2008-11-04
L'âge de la retraite
Le gouvernement propose de laisser la liberté aux individus de travailler jusqu’à 70 ans. Evidemment, cette mesure fait hurler la gauche étant donné que la gauche doit s’opposer par principe à tout ce que pourrait proposer le gouvernement. Mais elle s’oppose comme toujours sur le registre de l’émotion et du populisme plutôt que sur celui de l’analyse et de la réflexion.Car il y a certes quelque chose de très critiquable dans cette mesure. C’est le fait de se retrouver affilié de force à un régime général qui détient la possibilité – que lui confère son pouvoir de monopole – de changer les règles du jeu en cours de partie, les cotisants n’ayant pas la possibilité de sortir du système pour faire jouer la concurrence. Imaginez une banque modifiant les termes de votre crédit immobilier sous le fallacieux prétexte que les taux d’intérêt auraient augmenté : « madame, monsieur, au lieu de nous rembourser pendant 15 ans, il faudra payer pendant 20 ans pour obtenir la même maison… ».
Mais cela, la gauche n’en parle même pas. Elle voudrait que le gouvernement réalise l’impossible : maintenir voir baisser l’âge de la retraite sans toucher aux principes du système par répartition. Dans le cadre du système de répartition, qui suppose un certain rendement « biologique » (c’est-à-dire plus précisément un renouvellement des générations actives), soit on augmentera les cotisations (augmentation des charges qui pèsent sur le coût du travail), soit on diminuera les droits à la retraite, soit il faudra augmenter les années de cotisations tant que la démographie active ne sera pas redressée.
Par ailleurs, nombreux sont les opposants qui arguent du fait que les « vieux » prennent des emplois aux « jeunes ». Mais si cette proposition avait un gramme de vérité, alors il faudrait considérer que les femmes prennent la place aux hommes et que les étrangers prennent les emplois des nationaux, ce qui reviendrait à cautionner les thèses sexistes et racistes de l’extrême-droite. De toute façon, cela est économiquement faux dans la mesure où le travail appelle le travail. Ce sont dans les pays où la population active, où la base active, est la plus faible, que le taux de chômage est le plus important. Le travail créé le travail tandis que le partage du travail constitue un rationnement qui n’est en fait qu’un chômage déguisé.
Enfin, le dernier argument consiste à dire que l’allongement de l’âge de la retraite est un non-sens alors que les séniors ont déjà du mal à trouver du travail. Mais si les séniors ont des difficultés à s’insérer sur le marché du travail lorsqu’ils perdent un emploi, c’est justement parce que le couperet de l’âge de la retraite dissuade les employeurs. En baissant l’âge de la retraite, on fragilise les séniors en les rendant « inemployables ».
Comments:
<< Home
La gauche s'oppose mais celle-ci compte un bon nombre d'élus de plus de 70 ans.
Comprenne qui pourra.
Quand je pense à ses privilégiés ( comme Rocard et Mauroy pour ne pas citer que eux) qui gagnent plus de 4000 euro par mois et qui cumulent indemnité d'élus plus retraite de la fonction publique à taux pleins tout en y ayant exercé des fonctions pendant moins 20 ans je me dis que la gauche à encore perdu une occasion de se taire!
PS: si j'ai cité Rocard c'est pour ses propos récent sur M. Friedman et Mauroy car c'est l'homme de la retraite à 60 ans.
Comprenne qui pourra.
Quand je pense à ses privilégiés ( comme Rocard et Mauroy pour ne pas citer que eux) qui gagnent plus de 4000 euro par mois et qui cumulent indemnité d'élus plus retraite de la fonction publique à taux pleins tout en y ayant exercé des fonctions pendant moins 20 ans je me dis que la gauche à encore perdu une occasion de se taire!
PS: si j'ai cité Rocard c'est pour ses propos récent sur M. Friedman et Mauroy car c'est l'homme de la retraite à 60 ans.
Je pense alors qu'il faut rendre obligatoire le report de l'âge d'ouverture des droits à retraite, 61 puis 62 ans, etc, pour équilibrer le système de répartition.
Ou alors, figer les droits à 60 ans (en fonction des cotisations antérieures), et ouvrir un champ à une capitalisation qui viendra, le moment choisi, arrondir la pension; ainsi l'effort (et ses revenus) consenti par une prolongation deviendrait affecté ç celui qui y consentit.
Qu'en pensez-vous?
Ou alors, figer les droits à 60 ans (en fonction des cotisations antérieures), et ouvrir un champ à une capitalisation qui viendra, le moment choisi, arrondir la pension; ainsi l'effort (et ses revenus) consenti par une prolongation deviendrait affecté ç celui qui y consentit.
Qu'en pensez-vous?
@ penthievre: l'âge de la retraite doit être libre, et non imposé par l'état. En contrepartie, le système retenu doit, par un calcul actuariel simple, pondérer la retraite perçue de façon inversement proportionnelle à l'espérance de vie à l'âge du départ.
voir mon dossier "retraites" pour explorer les différentes pistes
voir mon dossier "retraites" pour explorer les différentes pistes
merci pour cet article.
Questionnement de "jeune" salarié : il va bien falloir un jour permettre aux gens de cotiser pour le système de leur choix, et faire participer les retraités de manière plus directe au financement d'un système qu'ils ont mis en place, dont ils "profitent", et qui est voué à la faillite si on ne change rien.
Pour cela, il faudra bien que l'Etat diminue de manière forte ses prélèvements obligatoires, car pour mettre de l'argent de côté, il faut encore qu'il nous en reste.
à bientôt !
Questionnement de "jeune" salarié : il va bien falloir un jour permettre aux gens de cotiser pour le système de leur choix, et faire participer les retraités de manière plus directe au financement d'un système qu'ils ont mis en place, dont ils "profitent", et qui est voué à la faillite si on ne change rien.
Pour cela, il faudra bien que l'Etat diminue de manière forte ses prélèvements obligatoires, car pour mettre de l'argent de côté, il faut encore qu'il nous en reste.
à bientôt !
Un exemple d'aberration kafkaienne du beau système français : ceux qui ont commencé à l'âge de 16 ans. A 56 ans, ils pourraient partir puisqu'ils ont leurs 40 annuités de cotisations. Que nenni, ils n'ont pas l'âge "légal" pour quitter leur emploi. Ils doivent donc travailler encore 4 ans de plus sauf que ça n'augmentera aucunement leur future pension de retraite.
Comme l'a rappelé François de Closets chez Reichmann, les socialistes ont voté 5 ans de vacances aux salariés du baby-boom partant à la retraite à 65 ans sur le dos des générations futures. Il est plus urgent que jamais de laisser chaque salarié pouvoir choisir comment il financera sa retraite par un système géré de manière privée et qui serait forcément plus avantageux avec des coûts moins élevé et avec des contrats librement négociés qui tiendraient compte des souhaits de chacun. Mais comme il n'y a rien à attendre de l'actuel gouvernement hormis toujours plus de démagogie de clientélisme et d'inertie, il restera comme solution subir ce système hyper injuste, gagner au loto, magouiller ou se casser ailleurs.
Il ne faut pas oublier que certains salariés vivent très mal leur mise au placard alors qu'ils sont encore en état de travailler. Certains salariés (notamment les profs), se plaignent d'avoir des métiers usants, mais personne ne les a obligés à les exercer.
Comme l'a rappelé François de Closets chez Reichmann, les socialistes ont voté 5 ans de vacances aux salariés du baby-boom partant à la retraite à 65 ans sur le dos des générations futures. Il est plus urgent que jamais de laisser chaque salarié pouvoir choisir comment il financera sa retraite par un système géré de manière privée et qui serait forcément plus avantageux avec des coûts moins élevé et avec des contrats librement négociés qui tiendraient compte des souhaits de chacun. Mais comme il n'y a rien à attendre de l'actuel gouvernement hormis toujours plus de démagogie de clientélisme et d'inertie, il restera comme solution subir ce système hyper injuste, gagner au loto, magouiller ou se casser ailleurs.
Il ne faut pas oublier que certains salariés vivent très mal leur mise au placard alors qu'ils sont encore en état de travailler. Certains salariés (notamment les profs), se plaignent d'avoir des métiers usants, mais personne ne les a obligés à les exercer.
Les réactions de l'opposition montre que le débat n'a pas encore eu lieu, ou qu'il n'a pas été à son terme. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu'il y aura un problème de financement des retraites, pour lequel vous donnez 3 pistes de réflexions.
Ou alors il faut considérer (ce que font certains) que les analyses sont exagérément pessimistes, et qu'on parviendra à s'en tirer tant bien que mal avec le système actuel.
Enfin,la liberté de choix me paraît être au coeur du débat : pourquoi m'interdirait-on de travailler jusqu'à 70 ans si j'en ai envie ? Et pourquoi ne me laisse-t-on pas choisir mon système de retraite ?
A chaque fois que le gouvernement avance et prend des décisions, on nous ressert les mêmes plats côté opposition, avec des réactions simplistes. On a l'impression qu'on ne sait pas débattre de manière constructive dans ce payx
Ou alors il faut considérer (ce que font certains) que les analyses sont exagérément pessimistes, et qu'on parviendra à s'en tirer tant bien que mal avec le système actuel.
Enfin,la liberté de choix me paraît être au coeur du débat : pourquoi m'interdirait-on de travailler jusqu'à 70 ans si j'en ai envie ? Et pourquoi ne me laisse-t-on pas choisir mon système de retraite ?
A chaque fois que le gouvernement avance et prend des décisions, on nous ressert les mêmes plats côté opposition, avec des réactions simplistes. On a l'impression qu'on ne sait pas débattre de manière constructive dans ce payx
Laisser les gens libre de travailler? Non non, c'est de l'ideologie ca, quelle horreur. Il faut reflechir aux bonnes regulations sur l'âge de la retraite. Déterminer collectivement les règles du jeu du marché du travail. Bref que la loi détermine enfin qui à le droit de faire quoi.
Par ailleurs vous appuyez votre argument sur une analyse économique, quelle prétention. Il est bien connu que les modèles économiques ont été incapables de prévoir et comprendre la crise du capitalisme.
Continué-je ?
Par ailleurs vous appuyez votre argument sur une analyse économique, quelle prétention. Il est bien connu que les modèles économiques ont été incapables de prévoir et comprendre la crise du capitalisme.
Continué-je ?
Oui le système de retraite libre est bien la meilleure solution (avec des sérieuses protections contre les holdups étatiques. Petain en 41 ou l'Argentine en 2008, c'est des étatistes qui se servent là ou est l'argent..)
Cela étant ce n'est tout de même qu'un aspect du problème.
Il y a aussi un problème culturel (en France en particulier) en entreprise sur la place des seniors. Essayez d'envoyer un CV à 55 ans à entreprise, y compris en diminuant vos prétentions salariales..
D
Enregistrer un commentaire
Cela étant ce n'est tout de même qu'un aspect du problème.
Il y a aussi un problème culturel (en France en particulier) en entreprise sur la place des seniors. Essayez d'envoyer un CV à 55 ans à entreprise, y compris en diminuant vos prétentions salariales..
D
<< Home


