2009-07-15

Démographie et croissance

La théorie économique de la croissance élaborée par R. Solow (Prix Nobel d’économie en 1987) montre l’importance de la démographie comme source de croissance. Dans le modèle économique, il s’agit en fait de la « démographie active », c’est-à-dire de l’évolution de la quantité (effectif) et de la qualité (qualification, compétence, motivation) de la population active.
Certes, une démographie dynamique est la condition nécessaire du renouvellement de la population active, mais elle n’en est en aucune manière la condition suffisante : c’est bien plus le remplacement des générations d’actifs que le remplacement des générations en tant que telles qui est décisif pour la santé économique d’un pays. Si, pour avoir des actifs, il faut mettre au monde de nouvelles générations ou accueillir de nouveaux immigrants, les nouvelles générations et les nouveaux immigrants ne deviennent pas spontanément des actifs, surtout si le système d’éducation, de formation et d'insertion est défaillant. Faire des bébés est une chose, en faire des actifs en est une autre.

Il est vrai que la nature est bien faite. Quand un bébé vient au monde, il y a une bouche (consommation) à nourrir de plus ; mais un bébé normalement constitué est aussi - et heureusement - doté de membres (force de travail) et d’un cerveau (connaissances et compétences). Chaque être humain est donc dès sa naissance un créateur de richesse potentiel. Mais cela n’est qu’une potentialité tandis que les besoins sont immédiats. La société (et les parents) a donc au moins 16 ans pour transformer cette potentialité en un travailleur actif et compétent alors qu’elle représente déjà et tout de suite un consommateur tyrannique et insatisfait. Et tous les jeunes parents savent combien un bébé qui a faim peut être tyrannique ou qu’un enfant capricieux un véritable dictateur…
Les flux migratoires ont aussi des conséquences sur la démographie active à l’intérieur d’un territoire car ils vont modifier le nombre de bouches à nourrir, le nombre de bras et le nombre de cerveaux dans des proportions variables selon les politiques en vigueur dans le pays d’accueil. Dans notre pays, les politiques sociales (financement des retraites, politiques familiales) et migratoires se conjuguent pour mettre en péril la base active de la population totale. Dans ce contexte, ce ne sont ni les naissances nouvelles ni l’immigration qui sont de nature à rééquilibrer notre système de financement des retraites.
Un pays se condamne quand sa population ne se renouvèle pas. En ce sens, les politiques malthusiennes sont à bannir. Mais c’est encore plus grave quand ce sont les générations d’actifs qui sont fragilisées. Avoir des bébés, vivre plus longtemps, accueillir de nouveaux immigrants ne devraient pas être une mauvaise nouvelle. Ce sont des mauvaises nouvelles dans le cadre d’un Etat-Providence dont les politiques aboutissent à démultiplier les bouches dans le même temps qu’elles paralysent les bras et neutralisent les cerveaux.

11 commentaires:

daredevil2007 a dit…

Ce que vous décrivez là correspond à la fameuse image du gâteau à taille fixe dont il fallait diminuer la grosseur des parts pour que tout le monde en ait... je crains malheureusement que nos dirigeants ne comprennent pas - ou ne veuillent pas comprendre - de quoi il retourne...

fboizard a dit…

J'ai une interprétation bien plus rdicale que vous :

> l'économie(«des immigrés pour payer nos retraites») n'est qu'un prétexte fallacieux puisque nous subissons d'une immigration de peuplement et non de travail. Les Japonais font face à leur vieillissement sans immigration.

> la vraie raison de l'immigrationisme est socio-politique : il s'agit de créer un prolétariat de substitution à des fins politique, le peuple français étant trop indocile et s'embourgeoisant trop vite.

Opération magnifiquement réussi puisqu'on estime qu'en 2050, la moitié de la population vivant en France sera d'origine africaine.

Ces immigrés gardant leur culture, la France ressemblera de plus en plus à leurs pays d'origine. Notre tiersmondisation (ethnique, sociale, économique, politique, architecturale) est déjà fort avancée.

Encore quelques années et nos politiciens pourront rêver de carrières à la Bouteflika ou à la Bongo. Le pied !

Blog du Réseau Liberté a dit…

Bravo Jean-Louis et surtout pour ta dernière phrase qui résume tout.
Mais je donne aussi raison à fboizard sur son analyse socio-politique, tout le travail de sape fait par les syndicats de l'Enseignement National pour en arriver à faire des incultes et des asociaux dans des proportions complètement anormales en est une autre preuve.
Comment ni les français ni les médias ne finissent pas par dénoncer une telle "non-œuvre", car ce sont d'abord les français et leurs familles qui vont le payer et aussi les médias dans leur plus grande part.

Caccomo a dit…

En effet, je suis toujours perplexe de découvrir les taux de réussite au bac (qui sont en fait des quotas imposés a priori aux jurys). Les lycéens bloquent les lycées et ils obtiennent le bac. Arrivés en fac, ils bloquent les facs, et ils obtiennent leurs diplômes. Une fois embauchés dans les entreprises, ils bloqueront les entreprises...

Blog du Réseau Liberté a dit…

Et les entreprises bloquées ne produiront plus de richesses.
Quand pas un seul de nos politiciens ne dénonce une telle gabegie, aucun ne doit trouver grâce aux yeux des électeurs aux prochaines consultations, car "qui ne dit mot consent" !

Esteban a dit…

Je ne suis décidément pas d'accord sur la théorie de la croissance par le nombre d'habitants, parce qu'un couple vivant dans un pays dévelloppé fait MOINS DE 2 ENFANTS, voir 2.

Cela signifie que le nombre d'êtres humains se stabilise lorsque les conditions sont bonnes, et c'est aussi valable à contrario.

Donc croire à quelconque bienfait de la démographie pour l'économie est une terrible erreur.

Seul le mal-être et la misère peuvent creer la démographie positive de Mr Solow (Prix Nobel d’économie en 1987).

Regardez, même avec des allocations formidables à la clef, les français font toujours 2 enfants par couples.

Libéralisateur a dit…

L'accroissement démographique n'a réellement d'intérêt que pour le système des retraites par répartition.
A partir de là et pour sauver cette utopie socialiste, tous les expédients sont bons pour qu'au moins sur le papier la population continue de s'accroître.
Même si on mélange les torchons et les serviettes et si on ferme les yeux sur tout le reste comme une mauvaise formation des enfants et tous les travers de l'immigration.

teddy bear a dit…

Ne pas oublier que :

- beaucoup d'immigrés sont également en France pour remplacer les français non prêts à des petits boulots.

La question est la suivante, parmi ces emplois, quel est le pourcentage d'emplois respectant le code du travail français, rémunération, durée de travail etc. ? 10%, 20%, 50% Je n'ai pas la réponse et serais vraiment très curieux d'en avoir un idée. L'inspection du travail est sensée être là pour ça, non ?

breizh06 a dit…

J'essaierai de vous retrouver une publication des "Echos" montrant la très bonne corrélation sur plusieurs dizaines d'années entre le Dow Jones et la part dans la population, des 25-45 ans.

Théo2toulouse a dit…

"L'accroissement démographique n'a réellement d'intérêt que pour le système des retraites par répartition."

Lequel système a rétabli de fait l'esclavage et le travail des enfants.

Libéralisateur a dit…

A propos d'esclavage, quand l'Etat est omniprésent et a droit de regard total sur les biens que vous possédez , immobilier et mobilier, par son inquisition sur vos comptes en banques, vous privant ainsi de toute sphère privée et peut équilibrer ses dépenses irresponsables par des prélêvements toujours plus importants sur votre épargne, qu'êtes-vous de plus que son esclave ?