ses journées à Malibu sur la plage et qui ensuite compose pendant 3 heures des musiques samplées sur des musiques produites par d'autres avant lui, et qui vend des millions de disques et qui se fait payer 20 000 euros pour 3 heures de disk jockey dans une boite à la mode...
Est-ce encore du travail ? Pourtant ça rémunère son homme !
Et le petit adolescent qui joue à l'espion et qui est payé 50 € par jour par les caids des cités pour surveiller les allers et venus d'eventuels policiers...
Est-ce du travail ? Pourtant il se fait payer !
Et le traite qui va vendre des informations secret defense à des puissances étrangères et qui se fait payer pour son espionnage industriel ou militaire ? Il se fait payer cher mais est-ce du travail ?
Et la call-girl de luxe qui prend 250 € pour 1 heure... Qui se fait 20 000 € par mois en écartant les cuisses ? Elle se fait beaucoup d'argent, mais est-ce vraiment du travail ?
Et la congolaise qui bosse 12 heures par jour à ramasser des haricots verts, à les trier, puis les mettre dans des barquettes pour l'export vers l'Angleterre, et qui se fait payer 1,5 € par jour... Est-ce du travail ? Pourtant c'est très mal payé !
Et moi qui m'achète 2 croissants un petit déjeuner pour 1,8 € ! C'est plus que 12 heures de travail journalier d'une congolaise....
Est-ce que ce monde est raisonnable ?
A mon sens, il n'est pas choquant qu'une personne puisse toucher de l'argent quand elle contribue à répondre à un besoin.
En ce qui concerne le montant de la rémunération, c'est un autre problème...
En ce qui concerne le montant de la rémunération, c'est un autre problème...
Comme le dit Alauda, chaque langue différente désigne chaque concept par des mots différents et révèle ainsi une culture différente...
En Anglais, le mot "work" signifie le travail, mais aussi l'oeuvre (work of art) et au pluriel l'oeuvre de toute une vie (the works of William Shakespeare).
Pour la parturition, on utilise le mot "labor", qui s'applique aussi au travail manuel, donc pénible.
Mais quand ce "labeur" est particulièrement pénible, on emploie le mot "travail" et là, on frise la torture.
Mais le mot "travail" vient du Latin "tripaliare": soumettre quelqu'un au supplice du "tripalium", ou triple pal! Bref, en vieux Français, travailler signifiait empaler! Cela explique peut-être l'aversion française pour le travail...
Jean-Louis, vous avez tout à fait raison de comparer la création d'une entreprise à un enfantement. Ce sont toutes deux des expériences indescriptibles et irremplaçables. Je souhaite à tout le monde de pouvoir vivre l'une ou l'autre, ou encore mieux, les deux!
En Anglais, le mot "work" signifie le travail, mais aussi l'oeuvre (work of art) et au pluriel l'oeuvre de toute une vie (the works of William Shakespeare).
Pour la parturition, on utilise le mot "labor", qui s'applique aussi au travail manuel, donc pénible.
Mais quand ce "labeur" est particulièrement pénible, on emploie le mot "travail" et là, on frise la torture.
Mais le mot "travail" vient du Latin "tripaliare": soumettre quelqu'un au supplice du "tripalium", ou triple pal! Bref, en vieux Français, travailler signifiait empaler! Cela explique peut-être l'aversion française pour le travail...
Jean-Louis, vous avez tout à fait raison de comparer la création d'une entreprise à un enfantement. Ce sont toutes deux des expériences indescriptibles et irremplaçables. Je souhaite à tout le monde de pouvoir vivre l'une ou l'autre, ou encore mieux, les deux!
Quimboiseur,
Au risque de vous choquer, vous pouvez considérer que vous faites un travail intéressant, mais si personne n'est disposé à acheter le fruit de votre travail, alors il n'a pas de valeur pour le reste de la société.
Les jugements de valeur étant subjectifs, ils ne peuvent s'imposer dans la définition du prix. D'où l'importance du marché qui va tirer de la confrontation des jugements subjectifs un prix objectif.
Si les stades n'étaient pas remplis, un footballeur gagnerait moins d'argent. Idem pour les boites de nuit.
En tant qu'économiste, je constate que les gens font des choix. Je ne juge pas les choix qu'ils font, qui révèlent des goûts, des préférences, une morale et une éthique.
Mais si des gens sont prêts à payer, c'est que cela correspond à un besoin. Répondre à un besoin est un travail.
Au risque de vous choquer, vous pouvez considérer que vous faites un travail intéressant, mais si personne n'est disposé à acheter le fruit de votre travail, alors il n'a pas de valeur pour le reste de la société.
Les jugements de valeur étant subjectifs, ils ne peuvent s'imposer dans la définition du prix. D'où l'importance du marché qui va tirer de la confrontation des jugements subjectifs un prix objectif.
Si les stades n'étaient pas remplis, un footballeur gagnerait moins d'argent. Idem pour les boites de nuit.
En tant qu'économiste, je constate que les gens font des choix. Je ne juge pas les choix qu'ils font, qui révèlent des goûts, des préférences, une morale et une éthique.
Mais si des gens sont prêts à payer, c'est que cela correspond à un besoin. Répondre à un besoin est un travail.
JLC a dit :
"Répondre à un besoin est un travail."
Le travail est indissociable de la notion d'effort.
Or, on peut répondre à un besoin sans effort.
Dans ce cas là, peut-on vraiment parler de travail ?
"Répondre à un besoin est un travail."
Le travail est indissociable de la notion d'effort.
Or, on peut répondre à un besoin sans effort.
Dans ce cas là, peut-on vraiment parler de travail ?
Oui en effet, mais vous pouvez consacrer des efforts en pure perte, à faire quelque chose qui ne correspond à l'expression d'aucune demande. Il y a donc le travail, puis la valeur économique de ce travail : a-t-il créé de la valeur pour quelqu'un ?
JLC
J'admire la concision et la clarté de ta réponse à Quimb sur un sujet aussi important et aussi mal compris en économie
J'admire la concision et la clarté de ta réponse à Quimb sur un sujet aussi important et aussi mal compris en économie
JLC a dit:
"vous pouvez consacrer des efforts en pure perte, à faire quelque chose qui ne correspond à l'expression d'aucune demande."
Un phénomène que nos subventions étatiques entretiennent malheureusement avec unne générosité sans limite.
"vous pouvez consacrer des efforts en pure perte, à faire quelque chose qui ne correspond à l'expression d'aucune demande."
Un phénomène que nos subventions étatiques entretiennent malheureusement avec unne générosité sans limite.
Ce qui n'est souvent pas compris ou admis, parce que cela contredit un certain sens moral, c'est que le travail, l'effort, peuvent être mal récompensés. Certains se dépensent en effet sans compter, et ne gagnent presque rien, alors que d'autres ne font presque rien, et gagnent une fortune.
C'est que, plus important que le travail, il y a la question stratégique : mon travail répond-il à un véritable besoin ? Quelqu'un voudra-t-il acheter mon produit ?
Est-ce que j'apporte de la valeur sur le marché ?
Que la stratégie soit plus décisive que le travail pour gagner sa vie, cela paraît aux âmes sensibles comme proprement scandaleux, comme le signe du malin.
C'est que, plus important que le travail, il y a la question stratégique : mon travail répond-il à un véritable besoin ? Quelqu'un voudra-t-il acheter mon produit ?
Est-ce que j'apporte de la valeur sur le marché ?
Que la stratégie soit plus décisive que le travail pour gagner sa vie, cela paraît aux âmes sensibles comme proprement scandaleux, comme le signe du malin.
Ce qui n'est souvent pas compris ou admis, parce que cela contredit un certain sens moral, c'est que le travail, l'effort, peuvent être mal récompensés. Certains se dépensent en effet sans compter, et ne gagnent presque rien, alors que d'autres ne font presque rien, et gagnent une fortune.
C'est que, plus important que le travail, il y a la question stratégique : mon travail répond-il à un véritable besoin ? Quelqu'un voudra-t-il acheter mon produit ?
Est-ce que j'apporte de la valeur sur le marché ?
Que la stratégie soit plus décisive que le travail pour gagner sa vie, cela paraît aux âmes sensibles comme proprement scandaleux, comme le signe du malin.
C'est que, plus important que le travail, il y a la question stratégique : mon travail répond-il à un véritable besoin ? Quelqu'un voudra-t-il acheter mon produit ?
Est-ce que j'apporte de la valeur sur le marché ?
Que la stratégie soit plus décisive que le travail pour gagner sa vie, cela paraît aux âmes sensibles comme proprement scandaleux, comme le signe du malin.
Il apparait donc 2 sortes de travail : l'une liée à la notion d'effort et l'autre liée à la notion de stratégie.
"Il apparait donc 2 sortes de travail : l'une liée à la notion d'effort et l'autre liée à la notion de stratégie."
Comme l'a rappellé JLC, il y a ce qui intéresse les gens et ce qui ne les intéresse pas.
Un moyen, parmi d'autres, qui permet de répondre (ou ne pas répondre) à un besoin est le travail.
Comme l'a rappellé JLC, il y a ce qui intéresse les gens et ce qui ne les intéresse pas.
Un moyen, parmi d'autres, qui permet de répondre (ou ne pas répondre) à un besoin est le travail.
Quimboiseur : " Est-ce que ce monde est raisonnable ? "
On ne peut pas faire une relation causale entre "travail" et "rénumération", parce qu'il n'y à pas vraiment de rapports, si ce n'est notre propre idéalisme que l'on exprime par un raccourci.
Le travail est lié à la souffrance, certes, et au vu de l'étymologie du terme, on ne peut pas être plus clair, mais pourquoi penser que le travail est lié à l'argent ? Et que donc ; " l'argent est lié à la souffrance " ?
Seul le travail est lié à la souffrance, et pas l'argent, alors Si ce n'est pas le travail qui est responsable de notre rénumération. Alors : " Ne travaillez Jamais " (pour de l'argent), peut avoir un sens.
L'effort, le travail, la sueur, n'a de sens que si il permet un jour de ne plus avoir besoin de souffrir, de travailler, de suer... ce que l'on doit chercher au travers le travail, ce sont des "compétences" ou le "savoir faire mieux", parce l'on souffre moins pour un même résultat, jusqu'à ne plus souffrir du tout comme Bob Sinclar par exemple. Parce que ce qui est lié à la "rénumération", c'est la "compétence", et certainement pas le travail en tant que tel.
( Souffrance > Savoir faire > Rénumération )
Un virtuose ne souffre de son instrument uniquement lorsqu'il l'étudie, quant il joue devant 100.000 personnes il prends un plein de plaisir, et d'argent.
On ne peut pas faire une relation causale entre "travail" et "rénumération", parce qu'il n'y à pas vraiment de rapports, si ce n'est notre propre idéalisme que l'on exprime par un raccourci.
Le travail est lié à la souffrance, certes, et au vu de l'étymologie du terme, on ne peut pas être plus clair, mais pourquoi penser que le travail est lié à l'argent ? Et que donc ; " l'argent est lié à la souffrance " ?
Seul le travail est lié à la souffrance, et pas l'argent, alors Si ce n'est pas le travail qui est responsable de notre rénumération. Alors : " Ne travaillez Jamais " (pour de l'argent), peut avoir un sens.
L'effort, le travail, la sueur, n'a de sens que si il permet un jour de ne plus avoir besoin de souffrir, de travailler, de suer... ce que l'on doit chercher au travers le travail, ce sont des "compétences" ou le "savoir faire mieux", parce l'on souffre moins pour un même résultat, jusqu'à ne plus souffrir du tout comme Bob Sinclar par exemple. Parce que ce qui est lié à la "rénumération", c'est la "compétence", et certainement pas le travail en tant que tel.
( Souffrance > Savoir faire > Rénumération )
Un virtuose ne souffre de son instrument uniquement lorsqu'il l'étudie, quant il joue devant 100.000 personnes il prends un plein de plaisir, et d'argent.
(je reprends cet échange très enrichissant et le mélange avec
les idées évoquées dans le billet sur la productivité)
J'aurais aimé, Monsieur Caccomo, avoir votre point de vue sur le caractère "productif" d'un enseignant universitaire ?
Je suis moi même dans ce cas... à devoir statutairement partager ma productivité, mon rendement entre recherche et enseignement ! et légitimement je m'interroge sur ce que je coute (beaucoup) et ce que je rapporte (quid ??).
Par ailleurs, en libéraux que nous sommes (ou du moins que je pense être devenu), faut-il voir un paradoxe dans la formation de cerveaux (c'est pompeux mais cruellement vrai) comme une véritable mission
d'un état "efficace" (oh, le bel adjectif), en particulier à l'heure ou le monde universitaire est en plein chaos et s'interroge sur ses pratiques ?
Pour finir un article terrible pour "ce" système
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1903
J'espère de tout cœur pour vous et ose croire que le secteur de l'enseignement économique universitaire ne connait pas de tels errements ?
les idées évoquées dans le billet sur la productivité)
J'aurais aimé, Monsieur Caccomo, avoir votre point de vue sur le caractère "productif" d'un enseignant universitaire ?
Je suis moi même dans ce cas... à devoir statutairement partager ma productivité, mon rendement entre recherche et enseignement ! et légitimement je m'interroge sur ce que je coute (beaucoup) et ce que je rapporte (quid ??).
Par ailleurs, en libéraux que nous sommes (ou du moins que je pense être devenu), faut-il voir un paradoxe dans la formation de cerveaux (c'est pompeux mais cruellement vrai) comme une véritable mission
d'un état "efficace" (oh, le bel adjectif), en particulier à l'heure ou le monde universitaire est en plein chaos et s'interroge sur ses pratiques ?
Pour finir un article terrible pour "ce" système
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1903
J'espère de tout cœur pour vous et ose croire que le secteur de l'enseignement économique universitaire ne connait pas de tels errements ?
Denis,
Votre question est fondamentale et je me la pose chaque jour. Ceci dit, elle a un traitement direct. Dans la production de richesse, il y a le travail direct, et le travail indirect, sans lequel les créateurs de richesse ne peuvent pas fonctionner. D'où le nom de fonctionnaire : il faut fournir les services publics et les biens publics permettant à l'économie de fonctionner (sécurité, éducation, justice). En ce sens, un minimun d'Etat est nécessaire à condition d'évaluer l'utilité et l'efficacité des dépenses publiques. A ce propos, la semaine dernière un de mes anciens étudiants devenus banquier était fier de m'inviter dans un restaurant chic, et de prendre personnellement à sa charge l'addition en sortant une liasse de billet.
J'ai pensé que j'ai pas été complétement inutile, d'autant plus qu'il est particulièrement apprécié par ses supérieurs hiérarchiques.
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Votre question est fondamentale et je me la pose chaque jour. Ceci dit, elle a un traitement direct. Dans la production de richesse, il y a le travail direct, et le travail indirect, sans lequel les créateurs de richesse ne peuvent pas fonctionner. D'où le nom de fonctionnaire : il faut fournir les services publics et les biens publics permettant à l'économie de fonctionner (sécurité, éducation, justice). En ce sens, un minimun d'Etat est nécessaire à condition d'évaluer l'utilité et l'efficacité des dépenses publiques. A ce propos, la semaine dernière un de mes anciens étudiants devenus banquier était fier de m'inviter dans un restaurant chic, et de prendre personnellement à sa charge l'addition en sortant une liasse de billet.
J'ai pensé que j'ai pas été complétement inutile, d'autant plus qu'il est particulièrement apprécié par ses supérieurs hiérarchiques.
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