2008-06-05
Tom Clancy: du polar géopolitique à la lucidité économique
Je ne peux résister à la tentation de reprendre intégralement les propos que Tom Clancy met dans la bouche d’un de ses personnages de roman car c’est d’une clarté exemplaire. Dans la même veine, je suis en train de lire le roman de Michael Crichton intitulé « Etat d’urgence » dont l’intrigue est une prétexte pour mettre un pavé dans le débat relatif au réchauffement climatique. Là aussi, les éléments de discussions et d’analyse que Crichton introduit dans les dialogues de ses personnages renvoient tous à des documents scientifiques réels, référencés, publiés dans les revues académiques reconnues et cités dans le roman.« Nous avons tous en mémoire les campagnes électorales pour le Congrès. Les candidats nous disaient : « votez pour moi, parce que pour chaque dollar d’impôts prélevé, un dollar et vingt cents reviennent à ce district. » Vous rappelez-vous ces promesses ?
Mais ils oubliaient de vous dire un certain nombre de choses. Primo, qui a jamais prétendu que vous dépendiez du gouvernement, d’un point de vue financier ? C’est le contraire : le gouvernement n’existe pas si vous ne lui donnez pas votre argent. Secundo, le déficit du gouvernement signifie que chaque district reçoit plus en subventions fédérales qu’il ne verse en impôts fédéraux, je veux dire en impôts fédéraux directs. Ceux-là même que vous pouvez voir.
Donc ces candidats se vantaient de dépenser davantage d’argent qu’ils n’en avaient. Si votre voisin vous avoue qu’il tire des chèques sur votre compte personnel, vous ne pensez pas que vous allez prévenir la police ?
Nous savons tous que le gouvernement prélève plus que ce qu’il donne. Mais il s’en cache bien. Le déficit du budget fédéral signifie que chaque fois que vous empruntez de l’argent, cela vous coûte plus cher que ça ne devrait. Et pourquoi donc ? Parce que le gouvernement emprunte lui-même tant d’argent que ça fait monter les taux d’intérêt.
Et donc, mesdames et messieurs, chaque mensualité pour une maison ou pour une voiture, chaque paiement par carte de crédit est aussi un impôt. Et le gouvernement vous offre parfois un avantage fiscal sur les intérêts de vos emprunts. C’est gentil de sa part ! Il vous l’offre sur des sommes que vous n’auriez pas dû payer, et ensuite il vous dit que vous récupérez davantage que ce que vous avez versé !
Quelqu’un, ici, est assez crédule pour gober ça ? Mesdames et messieurs, je ne suis pas un politicien et je ne suis pas ici aujourd’hui pour soutenir l’un ou l’autre de vos candidats aux sièges vacants de la Maison du peuple. Je suis simplement là pour vous demandez de penser un peu à tout cela… ».
Tom Clancy, Sur Ordre, Tome 2, page367-368
Comments:
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Cher Jean-Louis, j'ai (re)lu ce livre il y a quelques semaines, et j'avais eu la même idée que vous. Il y en a plein d'autres dans la même veine, tout aussi excellentes.
Pour le Crichton, je désespère de le trouver en librairie... et j'aime bien feuilleter avant d'acheter.
Pour le Crichton, je désespère de le trouver en librairie... et j'aime bien feuilleter avant d'acheter.
Excellente citation comme à l'accoutumée! Merci de me faire découvrir un auteur dont je n'ai rien lu mais que je pense bien découvrir un jour prochain grâce à vous.
Le problème est bien posé et devrait interpellé un certain nombre de nos élus mais se préoccupent-ils seulement d'un autre intérêt que le leur?
Le problème est bien posé et devrait interpellé un certain nombre de nos élus mais se préoccupent-ils seulement d'un autre intérêt que le leur?
Savez vous que, d'après l'interprétation du conseil constitutionnel de la déclaration des droits de l'homme («chacun contribue selon ses facultés»), l'impot progressif est constitutionnel et il y a soupçon que, si on lui posait la question, il déclare l'impot à taux unique inconstitutionnel ?
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